AVANT-PROPOS XI
Tout bien considéré, il est manifeste que c'était par ce moyen seulement, en jetant le pays dans des idées diamétralement opposées, qu’il pouvait leur être permis de se sauver, eux et leurs principes, et qu'en définitive, il leur fut possible d'organiser une résistance assez forte pour rendre à jamais impraticable tout retour victorieux de l'ancienne royauté. Cependant, si l'on s'explique la haine des révolutionnaires pour l'ancienne France, et si, par suite, on pourrait être porté à l’excuser, ilest bon d'observer qu'il ne saurait en être de même de celle que lui ont témoignée les deux générations qui ont suivi. Aussi, dans le cas où un blâme devrait être décerné pour le mépris dans lequel l'étude de nos traditions a été tenue depuis la Révolution, serait-ce bien plutôt ces deux générations qui seraient répréhensibles: attendu en effet que servilement, «€ moutonnement», elles ont accepté les préjugés que leur avait à cet égard transmis leur devancière, sans se rendre compte que ces préjugés, tout de commande, avaient été, en grande partie, inspirés par des nécessités de tactique, et qu'elles avaient d'autant moins lieu d'y rester attachées, que les circonstances qui avaient été leur raison d'être avaient disparu. Néanmoins, il est clair que, dans cette question de culpabilité, la génération qui serait par-dessus tout
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