ÉPILOGUE
jours à craindre pour une date rapprochée et qui autrement serait peut-être inévitable. Ajoutons, en troisième lieu, l'acquisition d'une arme d'une force incomparable pour les représailles au regard de l'Amérique et de la Russie dans le champ de la politique commerciale universelle. Il y a enfin à faire entrer en ligne de compte l'allégement de la métropole dans le rassemblement des moyens d'accroissement d une flotte jugée généralement insuffisante pour la protection du commerce dans toutes les mers, si une guerre venait à éclater, et notamment le concours à donner à cette métropole pour la formation et Tentretien d'une escadre dans les eaux de l'Australie et de l'Océan Pacifique, au moyen de l'abandon par les colonies des droits impériaux additionnels perçus sur les importations étrangères dans l'intérêt du soulagement du contribuable anglais.
La grande majorité du peuple anglais pourrait d'autant plus volontiers se laisser séduire un jour par ces considérations économiques et politiques militant pour l'association douanière interbritannique, que c'est à peine si le commerce avec le reste du monde aurait à en souffrir. Une union britannique universelle à droits privilégiés, surtout vivant en bonne intelligence avec l'Europe centrale, aurait, vis-à-vis des puissances prohibition- . nistes, une force contraignant celles-ci aux accommodements. Cette union une fois scellée par
WoRMS. » PoL eomm. de l'AlUm. 18
TAngleterre, il ne serait dans le pouvoir d'aucun pays du monde de l'en faire démordre. Un pareil accord n'offrirait pas non plus, au point de vue technique, de difficultés insurmontables pour son exécution ; attendu que la provenance des produits favorisés, passant de la métropole dans les colonies ou prenant le chemin inverse, comporterait un contrôle simple et aisé. La réalisation du concert ne serait pas plus difficile dans le système du droit au poids que dans celui du droit ad valorem.
L'obstacle opposé à ce concert interbritannique par les traités de l'Angleterre avec la Belgique et r Allemagne, qui concèdent le traitement de la nation la plus favorisée pour un temps indéterminé, pourrait être écarté dans un temps relativement court. Et il est dès lors permis de conclure qu'il suffît à l'Angleterre de vouloir ce contact avec ses colonies, pour que ce soit chose faite !
Pour favoriser la fabrication anglaise dans les colonies, point ne serait même nécessaire d'abaisser les droits protecteurs et financiers existants, dont le relèvement aussi pourrait servir le but. Entre la métropole et les colonies s'établirait une communauté douanière et commerciale stable et durable avec un conseil défensif et douanier fixe. Encore qu'aucun groupe du redoutable empire ne se trouvât sensiblement entravé dans le règlement de son tarif financier et protecteur, tel qu'il serait commandé par ses besoins particuliers, l'identité