‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 21 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

le Cap comme l'Australie résisteront toujours aux remous émancipateurs qui les convulsionnent?

Ce serait donc le cas de dire que le Greater Britain se fera par un accord politico-commercial ou ne se fera pas ! Telles sont du moins les apparences. Et toutefois, le dénouement pourrait bien se trouver aussi dans une simple Impérial Fédération^ comme elle s'était incarnée jusque là dans lord Rosebery, avec une participation active des colonies à la politique du commerce universel, au moyen d'un conseil d'empire fédéral. N'est-il pas permis, en effet, de prétendre qu'une politique commerciale soutenue, sachant mettre en œuvre les représailles possibles du monde britannique douanièrement coalisé contre l'intolérance prohibitionniste d'autres parties du globe et conserver les colonies à la mère patrie plus sûrement que par une taxe d'empire additionnelle ou que par des préférences douanières spéciales, rapporterait peut-être encore davantage à la collectivité britannique et serait féconde en bénédictions pour toute la politique mercantile internationale? Le fair trade par tout l'univers, suivant les besoins particuliers de chaque grand domaine commerçant à chaque époque, les divers peuples se montrant une condescendance réciproque pour leur individualité et leur développement, n'aurait-il pas par hasard, pour toutes les portions de l'empire britannique universel, une importance encore supérieure à celle du free-trade et de

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l'échange privilégié en dedans du seul empire britannique ? En admettant que les résistances opposées jusqu'à présent par lord Rosebery à une union douanière, que son engouement pour une simple Impérial Fédération aient été dictés par la recherche d'un équilibre dans la politique commerciale universelle sur le terrain du fair trade et sous l'abandon de la passivité libre-échangiste, et qu'il aspirât à faire concourir toutes les portions de Tempire britannique à une politique commerciale îîgissante, il y aurait là de sa part une visée pour laquelle il serait bien difficile à TAllemagne et à l'Europe centrale de ne pas faire cause commune avec lui dans la mesure de leurs intérêts vitaux et en dehors de toute abdication de leur indépendance.

Quelles que puissent être cependant les dispositions présentes de lord Rosebery, plus porté peutêtre encore aujourd'hui pour le fair trade avec l'univers entier que pour le simple free-trade privilégié entre l'Angleterre et ses colonies, on ne saurait faire tout de même abstraction de l'éventualité d'une union douanière servant simultanément de base financière à une alliance défensive. Il importe de savoir quelle forme de réalisation une pareille union pourrait revêtir, de se rendre compte des difficultés pouvant surgir devant chacune de ces formes possibles, de rechercher comment les Etats de l'Europe centrale à tarifs conventionnels parviendraient à détourner en leur faveur l'éventualité en cause

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