‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 22 sur 39 · ÉPILOGUE 26î · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE 26î

par l'appui donné à TAngleterre au cas où sa politique mobilisée s'emploierait dans le sens du fair trade et non du free-trade.

C'est, il est vrai, l'avis de bien des gens, qu'à tout jamais l'Angleterre a renoncé à des droits sur le blé et sur la laine, alors cependant qu'un droit modique sur le blé serait le moindre des dédommagements à offrir, par la mère patrie, à ses colonies, où fleurissent les droits protecteurs élevés , pour la situation douanière privilégiée qui lui y serait acquise. Et de fait, rien ne saurait dans le moment vaincre l'aversion qu'un demi-siècle a, depuis Robert Peel, enracinée au cœur de l'Angleterre, pour les taxes sur les moyens de subsistance. Tout le crédit de lord Rosebery ne suffirait pas , le voulût-il, à faire accepter un lien douanier anglouniversel forgé avec des droits de faveur. Toutefois, il serait imprudent de soutenir qu'un peu de temps s'écoulant, la manière de voir ne dût se modifier en Angleterre, où, mû par de grands avantages politiques, on serait bien capable, à la fin, de se ranger à un système de douane anglo-universel, débutant par la perception de droits modiques de faveur sur les produits manufacturés anglais dans les colonies et de droits modiques sur les produits, agi aires étrangers en Angleterre. Ne faut-il pas, en effet, se pénétrer du compte que l'agriculture de l'Angleterre trouverait à de pareils droits, au regard de la Russie et des Etats-Unis?

En outre il est à considérer que depuis dix ans le free-trade est, dans la littérature comme dans les discussions et agitations anglaises, ébranlé au profit du fair trade et que Gladstone pourrait bien avoir été le dernier homme d'Etat représentant, sur la scène politique, les sentiments inaltérés de Cobden. Soyons donc persuadés que, si la conservation ou la perte des colonies était en cause, la sûreté indéfinie du placement des produits ouvriers pourrait bien paraître contrebalancer, même pour l'entretien des travailleurs anglais, un modeste droit sur les céréales, et, aussi, que la possibilité pour l'empire britannique de tirer, en tout ou en grande partie, de lui-même son pain au cas de conflit avec les grandes puissances antagonistes de Russie et d'Amérique septentrionale est susceptible d'y devenir tous les jours une question de premier ordre à cause de Tindépendance qu'elle engage. On ne peut pas, en effet, faire fi des observations de M. Fuchs au sujet du retour de l'Angleterre aux droits sur la laine et sur le blé ou du moins sur le blé.

La laine consommée dans le Royaume-Uni provient déjà aujourd'hui, pour les quatre cinquièmes, en chiffre rond, des colonies anglaises, tandis que relativement au froment le rapport est, il est vrai, renversé. Si, dès lors, pour la laine il est douteux qu'un droit impérial additionnel sur la marchandise étrangère en faveur de la laine colo-

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