ÉPILOGUE
des intérêts matériels les envelopperait tous dans un lien unique. Même avec un minimum d'administration douanière uniforme, la vie unioniste interne et externe posséderait son organe régulateur. En réalité aussi, l'association ne manquerait pas de fournir les moyens propres à l'extension de la défense maritime de tout Tempire, et, par conséquent, de répondre à ce qui, de tout temps, a constitué le but essentiel de V Impérial Fédération League. Gomme cette association verrait le jour en tant qu'institution permanente, le Conseil Impérial, Impérial Council^ avec le caractère qu'il trouvait jadis dans les convenances de VImperial Fédération League, rentrerait sans doute par luimême dans l'ombre. L'ancien président de cette Ligue ne saurait donc, lui dont l'immutabilité dans les opinions n'est pas précisément le signe distinctif, être considéré comme contraire à tout jamais à une pareille communauté douanière, si celle-ci devait avoir pour elle l'opinion publique. A son défaut, tout autre homme d'Etat pourrait à chaque moment mettre la main à la pâte en se sentant porté par l'assentiment général.
Qu'il soit seulement permis à l'auteur de ces lignes d'observer qu'il ne serre de si près l'hypothèse de l'association, qu'en suivant autant que possible pas k pas ses inspirateurs allemands ordinaires, chez qui est manifeste autant que naturel le désir de chercher pour les intérêts de leur
patrie un appui dans la politique de l'Angleterre. Peut-être, cependant, il y a-t-il une plus grande distance de la coupe aux lèvres que ceux-ci ne paraissent se l'imaginer.
Sans doute, l'Angleterre, restée grande ouverte aux importations, sauf pour une demi-douzaine d'objets qu'elle ne produit pas, n'a pas présentement à se louer de ses exportations qui, depuis 1890, ont décru dans des proportions respectables. Si l'on compare, en effet, les dix premiers mois de 1894 aux dix premiers mois de 1890, on voit que ses importations n'ont faibli que de 100 millions de francs, tandis que ses exportations ont faibli de 1.025 millions de francs pour les produits anglais et de 150 millions pour les produits étrangers. La diminution pour les exportations des produits anglais, relativement à l'année 1890, ressort à 18**/o. L'exportation des fils et des tissus a baissé de 1 4 ®/o î la grosse baisse a été pour la métallurgie, où elle s'est élevée à 37 ®/o. Parmi les pays, ayant motivé la dépression des exportations britanniques^ figurent la Belgique, l'Espagne, l'Allemagne, la France, l'Italie, mais surtout les Etats-Unis; car c'est par 48 ®/o que se chiffre la baisse des exportations anglaises pour les États-Unis, si l'on oppose les neuf premiers mois de 1894 à la période correspondante de 1890.
Ce qui n'empêche que, grâce à la vitesse acquise et maintenue par la politique libre-échangiste, le