‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 78 sur 126 · LEURS ARTISANS AU RETOUR ÉTAIENT MAIÎTRES · texte numérisé non relu

LEURS ARTISANS AU RETOUR ÉTAIENT MAIÎTRES

Dans cette occurrence, le roi se décida pour une idée qui était suggérée par le bon sens le plus pratique, et à laquelle, chose qu'il n'est pas mauvais de remarquer, tout le monde trouvait son compte : les ouvriers, les colons, la compagnie, l'œuvre elle-même de la colonisation.

Nos corporations, à ce moment-là, regorgeaient d'une foule d'excellents € compagnons », rompus à la connaissance (héoriqueet technique de leur métier, mais à qui l'impossibilité de payer les frais de réception interdisait à jamais la maîtrise, Un article dont on peut facilement mesurer la portée fut inséré dans toutes les chartes, et cet article, sauf de légères variantes de forme, édictait au fond la même chose que le suivant, qui est emprunté à la charte de la Compagnie de la Nouvelle-France de 10628 :

… Et pour exciter davantage plus de nos sujets à se transporter ès dits lieux et y faire toutes sortes de manufactures, peut-on lire effectivement dans cet article, Nous avons accordé que tous artisans qui auront exercé leurs arts et méliers en ladite Nouvelle-France durant six ans: en cas qu'ils veuillent retourner en ce royaume, soient réputés pour maistres de chefs-d'œuvre, et puissent tenir boutique ouverte dans nostre ville de Paris et autres villes, en rapportant certificat authentique du service ès

dits lieux, et pour cet effet tous les ans, à chaque embarquement, sera mis un rôle au greffe de la marine de ceux que la Compagnie fera passer à la Nouvelle-France,

Ainsi, avec celle combinaison, le roi faisait d'une pierre deux coups. En même temps que, sans aucune dépense pour les compagnies, il assurait aux colonies les artisans qui leur étaient nécessaires, en ce qui regardait ces derniers, il résolvait une difficulté qui, en raison de l'organisation industrielle de Pépoque, constituait réellement pour eux une véritable queslion sociale, I leur donnait la faculté de devenir maitres sans avoir à faire face aux dépenses relativement fort grandes que leur réception à la maîtrise aurail exigées.

Mais ce n'était pas seulement des bourgeois où des artisans qu'il fallait aux compagnies pour établir leur colonisation. Ce dont, en fait de colons, elles avaient par-dessus tout besoin, c'était de manœuvriers, d'agriculteurs, de gens ayant l'habitude de travailler la terre et de faire des cultures.

I est évident que ces derniers-pouvaient seuls constituer les éléments essentiels et former la base même de la colonisation, et l’on sent aisément que, sans eux, il aurait été impossible aussi bien de créer

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