‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 14 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

le tarif industriel garderait, vis-à-vis de leurs articles d'exportation, un caractère hautement protectionniste sinon même partiellement prohibitif. Ce sentiment éclate dans un travail consacré par M. Fuchs à la politique commerciale de l'Angleterre pendant les trente dernières années, aussi bien que dans le volume que M. Albert Schâffle vient, avant que nous ayons nous-même déposé la plume, de publier comme suite à ses Deutsche Kern-und Zeiifragen.

Les Allemands, réduits à leurs propres forces, étaient-ils en posture d'obtenir grand'chose par leurs représailles isolées ? Le résultat ne pouvait en tout cas, selon eux, être que des plus maigres, alors que les Anglais, montrant pour leur orthodoxie libre-échangiste une sérénité toute bouddhistique, tenaient le marché du monde grand ouvert aux produits essentiels des Russes et des Américains. Si, au contraire, les Anglais avaient pris une attitude de combat vis-à-vis de la grande République au couchant et vis-à-rvis de l'empire des Czars au levant, les Américains et les Russes n'eussent pas obtenu ce qu'ils ont obtenu. 11 en eût été surtout ainsi, si l'Angleterre et les Etats de l'Europe centrale se fussent prêté un mutuel appui. Plutôt que d'incriminer la protection continentale comme la provocatrice des droits prohibitionnistes russes et américains, c'est le libreéchange qu'on devrait déclarer responsable pour

être resté et rester impassible devant toutes les provocations.

Aussi bien, l'Angleterre pourrait à la longue avoir elle-même à pâtir de son flegme. Malgré toutes les atténuations passagères au tarif Mac Kinley * , les Etats-Unis ne renonceront pas de sitôt à favoriser Tessor artificiel de la grande industrie américaine, et il faudrait encore bien moins s'attendre à voir, après dix ans, la Russie incliner vers un système protecteur modéré. Une

1. On sait que depuis le 1*"* juillet 1894 un nouveau tarif douanier a adouci, dans une certaine mesure, le tarif Mac Kinley. C'est ainsi que les exportateurs de vins et d'eaux-de-vie ont obtenu une taxation moins prohibitive. Pour les vins en bouteilles, mousseux ou non mousseux, il n'est rien changé au tarif de 1890 ; mais, en ce qui concerne les vins non mousseux, en fûts, le nouveau tarif substitue, à l'ancien droit unique de fr. 68,43 l'hectolitre, une double taxe variant suivant l'alcoolicité du liquide importé : au-dessus de 14 degrés d'alcool, c'est l'ancien taux de fr. 68,43 qui reste applicable ; jusqu'à 14 degrés, le droit est réduit à fr. 41,03 l'hectolitre. Pour les eaux-devie et liqueurs, le droit est ramené de fr. 595,35 à fr. 428,58 l'hectolitre d'alcool pur, ce qui le maintient à un taux prohibitif.

Quelques autres produits agricoles pourraient peut-être bénéficier aussi du nouveau tarif. Ainsi les droits sont réduits : sur les fromages, de 68 à 33 centimes le kilogramme ; sur les prunes et pruneaux, de 23 à 17 centimes le kilogramme ; sur les raisins secs, de fr. 2,85 à fr.0,17 le kilogramme ; sur les amandes, de 57 à 34 et de 85 à 57 centimes le kilogramme ; sur les noix de 34 à 23 et de 68 h 46 centimes le kilogramme.

Parmi les marchandises admises en franchise, on

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