‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 75 sur 126 · LES GRANDS PLANTEURS ÉTAIENT ANOBLIS · texte numérisé non relu

LES GRANDS PLANTEURS ÉTAIENT ANOBLIS

veau à elle qu'il décida de s'adresser, non plus cette fois pour obtenir des souscriptions, mais pour déterminer cette bourgeoisie influente, instruite et riche, à se transporter en personne aux colonies afin d'en exploiter les richesses naturelles, Iarrêta en constcnence de faire de Fanoblissement la récompense des services notables qui seraient rendus à lPœuvre de la colonisation.

L'idée en soi, tout bien considéré, était d'autant meilleure que, toute autre question à part, l'exemple donné par cette couche de lt population devait être fatalement contagieux près des autres.

De là, dans certaines chartes, des clauses semblables

à celle dont voici un extrait

Pour convier nos sujets à cette glorieuse entreprise el si utile à cet Estat, dit Louis NT à propos de Ia « Compagnie des isles de FAimérique », nous promettons à ladite Compagnie de faire expédier quatre brevets de noblesse dont elle disposera en faveur de ceux qui occuperont 6t habiteront à leurs frais quelques-unes desdites isles, sous l'autorité de ladite Compagnie, et y demeureront pendant deux années, avec 0 hommes au

inoins,

l'est superflu de faire cbserver que les brevets

dont il est question ici conféraient la noblesse non

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pas seulement dans la colonie, mais dans la métropole

Ce qui donne à croire que l'idée de ces brevets dut avoir le plus grand succès, c'est que, la compagnie avant été déchue de son privilège, le roi, à qui ses établissements revenaient, n'eut rien de plus pressé que d'appliquer Pidée en grand ; car il publia, le jour même de son entrée en possession, qu'il s'engageait à «ériger en fief, avec haute, moyenne et basse juslice, les terrains de #Æ ou 500 arpens qui scroient es- {ablis en quatre ou cinq ans et auroient 60 engagés et SD nègres ». La seule condition accessoire qu'il y mettait était «d'y planter des mûriers pour l'élevage des vers à soie »,

I n'est pas téméraire de penser que les descendants des € nobles » créés de ce chef se sont cru plus tard grandement intéressés à répandre le préjugé dont il a été parlé plus haut, que nos colonies avaient été peuplées de cadets de noblesse,

La libéralité de l'ancien régime en ce qui regardait les anoblissements pour «faits coloniaux » alla en principe si loin, que, si les projets de Louis XIV relatifs à la colonisation de Madagascar avaient abouti, en moins de vingt années, étant donné la superficie de cette contrée par rap-

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