‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 58 sur 126 · RELATIVEMENT ACE QU'ON FAIT DE NUS JOURS · texte numérisé non relu

RELATIVEMENT ACE QU'ON FAIT DE NUS JOURS

I n'est ignoré de personne que, dans les pays exotiques, la guerre n'a pas seulement l'inconvénient de coûter fort cher à tous ceux qui y prennent part, peu importe qu'ils soient vainqueurs ou vaineus; mais qu'elle entraine encore ce grand désagrément que, même loin du théâtre des hostilités, son effet est de rendre toute culture et tout commerce impossibles, par le fait de l'inquiétude qu'elle jette où qu'elle & «lient dans l'esprit des colons.

I y avait de la sorte, pour les compagnies de colonisation, un double motif de ne pas aimer la guerre ; et elles étaient directement intéressées à la prévenir ou, Si par malheur elle éclatait, à la circonscrire pour y mettre au plus vite un terme. On est donc en droit d'en inférer que leurs représentants sur les lieux recevaient comme instructions générales, ou devaient du moins se tracer pour règle, d'éviter à tout prix les guerres, et qu'ils devaient s’efforcer dès lors, en toute circonstance, dans leurs rapports avec les naturels, d'employer la douceur. les alliances, ou en d'autres termes, comme on pourrait dire de nos jours, l'action morale et les voies diplomatiques.

Ainsi, en résumé, peu importait qu'ils v fussent ou non disposés par leur tempérament; mais le souci de faire de bonnes affaires devait forcément inspirer aux administrateurs des compagnies l'éloignement

\O Th | GS EXCELLENCE DU SYSTÈME DES COMPAGNIES || 4 le plus profond pour cet esprit militaire et cet À A absolutisme qui nous ont coûté si cher et qui ont . Ur été, du reste, la marque distinetive de notre poli- tu il à { tique coloniale au xix° siècle.

1 HE ; 4 : \ | | | Cela dit, si, pour exposer les avantages qu'offrait là | | le système des compagnies, nous continuons de nous tr , JE placer au même point de vue, c'est-à-dire au point Z | de vue de l'intérêt que toute compagnie pouvait d’ | | avoir à agir de telle ou telle manière, — ce n'était f pas le tout que de s'épargner les dépenses inutiles; tr il y avait encore pour elles la question primordiale te | des bénéfices à réaliser. Au total, les privilèges qui le! J ER figuraient dans les chartes des compagnies étaient a 1} Î purement théoriques et virtuels, c’est-à-dire qu'il y | | avait tout à faire pour les rendre fructueux et leur ‘HE donner un caractère tangible, si | Admettons, en effet, que l’on eût concédé à une À UE | compagnie les pays les plus riches du monde, il est p‘ | | | Ê certain que cela ne lui aurait servi de rien, si elle se | de | 1 fût croisé les bras. Toute compagnie qui voulait l 1h | avoir des dividendes et qui tenait à ce que ses | m | | capitaux fructifiassent, était donc obligée de s’in- | m a L génier de toutes les façons, de déployer le plus grand le Il 1 savoir-faire, de faire appel à {out son esprit pra- la . (] | tique; ce n'était qu'à cette condition, tant au point P de vue du commerce que de laculture et des mines, pq

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