‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 71 sur 126 · D SE · texte numérisé non relu

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Etant donné les dépenses à faire, comine les compagnies auraient mis des annéeset des années avant d'arriver aux résullats désirés, Le roi jugsea nécessaire de les aider indirectement dans leur œuvre, — leur accorda d'abord ce privilège, que tout Français qui aurait perdu sa qualité etses droits de Francais en allant s'établir hors de France, les coserverait pour lui et ses enfants, si e’etait sur le territoire de ces compagnies qu'il allait se fixer, — Le roi détourna ainsi, au bénélive des compagnies, tous les courants d'émigration qui pouvaient exister alors.— Mais ilne s’en tint pas à cette mesure,

Lorqu'on est pénétré des difficultés pratiques et des frais inhérents à la nature des entreprises dont élaient chargées les compagnies, 1 n'en faut pas plus pour se rendre comple qu'en raison des dépenses relativement énormes, nécessitées dans les premicrstemps, par le passage et Pentretien des colons, par le défrichage des terres, les achats de matériel, la mise en défense des colonies, ete., pour se rendre

comple, disons-nous, qu'il aurait fallu des années

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et des années et avec cela des capitaux infinis, avant qu'une compagnie eût pu arriver, par ses propres ressources, à des résultats un peu appréciables, où du moins capables de contenter le roi, Aussi, si l'on tenait ace que les compagnies fissent vite et bien, était-l nécessaire d’attirer autour d'elles des concours de loute sorte, et indispensable notamment de faire que les courants d'émigration, existant déjà ou qui pouvaient se produire par la suite, vinssent se mettre sous leur direction, et fussent poussés à entrer dans les cadres qu'elles organiseraient,

Ce n'était vraiment qu'à cette double condition que les compagnies pussent avoir une chance réelle d'aboutir, et bien entendu d'aboutir rapidement.

Que sur toutes ces questions, il y ait eu entente et concert préalable entre le roi et les compagnies, il n'est pas possible d'en douter, lorsque l'on à la curiosité de lire leurs chartes. Car il n’y en a pas une où lon ne trouve quelques-unes des dispositions dont nous allons nous occuper, et dont lobjet calculé et apparent, on va le voir, était à la fois d'amener une foule de personnes à prèter leur appui aux compagnies, et de recruter en faveur de ces dernières (ous les éléments de la population susceplibles de s’expatrier.

ar exemple, au xvu et au xvin® siècle, c'était un acte beaucoup plus grave qu'on le supposerait de nos jours, de quitter sa patrie pour aller se transplanter au dehors,

Aujourd'hui, quelle que soit sa nationalité, un homme peut, presque sans aucun désagrément, se fixer à demeure dans toute contrée qu'il désire, Dans n'importe quel pays hors du sien où il se transporte, il a en effet le droit de posséder, de tester, de vendre, d'acheter, d'hériter, Nous parlons, bien entendu ici, des pays où la civilisation européenne à pénétré. Pour toutes ces choses, Il jouit à peu près des mêmes facilités que les régnicoles eux-mêmes. En ce qui regarde son domicile, il n’a à supporter que certaines exigences de police, qui ne sont que très exceptionnellement appliquées et qui visent, d'ailleurs, des cas déterminés, Ivy a là un progrès humanitaire, cosmopolite si lon veut, qu'il faut mettre à l'actif de la France du xvin siècle et de la Révolution.

Mais, aux siècles dont nous parlons, il était loin d'en aller de même.

Étre du pays que lon habitait constituait alors un véritable privilège, Ce n'était qu'à grand'peine et par une tolérance pouvant cesser du jour au len-

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