ÉPILOGUE
niale britannique renchérisse les prix et qu'un traitement inégal à l'entrée ait en général sa raison d*être, il y a, pour le blé, à escompter tout d'abord l'éventualité d'un accroissement de prix. Ce n'est pas que cette éventualité apparût à perte de vue. Car, aussitôt que le droit aurait, d'une façon correspondante, renforcé la production de céréales dans les colonies anglaises, les prix relevés pourraient encore une fois s'affaisser, sans compter qu'en présence de bonnes récoltes en Russie et dans les Etats-Unis, un droit anglais modéré sur les blés retomberait, non pas sur le consommateur anglais, mais sur le paysan moscovite ou le fermier américain. Ces considérations ne sont pas sans être présentées avec insistance au public anglais. Les partisans de l'alliance défensive et nutritive placent le but à atteindre dans la suppression complète de la dépendance du Royaume-Uni visà-vis des pays étrangers en ce qui concerne les moyens de subsistance. Ils partent de cette affirmation, que tous les biens requis par les besoins du peuple sont engendrés en quantité et qualité suffisante en dedans de l'empire britannique ou pourraient l'être sous l'influence de la politique impériale en cause et que par conséquent on y rencontre plus qu'en tout autre pays les conditions préjudicielles d'un Etat mercantile fermé. Si malaisé qu'il soit de vérifier en détail l'exactitude de cette proposition, M. Fuchs estime qu'en général
au moins, elle est défendable, même par rapport aux céréales. Quelque réserve qu'il convienne, en effet, de faire, d'après les plus récentes recherches, sur les appréciations concernant les possibilités naturelles d'extension de la production dans le Canada et dans l'Inde, il n'est cependant que juste, d'autre part, de tenir compte de l'essor prodigieux qui, à la faveur du droit différentiel, pourrait être pris par Tengendrement du blé dans le Royaume-Uni.
De pareilles considérations ne seraient pas incapables d'amener tôt ou tard un revirement économique parmi les Anglais. Mais des considérations politiques d'ordre très élevé pourraient bien s'emparer aussi de leur esprit, expliquant très bien l'engouement que les plus avancés d'entre eux montrent, soit pour une Impérial Fédération ^ soit pour une Commercial Union ^ soit pour les deux combinaisons à la fois. Ne venons nous pas déjà, à ce dernier égard, de mentionner, quoique à un point de vue différent, le développement vraisemblable de la production du blé et de la viande dans les colonies, grâce auquel l'alimentation anglaise cesserait d'être tributaire de la Russie et de l'Amérique en cas de conflit armé avec ces puissances ? Mais il faut mettre aussi dans la balance le rattachement prolongé des colonies à la métropole, la possibilité de conjurer la défection du Canada, du Cap et de l'Australie, défection tou-