‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 67 sur 126 · ILS N'ÉTAIENT PAS DES CADETS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

ILS N'ÉTAIENT PAS DES CADETS DE FAMILLE

même insensé de ladmettre, C'était une condition infime, pénible, qui exigeait un travail manuel pour lequel ils n'étaient point faits. Et l'on peut être sûr qu'ils s'en seraient d'autant moins bénévolement accommodés que, sans quitter la France et sans déroger, il leur aurait été cent fois plus facile d’obtenil IMICUX,

Au surplus, 1 n°v a qu'à parcourir les registres d'émigrants qui nous restent de cette époque, pour constater de visu que les quatre-vinget-dix-neuf cen- {ièmes de ceux qui sont allés s'établir aux colonies sous l’ancien régime appartenaient au peuple proprement dit.

Sans doute, dans une certaine mesure, il serait permis de nous opposer un chiffre comparativement élevé de noms d'anciennes familles métropolitaines, que l'on a retrouvés là-bas. Mais, si lon y veut bien réfléchir, on comprend tout de suite que l'extsnee de ces noms n'a pas dû avoir d'autre cause que celle même qui a fait donner des noms de localités de France à tant d'endroits de nos colonies : c'est-à-dire que ce fut le désir chez les colons venant en bande de conserver le souvenir du pays natal et d'en avoir avec eux un semblant de réduction,

Iest donc présumable que, dans le principe, ces

noms furent donnés par leurs camarades à quelques

he 4

colons, el que ces noms, qui n'étaient alors que des

surnoms ou des sobriquets, finirent à la longue par

rester à leurs descendants; lesquels, bien entendu, ,. par la suite, durent les porter de très bonne foi, sans à croire à une usurpalion, 1 Nous nous empressons de le déclarer, ce 2 st X

là de notre part qu'une hypothèse ; mais, quand de di, samblables substitutions de noms se produisent en- la core de nos jours sur le sol de France, pourquoi : jadis n’en aurait-il pas été de même aux colonies; aux ét colonies où, durant les deux ou trois premières géné- pe rations, il est à la connaissance de tous que les regis- Ie tres de l'état civil furent déplorablement mal tenus? 4 Nous ne pensons pas qu'il y ait lieu d’insister dE

davantage sur cette question. Mais, de même que l'examen des chartes de nos anciennes compagnies la de colonisation nous renseigne sur ec fait, que, ‘1 dans nos établissements d'outre-mer, 11 existait : sous l'ancien régime une noblesse coloniale, qui Fe se distinguait naturellement de celle de la métro- ” pole en ee qu'en France elle ne Jouissait d'aucun de $

ses droits, de même encore, en nous révélant le caractère féodal de la propriété dans les colonies, " la lecture de ces mêmes chartes nous apprend de ; quelle espèce étaient les revenus que les compagnies :

reliraient de la vente de leurs terres,

Page 1