‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 76 sur 126 · LEURS ARTISANS AU RETOUR ÉTAIENT MAITRES · texte numérisé non relu

LEURS ARTISANS AU RETOUR ÉTAIENT MAITRES

tropole aurait ni pius ni moins que doublé; vu que ce monarque, dans un édit, avait purement et simplement accordé à la Compagnie le droit « de bailler des portions de terres à telle personne que bon lui sembleroit sous des titres honorables de marquisats,comtés, vicomtés, baronnies, chastellenies, justice haute, moyenne et basse, droit de présentation aux bénéfices, pouvoir d'y bastir maisons et chasteaux à ponts-levis »; ajoutant que les personnes à qui la Compagnie aurait concédé « lesdites terres ainsi qualifiées et qui auroient demeuré actuellement cinq ans en ladite isle, estant de retour en France, pourroient se qualifier du nom cet titres desdites terres, el porter les armes qui y sont attribuées tout ainsi que ceux qui ont des terres avec pareils titres dans le royaume de France » ?,

Ce serait assurément une question fort intéressante que celle de savoir d'une manière positive à combien se sont élevées en a nt où en hommes les ressources que nos colonies retirèrent des anoblissements ainsi octroyés, Mius, en s'en tenant à

linportance que la bourgeoisie atlachait alors aux

1, Voir sur ce point notre volume: Louis NIV et la Compagnie des Indes Orientales de 1664, pp, 167 et 16N, Paris, Calmann Lévy,

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| fe | titres de noblesse, on doit présumer qu'elles durent

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il coup de bourgcois, partis là-bas dans l'unique but bi |

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étrangement contraster pour eux avec la vie étroite e

U | En et fermée de la mère patrie. n [1 1 Quoi qu'il en soit, que les ressources en hommes À ou en argent que l'on procura de la sorte aux colo- à d HIDE) nies aient été où non considérables, pour ee qui a À à à] | trait à notre étude, ce n'est là qu'une question secon- q FE | daire. Ce dont, en tous cas, on peut être convaincu, di AN c'est que ce ne devait pas être avec les quelques | se

milliers de bourgeois qu'on aurait pu décider ainsi

à s’embarquer, qu'une compagnie aurait eu ja

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À Sans doute, ces bourgeois auraient apporté avec eux su

des capitaux ct l'esprit de direction, deux facteurs D

Il à d'ordre économique importants el même indispen- UE

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|| à | Mais ce nest pas uniquement avec de l'esprit F qt M | de direction et des capitaux qu'on peut établir de | de

1 ô | vastes et fructueuses plantations; ce qu'il faut, sur-

41l k tout, c’est le travailleur, c'est-à-dire la main-d'œuvre. de k I n'y avait, en effet, qu'avec des travailleurs, qu'on D av

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pouvait avoir des colons en nombre, et par conséquent, qu'on pouvait posséder tout ce qu'il fallait pour constituer des colonies à la fois grandes, ferliles et populeuses,

I v avait done à pousser les travailleurs de France à émigrer, De là, pour obtenir ce résultat, dans es chartes, plusieurs combinaisons très bien imaginées, très bien conçues et fort curieuses.

Aux siècles dont nous nous occupons ici, la production n'était pas du tout organisée comme elle l’est à notre époque. Aujourd'hui, tous les produits, de quelque nature qu'ils soient, qu'il s'agisse de tissus, de charpente, d'objets en fer, de menuiserie, ou autres, se fabriquent en grand, d'après des types communs, et, Sil y a lieu, on les exporte tout manufacturés de France aux colonies, Autrefois, au contraire, la métropole fabriquait au fur et à mesure de ses besoins, la grande fabrication. Si Fon peut ainsi dire, n'existait que pour quelques spécialités de produits. Il S'ensuivait que, dans les colouies, il v avait presque tout à fabriquer sur place, ct que c'étaient des producteurs, des artisans, et non des produits qu'il y avait à embarquer.

Or comment faire pour approvisionner les colonies de tous les ouvriers industriels dont elles pouvaient

avoir besoin ? C'était là une question capitale,

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