‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 18 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

ports de politique commerciale plus étroits avec la mère patrie, eut le dessus, faisant rentrer dans le néant les combinaisons douanières avec la fédération américaine.

Il arriva ainsi, sous la poussée des événements coloniaux, que la mère patrie elle-même prit feu ou du moins s'intéressa de plus en plus pour un lien douanier reliant tout l'empire britannique par ses parties, dans lesquelles prévaudraient des droits de faveur. Bien que les émotions de la campagne électorale eussent été fatales à Macdonald, le parlement canadien n'avait pas moins voté, à l'unanimité, l'adresse sollicitant la dénonciation des traités de commerce de 1862 avec la Belgique et de 1865 avec r Allemagne, lesquels, par la clause y contenue du traitement de la nation la plus favorisée, barraient la route à un ZoUverein interbritannique. Cette résolution eut un grand écho dans la mère patrie et, tout acquise que fût au libre-échange la majorité de la Chambre de commerce londonienne, celle-ci prit position dans le sens d'une union douanière et commerciale avec les colonies. Elle était entraînée par son secrétaire qui, quoique libre-échangiste et, dès lors, tout à fait favorable à l'accession future d'Etats étrangers, professe chaleureusement la nécessité de la création d'une union douanière interbritannique avec des droits de préférence, sous réserve d'un ZoUverein mégalo-britannique comme étape finale.

Un deuxième congrès des chambres de commerce de l'empire britannique, réuni à Londres pendant Tété de 1892, se prononça unanimement, au mois de septembre, pour la motion d'après laquelle il devrait être pris des mesures propres à rendre plus étroits encore, entre les colonies et la mère patrie, les liens politico-commerciaux. C'est aussi ce que vota au mois de novembre suivant, à une grande majorité, l'assemblée annuelle de la fédération des groupes du parti conservateur (National Union of Conservative and Constitutional Associations) , sans prendre cure de la réserve persistante du chef du parti, le premier ministre Salisbury. La combinaison unioniste avec droits de faveur reçut même en 1892 une nouvelle impulsion du Canada, dont le parlement se déclara disposé à une notable réduction des taxes canadiennes sur les articles manufacturés de la Grande-Bretagne pourvu que la mère patrie voulût concéder, dans son tarif, des avantages aux produits canadiens.

En Angleterre, il n'y eut pas jusqu'au Times à applaudir à la détermination de cette colonie, « dûton même, disait ce grave journal, se départir quelque peu de la rigueur de la doctrine libre-échangiste ». Le 27 mai, la Chambre des Lords en Angleterre entendit un de ses membres, Earl of Dunraven, lui recommander instamment la politique commerciale conçue par le Canada, avec toutes ses conséquences, y compris celle d'un droit

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