‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 11 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

de la situation européenne et universelle en face de laquelle il recherchait pour F Allemagne, à défaut de Tempire du monde ou de Fhégémonie, l'intangible jouissance du rang auquel elle était parvenue.

Après le traité de mars 1894 Tapaisement s'est fait dans certaines régions où soufflait naguère un vent d'orage : et tel qui était Fennemi la veille peut être, pour les arrangements en chambre, compté comme un collaborateur dans l'entreprise de demain. Même un peu avant la conclusion de ce pacte, quand les futurs contractants se traitaient encore de Turc à Maure, les augures allemands ne voyaient pas de la même façon qu'ils verraient sans doute à l'heure présente. Ce qui était cependant déjà vrai alors, c'est que le système protecteur étendu à l'agriculture comme à l'industrie avait été entamé, et qu'on songeait à lui faire défection de plus en plus pour faire revivre autant que possible d'anciennes habitudes. Et ce qui était vrai encore, c'est que les courants sympathiques créés par les concerts commerciaux apparaissaient comme pouvant servir le couronnement de la politique mercantile, ce couronnement étant placé dans la résistance infranchissable que des forces coalisées opposeraient à l'envahissement des produits rivaux d'une certaine provenance.

Mais quelles forces seraient rangées dans la coalition et contre qui celle-ci serait-elle dirigée? C'est ici

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que, pour la nouvelle démonstration de la fragilité des plans humains, tant dans leur conception que dans les détails au moins de leur exécution, nous trouvons piquant de renvoyer au livre plus d'une fois mentionné déjà et honorablement mentionné d'Albert Schâffle. Ce livre porte le millésime de 1894, sans que cependant on y trouve la trace de la connaissance du traité conclu à Berlin entre les deux empires. Le livre aura donc été publié avant que Tentente eût été établie ou même peut-être prévue. Aussi l'auteur, dans son souci compréhensible de voir le vieux monde et plus particulièrement tout d'abord l'Europe centrale se serrer les coudes et faire front du côté d'où viendrait le danger, désigne-t-il h l'animadversion et aux coups de la ligue à former, qui ? la formidable et menaçante supériorité des États-Unis d'Amérique et de la Russie, dont les Panaméricains et les Panslavistes seraient Jéjà tout grisés. N'était-il pas probable que M. Schâffle, écrivant quelques mois plus tard, eût tenu un langage en partie différent ?

D'ailleurs, il ne croit pas impossible la participation, même de la France, à ce mouvement de concentration européeiwe, auquel serait assigné un but aussi précis. Sans doute un tel concours pourrait encore se faire attendre quelque temps. Ce n'est cependant qu'au cas où les contrées de l'Europe occidentale et centrale viendraient à

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