RELATIVEMENT A CE QU'ON FAIT DE NOS JOURS
sources pour la métropole, Ce sont là des idées terre à terre, mesquines, qu'ils croiraient indignes d'euxmêmes d'avoir. Il semblerait au contraire qu’en ce qui concerne les colonies, ils regardent la prodigalité comme de règle, ou plutôt comme une marque de grandeur et de noblesse, et comme un dev'1r réellement imposé à la métropole,
Ils ont, en effet, si peu le sens de l’économie des
finances de l'État quand il s'agit des colonies, que,
lorsqu'ils se résignent, comme on dit, à serrer les cordons de la bourse, c’est uniquement parce que les Chambres les y contraignent ou parce qu'ils sentent qu'elles leur refuseraient de nouveaux crédits. Tandis qu'autrefois l’on partait de l’axiome que les colouies devaient rapporter de l'argent à la mère patrie, on dirait que leur conviction est, au contraire, qu'elles ne peuvent que lui en coûter.
Eh bien, si l’on y veut réfléchir, cette différence dans la manière de considérer le rôle des colonies par rapport à la métropole, contient justement, au point de vue colonial, le secret de la grande infériorité que l’on constate chez nous vis-à-vis de l’ancien régime.
Ainsi, par exemple, il n'y a pas besoin de dire que, dans leur ambition de réaliser tous les bénéfices possibles, 1cs administrateurs d’une compagnie
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devaient être naturellement enelins à éviter, de propos délibéré, toute dépense inutile: et, parmi les dépenses inutiles, on nous accordera qu'il n'y en a point qui le soient plus que celles qui proviennent de guerres avec les naturels.
Or, à ce dernier égard, si l'on prend notre histoire coloniale depuis la Révolution, immédiatement on observe, toutes les fois que dans une colonie nous nous sommes trouvés en contact avec des indigènes, qu'en raison du caractère de nos gouverneurs, pris dans la marine ou dans l'armée et habitués à ne comprendre que la discipline et Ta soumission, ces indigènes ont toujours été placés dans l'alternative suivante: ou de se plier à une obéissance absolue et passive, ou de se révolter. Chez beaucoup de nos fonctionnaires coloniaux, on remarque même une tendance à croire que leur gouvernement courrait risque de passer inaperçu dans l'histoire, s'ils n'avaient pas soin de lillustrer par quelque fait d'armes accompli contre Ja population conquise. De là ces guerres interminables, provoquées à la légère, sans cesse renaissantes, que nous avons eu à faire dans toutes nos colonies, et que nous devrons, du reste, continuer à y faire jusqu'au jour où nous nous serons enfin décidés à changer de méthode,
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