ÉPILOGUE
industrielle et agricole du continent aurait à souffrir des avantages consentis à la fabrication britannique dans les colonies anglaises et aux produits coloniaux dans rîle européenne. Le coup serait même d'autant plus sensible que les faveurs concédées dans réchange interbritannique s'élèveraient plus haut. Qus si l'appétit de Tunion britannique universelle allait jusqu'à croître en mangeant, si la métropole anglaise, après être parvenue à s'approvisionner de blé exclusivement unioniste, voulait revenir aussi à la protection industrielle, si l'Angleterre voulait se laisser entraîner par ses colonies, en raison des progrès de leurs industries, à écarter les produits de l'agriculture et des manufactures, que de sombres nuages s'amoncelleraient alors à l'horizon ! Comme si ce n'était pas assez de prévisions semblables, en ce qui concerne les États- Unis, la Russie et la France, voit-on encore l'Empire britannique universel se renfermer dans une abstention économique internationale complète? Du coup les Etats de l'Europe centrale, frappés dans leurs facultés d'exportation, seraient condamnés au rabougrissement, en attendant de jouer les Portugais de l'avenir. Loin d'appeler de leurs vœux l'union britannique universelle, il leur faudrait donc souhaiter ardemment de ne la voir jamais se constituer. Le souhait serait surtout opportun, si une association douanière totale de l'Angleterre avec toutes ses colonies devait former le fond de l'aventure et couronner la chanson du Greater Britain.
Les aspirations à Tentente cordiale dont nous nous sommes faits Técho dans les deux précédents paragraphes ne sont pas d'ailleurs le monopole des écrivains allemands. D'autres écrivains, de nationalité française par exemple, poursuivis à leur tour par la vision des calamités que peuvent amasser sur nos têtes, soit la persistance de la zizanie en Europe, soit des prépondérances numériques ou économiques extra-européennes, sonnent également la cloche d'alarme, en invitant les gouvernements de Fancien continent à sceller entre eux des pactes politiques. Nous ne mettons pas d'ailleurs une grande différence entre deux genres d'exhortations qui recherchent le concours des volontés et des résistances par les voies commerciales ou par les voies politiques, attendu que la communauté bien agencée des intérêts vitaux est ce qui prépare encore le plus sûrement les alliances politiques, et que celles-ci, si elles ne sont pas précédées, sont généralement accompagnées ou suivies d'arrangements relatifs aux échanges. Or, c'est bien à une œuvre politique, mais de pacification et d'union, que conviait entre autres une étude sur ï Europe et la France en 1894^ parue en août 1894 sous la signature « un diplomate » dans une feuille parisienne et où il est dit en manière de conclusion :
« 11 y aurait beaucoup à dire sur les dispositions