‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 55 sur 126 · ARTE TS GS · texte numérisé non relu

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8x COLONIES FONDÉES PARTOUT PAR L'ANCIEN RÉGIME

de l'autre côté de l'Atlantique. On doit donc s'expliquer que nous ayons dit plus haut que, si notre expansion dans les Indes occidentales n'avait pas été annulée par une politique européenne inepte, le sol des États-Unis et les Antilles auraient presque été en totalité peuplés par la France,

Une chose atteste, du reste, avec encore cent fois plus de force que les quelques faits que nous venons de donner, combien, sous l'ancien régime, nos nationaux s'étaient répandus partout et avaient su S'Y inplanter; cette chose, c'est que dans toutes les contrées coloniales et dans tous les endroits où régnait l'esclavage, ce qu'on à appelé le jargon nègre était encore, il y a cinquante années, pour ainsi dire uniquement composé de mots français.

Or, comme, avec cela, on ne doit pas perdre de vue que nos possessions exotiques ne constituaient pas, alors comme de nos jours, des territoires occupés el dominés par des troupes métropolitaines, mais des contrées peuplées el mises en culture par des colons partis de France, lesquels étaient eux-mêmes chargés en grande partie de les défendre, nous n'en dirons pas davantage pour convaincre nos lecteurs de la différence radicale qui existait entre les colonies de l’ancien régime et celles d'aujourd'hui, et pour leur faire voir qu'au point de vue colonial, le xrx° siècle

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ne mérite même pas d'entrer en parallèle avec le xvnt et le xvirre.

Auprès d'eux, dans la réalité, le xix siècle ne compte pas,

De ce court aperçu rétrospectif, il appert donc que notre politique coloniale d'avant la Révolution ne souffrit en rien des principes d'économie et d'abstention de l'État adoptés par l’ancienne monarchie à son sujet: puisqu'en fait de colonies et de colonisation, l'ancien régime, comme on le voit, avait atteint les plus grands résultats.

Cependant, et c'est par li que nous allons reprendre le fil de cette étude, on commettrait une grosse erreur si l'on S'imaginait que notre développement colonial sous l'ancien régime a 616 exclusivevement dû au besoin d'expansion dont la Krance était alors travaillée, et que lancien régime, par suite, ait bénéficié alors pour sa politique coloniale d'une situation qu'il n'avait rien fait pour créer.

Qu'il en ait été aidé dans une certaine mesure, nous ne nous refusons pas à ladmettre, Mais, quand nos lecteurs auront parcouru les pages qui vont suivre, nous sommes persuadé qu'ils conviendront d'eux-mêmes que ce développement, à n'en point douter, a beaucoup plus tenu aux règles, aux encou-

ragements et à l'organisation intelligente et ration-

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nelle, que la royauté sut donner à l'esprit d’émigralion,

Nous ajouterons, d’ailleurs, que linflexible parti pris de ne dépenser en matière coloniale aucune des ressources proprement dites de l’État doit être considéré, non moins que ces règles, ces encouragements et cette organisation, comme constituant l'ensemble même des principes de la politique coloniale pratiquée chez nous avant la Révolution.

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Avantages qu'avait le système des compagnies de l'ancien régime pour la colonisation et le développement des colonies, — Les compagnies permettaient de donner à chaque colonie l'organisation et l'administration qui lui convenaient le mieux. — Puis elles avaient pour principe d'éviter les guerres avec les naturels, — En troisième licu, leur intérêt était de donner la plus grande extension au peuplement et à la mise en exploitation des terres. — Toutes choses dont nos gouverneurs actuels, relevant directement de la métropole, n’ont aucun intérêt personnel à se soucier,

Et d'abord, il n’est besoin que d'une lueur de bon sens pour saisir du premier coup, combien ces compagnies privées, dont l’ancien régime s'était fait une règle de se servir pour la création, l'organisation et l'administration de ses colonies, toute question de dépense à part, valaient mieux et combien elles étaient plus avantageuses, que le système dont nous avons été l’esclave durant ce siècle, et qui a consisté, comme on sait, à tout faire faire non seulement aux frais de l'État, mais encore par des agents de l'État.

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Quand on regarde les choses de près, il est incontestable en effet que notre facon d'entendre l'administration et l'organisation de nos colonies au xIx° siècle, ne nous à pas été seulement très coûteuse, mais qu'elle a été tout particulièrement néfaste à ces dernières, En choisissant pour gouverneurs des hommes empruntés à la carrière militaire, tous coulés dans le même moule, tous imbus des mêmes idées, ne pouvant le plus souvent agir que d'après des instructions dont les plus infimes détails avaient été arrêtés dans les bureaux de la métropole, instructions d'autre part généralement identiques, qu'il s'agit de pays de l'hémisphère boréal ou austral, de pays tropicaux, intertropicaux ou de la zone tempérée, de pays peuplés de races jaune, blanche ou noire, nous avons peut-être très beaucoup sous le rapport de l'unité ou, pour être plus vrai, au point de vue de l'uniformité ; mais, si lon prend la peine d'y réfléchir un peu, il ne faut pas longtemps pour comprendre qu'en procédant de la sorte nous n'avons pu imposer aux colonies qu'un élat de choses absurde, et qu'avec un pareil état de choses, pour ce qui regarde les résultats, on ne pouvait arriver à rien de satisfaisant !.

1. Les conséquences désastreuses à tous égards de notre facon de comprendre l'organisation et le gouvernement des

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