‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 17 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

principal ministre de Tétat australien de Queensland, Samuel Grifïith, mit en discussion, comme objectif de premier plan, un traitement réciproque plus avantageux des diverses parties de Tempire, au moyen de droits différentiels, laissant donc subsister des régimes douaniers distincts.

Cette pensée ne fut pas perdue pour le chef du parti africain dans TEtat du Giap, Jan Hendrick Hofmeyr, qui la libella néanmoins d'une façon à lui propre. Par toute l'étendue de Fempire britannique, un droit additionnel uniforme devrait être perçu sur toutes les marchandises provenant de pays étrangers et son montant être affecté [à l'entretien de la flotte britannique. Au taux de deux pour cent seulement, les recettes dues à cette taxe supplémentaire d'empire étaient évaluées à 7 millions de livres sterling dans l'hypothèse où il n y aurait pas un recul sensible sur l'importation collective des pays étrangers à concurrence de 352 millions de livres, dont 286 millions de livres afférant à la mère patrie et 66 autres aux colonies. La proposition fut loin de déplaire, et les assentiments ne manquèrent même pas à la suggestion d'un relèvement du droit additionnel à 5 **/o, dont le rendement, établi entre 10 et 15 millions délivres, permettrait de jeter les bases financières d'une protection maritime commune.

A n'en pas douter, la « colonial conférence » de 1887 constituait un tournant dans l'histoire de la

politique commerciale britannique, voire, avec quelque vraisemblance, le début d'un développement nouveau de la politique commerciale universelle. Les hommes d'Etat les plus considérables des colonies venaient, à la suite d'un échangée animé de leurs idées, de tomber d'accord sur des lins importantes, au milieu de la sympathique attention de la mère patrie. Le rattachement fidèle à cette mère patrie avait formé d'ailleurs le fondement sous-entendu des négociations. Il est vrai que, dans la mère patrie, le classique libre-échange qui y était si ancré s'insurgea contre une union douanière avec des droits de faveur pour le négoce interbritannique, sans vouloir donc prêter l'oreille à des proferential customs. Aussi le concept Hofmeyrien d'un droit impérial additionnel frappant les marchandises étrangères dans l'intérêt de la défense maritime n'y progressa-t-il pas pendant les premières années. Par contre, l'agitation ne fit que grandir dans les colonies. L'incendie se propagea surtout du Canada. Le tarif Mac Kinley avait fait peser sur cette province de graves menaces. Un imposant parti y inclinait vers une association douanière avec les Etats-Unis. Il n'avait fallu rien moins que toute l'énergie du chef des conservateurs canadiens, le premier ministre Macdonald, pour faire avorter ce projet par la dissolution de la seconde chambre. Dans les élections suivantes, le camp conservateur, qui avait pris pour plate-forme des rap-

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