ÉPILOGUE
modéré sur les céréales étrangères. Sans doute, le gouvernement se refusa d'obtempérer à cette invite, ce qui n'avait pas empêché lord Salisbury, qui venait à peine de célébrer les bienfaits du libreéchange pur dans un grand discours de meeting, de s'exprimer, le 18 mai, très vertement sur le libre-échange orthodoxe des Cobdenites et d'appuyer, sauf pour le blé et les matières brutes, des représailles douanières quant aux articles importés de pays protectionnistes, à l'effet d'armer l'Angleterre contre la politique exclusive d'autres Etats. Entre temps, la pensée d'un accord plus intime de l'Angleterre et de ses colonies pour la défensive et l'échange, la pensée maîtresse de YImperial Fédération League, dont lord Rosebery avait, pendant maintes années, été le président, avait abouti à des propositions nettement arrêtées. Celles-ci tendaient à la formation d'un Impérial Council, où figureraient des représentants de la mère patrie, des colonies indépendantes et des colonies de la couronne, les dernières y ayant accès dans la personne des ministres anglais pour les colonies et rinde. Dans toutes les questions de politique extérieure concernant l'empire tout entier, une action d'un caractère constitutionnel serait acquise audit conseil, qui organiserait la défense commune de l'empire, la protection du commerce et les charges financières incombant de ces chefs aux colonies. L'élucidation de ce dernier point justifierait,
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suivant la Ligue, la convocation d'une nouvelle conférence coloniale. Ces diverses propositions eurent à se réjouir — M. Fuchs le constate — d'un accueil unanimement favorable de la part de tous les organes indistinctement de la presse anglaise proprement dite.
Voilà à quel degré avaient mûri les deux objectifs, financièrement reliés, d'un accord défensif et d'un accord douanier, autrement dit d'une Impérial Fédération et d'une Commercial Union^ quand le cabinet Salisbury vint à tomber. Par suite de l'ardente lutte électorale qui précéda sa chute, qu'il n'accepta qu'avec une mauvaise grâce mémorable, ces sujets n'ont pu se maintenir à un rang avancé dans les préoccupations publiques. Avec Gladstone rentrait à la tête du pouvoir un libreéchangiste convaincu, que devait assister, il est vrai, comme ministre des affaires étrangères, ce même lord Rosebery qui avait présidé si longtemps aux destinées de l'Impérial Fédération League. Depuis l'avènement du ministère Gladstone, le home rule a confisqué toute l'attention. Mais, puisque l'âge et une maladie des yeux n'ont pas permis au ffreat old man de garder le fardeau du pouvoir et l'ont amené à s'en décharger sur son principal collaborateur, il reste à apprendre si lord Rosebery ne serait pas par hasard prédestiné à pousser la politique mercantile du globe dans des voies toutes nouvelles.
Quelles sont ses intentions à l'égard de l'établis-