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CONDITIONS CONFESSIONNELLES EXIGÉES DES COLONS
Preuves que nos discordes religieuses du xv£e siècle n'ont jamais été que des discordes politiques. — Droits accordés par Henri 11, Henri III, Louis XIV, aux juifs portugais et espagnols fixés à Bordeaux et à Bayonne. — Privilège dont jouissaient ces juifs de commercer et de s'établir aux colonies, — Lettre de Louis XIV à leur sujet (23 mai 1671),
Il serait difficile, selon nous, d'invoquer un témoignage plus concluant contre les écrivains qui ont attribué à nos guerres religieuses du xvi° siècle des mobiles purement confessionnels, que les lettres patentes que les derniers Valois jugèrent à propos de rendre en faveur des juifs, Si les protestants n'avaient pas été alors un parti avant tout politique, ayant ses appuis à l'étranger, et si les Valois n’avaient voulu se débarrasser d’eux que parce qu'ils
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sous le sens que Henri I et Henri I n'auraient jamais accordé aux juifs portugais et espagnols rélugiés à Bordeaux les droits dont ils leur ont fait la concession.
Ces droits étaient effectivement aussi larges qu'on les pouvait désirer. Is assimilaient, à proprement parler, les juifs aux régnicoles eux-mêmes, puisqu'ils leur accordaient le droit d'aller et de venir dans tout le royaume, celui d’y tratiquer, d'y exercer les arts et manufactures, d'y posséder, d'y transmettre leurs biens à leurs enfants, ete. ?, Ce simple fait, si Pon n'a pas l'esprit prévenu, suffit pour faire voir que nos guerres dites religieuses el qui causèrent tant de mal à notre pays, n'eurent au fond rien de religieux.
En ce qui a trait aux colonies, ces lettres, si l’on considère leur texte, ne conféraient pas seulement aux juifs le droit d'aller et de venir dans le royaume de France proprement dit, mais encore dans «tous les Païs, Terres et Seigneuries de lobéissance du Roy
de France », Aussi en résulla-t-il que beaucoup d'en-
1. Les lettres patentes signées en faveur des juifs portugais etespagnols de Bordeaux par Henri IE sont du mois d'août 1550, et celles de Henri I, du 11 novembre 1574. Le bénéfice de ces lettres fut étendu par Louis XIV, en décembre 1656, aux juifs portugais avant leur résidence dans le Gouvernement de Bayonne, e
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tre eux, lorsque nous mes des colonies, s'y rendirent pour s'y établir et y faire le commerce, Dans les premiers temps, les compagnies, dans la crainte de se mettre en contravention avec la lettre de leurs chartes qui leur enjoignaient de ne souffrir sur leurs lerres que des catholiques, apostoliques et romains, avaient voulu forcer ces juifs à partir, Mais ces der niers s'étaient adressés aux tribunaux, etils avaient cobslämment gagné leurs procès, 1 s'en était auivi que, par le fait, l'entrée de nos possessions coloniales s'était trouvée ouverte aux juifs, tandis qu'elles avaient continué à être rigoureusement fermées pour ivs protestants.
Les seules tracasseries auxquelles les juifs couaient le risque d'être en butte aux colonies, pour l'exercice de leurs droits, ne pouvaient guère provenir que des préjugés populaires, Mais nous devons dire que les rois veillgient à ce que ces tracasscries h'allassent pas trop loin.
A ce propos, nous citerons la lettre suivante, écrite le 23 mai 1674 par Louis XIV à M. de Baas, son
lieutenant général dans les îles de l'Amérique :
Monsieur de Bañs, ayant esté informé que les juifs qui sont establis dans la Martinique et les autres isles habitées par mes subjets, ont fait des dépenses assez