‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 16 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

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valoir, elles pourraient grandement profiter ou préjudicier à F Allemagne, suivant la direction qu'elles auraient prise ou qu'on aurait su ou non leur imprimer dans renehevêtrement de la politique commerciale du centre de T Europe avec celle de l'Angleterre.

A un moment, l'éventualité d'un pacte défensif et nutritif formé par le monde britannique s'est avancée même au premier rang des actualités. Ce moment s'est présenté avec la retraite du vieil et glorieux Gladstone, qui, comme Gobdenist de la plus pure eau, s'était tenu absolument à l'écart de ces combinaisons, et avec l'entrée en scène de son collaborateur lord Ros eberry qui, san» avoir pris parti encore pour une union douanière britannique générale, a figuré depuis nombre d'années à la tète de la coalition défensive, c'est à dire de \ Impérial Fédération Leaffue. Vienne celui-ci ou même un remplaçant conservateur — car le Greater Britain tient aussi à cœur au parti tory — à se déclarer partisan de l'union douanière générale elle-même sous la pression de hautes considérations politiques, et on assisterait certainement à un déplacement, d'une portée incalculable, de la politique commerciale universelle !

La première impulsion au concept de l'unité de douane dont s'agit a été donnée au commencement de la huitième période décennale de ce siècle par le nouveau parti qui poursuivait la politique dite

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du fair trade, basée sur les convenances réciproques, répudiant les abstractions et le libreéchange unilatéral. De concert avec certains libreéchangistes, le parti du fair trade avait en ce temps réclamé un pacte pour le libre-échange interbritannique en dedans de l'empire : orientation dans laquelle il faut voir précisément le premier contre-coup en Angleterre de l'abandon de la politique libérale suivie par le continent de 1865 à 1879, la première déviation, depuis bien accentuée dans la littérature économique, du vieux cobdenisme orthodoxe, du pur et immaculé freetrade.

Toutefois le centre d'agitation, créé tout d'abord au service de la commune résistance, ne visa pas aussitôt Tunion douanière entre la mère patrie et ses colonies. Ce centre naquit avec ï Impérial Fédération League à la date du 10 novembre I88i. Ce n'est pas que la pensée unioniste ne fût alors dans Tair. Car déjà, en faisant au dominion du Canada (en 1867), à la colonie du Cap (en 1876) et aux colonies australiennes d'amples concessions d'autonomie, on avait obtenu un large dégrèvement pour la mère patrie par le retrait des troupes anglaises, par l'organisation de la défense des colonies, sur terre comme dans les ports, au moyen d'une milice territoriale, entretenue à la charge de celles-ci, à concurrence de 36.000 hommes dans le Canada et de 40.000 hommes en Australie. Il

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s'agissait maintenant en plus d'assurer la sécurité des colonies et du commerce à faire avec elles à Taide du renforcement de la flotte et de la multiplication des dépôts de charbon. Le contribuable anglais ne pouvait voir que d'un bon œil une Impérial Fédération d'un tel contenu. Des associations au petit pied furent fondées dans les colonies. La ligue eut im organe à son exclusive dévotion, le périodique « Impérial Fédération ». Néanmoins, pendant de longues années, elle esquiva des propositions de fédération, formulées d'une façon précise, sans vouloir mordre à une union douanière et commerciale.

Entre temps la Chambre de commerce de Londres, fortement travaillée par son secrétaire, M. K. B. Murray, s'était déclarée en faveur d'une demande d'union douanière. Aussi faisait-elle, en avril 1885, parvenir au secrétaire d'Etat des colonies une adresse, pour y recommander vivement, même sous le rapport de la politique commerciale, la fédération de l'Empire et pour y requérir du gouvernement une enquête parmi les colonies sur cet objet. La grande exposition coloniale devint, pendant l'été de 1886, l'occasion d'un congrès où les chambres de commerce de tout l'empire britannique envoyèrent des délégués en nombre compact ; ime action efficace fut exercée sur l'opinion publique et, cette année même, le vœu général d'une soudure plus étroite des colonies à la mère

WoRMs. — PoLcomm. de VAllem. IT

patrie trouva son expression jusque dans le discours du trône. Dès le mois de novembre 1886, le nouveau ministre des colonies du cabinet conservateur, M. Stanhope, transmettait aux gouverneurs des colonies indépendantes et des colonies de la couronne une circulaire les invitant à se faire représenter à une conférence qui s'ouvrirait à Londres.

Encore que le programme de la conférence demeurât indéterminé, Fattention était spécialement appelée sur deux points, à savoir, la défense en commun de Fempire britannique et le développement unitaire des postes et télégraphes. Cette conférence, où les délégués affluèrent, se réunit du 2 avril au 9 mai 1887. Les délibérations n y roulèrent pas seulement avec beaucoup de vivacité sur l'entretien, aux frais des colonies, d'une escadre stationnant dans les eaux australiennes, sur les relations par voie postale et télégraphique, sur im droit commercial, maritime et de procédure international, sur les échanges des valeurs de papier, sur le droit de patente, etc., mais elles mirent aussi en cause, comme se référant aux instructions reçues par divers délégués, tels que ceux notamment du Cap, une union de Tempire britannique au point de vue de la politique commerciale. Le point de vue était d'ailleurs complexe, c'est-à-dire commercial pur et en même temps financier, en raison du souci de couvrir les dépenses motivées par la défensive. Le

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