‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 29 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

des Etats de second ordre, notamment de TEspagne qui, pour le bien de tous, devrait être rangée parmi les grandes puissances et deviendrait ainsi, avec toute justice, Tun des meilleurs éléments du concert européen qu'il est urgent de rétablira Bornonsnous en ce moment au tableau que nous avons tracé. Il suffit pour démontrer à quel point la situation générale, extérieurement pacifique, est au fond compliquée et vraiment grave. La France doit y prendre un intérêt majeur et poursuivre, avec le plus sincère amour de la paix qui est la civilisation même, une politique personnelle et patriotique, ce qui est fort légitime et aussi d'intérêt général. Elle ne peut pas laisser stérile la sage conduite qu'elle a tenue depuis vingt ans au dehors ; la forte constitution de son armée, sa richesse, l'estime que son bon esprit inspire à tous, les sympathies plus ou moins décisives, mais à coup sûr indéniables, qui lui ont été récemment témoignées, la mettent en mesure de ne pas rester isolée, de jouer mieux qu'un grand rôle, un rôle utile, de préserver le monde de ces alliances qui ne peuvent être, dès qu'elle en est exclue, que la prolongation de l'état instable qui compromet le présent et l'avenir de l'Europe et lui impose en conclusion la faillite et la servitude.

1. Ce langage ne serait sans doute pas désavoué par le cabinet en fonction, que dirige, comme successeur de l'in- Irépide Sagasta, le célèbre Canovas el Castillo avec des collaborateurs tels que Navarro Reverter et Romero Hobledo.

« La France, usant du prestige de son génie et de sa force, avec une habileté conciliante, peut contribuer — il en est temps encore — à neutraliser tant d'éléments dangereux, à rétablir la fortune et la liberté des peuples. Sans doute, la reconstitution d'un équilibre véritable lui serait avantageuse ; mais qui oserait dire qu'en substituant au régime actuel, qui les opprime et les ruine, une organisation mieux pondérée, les autres nations ne se serviraient pas elles-mêmes ? Le système des groupes défiants, des conventions secrètes, offensives ou défensives, peu importe, — les caractères de Fattaque et de la défense étant souvent incertains — des armements indéfinis et des dépenses improductives est jugé à répreuve : le moment est venu de comprendre que cette paix fallacieuse est un dissolvant, une maladie lente, une guerre sans drame, il est vrai, mais sans gloire, aboutissant à la défaite universelle. 11 n'y a qu'un moyen de conjurer ce fléau, c'est l'établissement d'un concert européen sagement calculé, sincèrement accepté, et qui, sans prétendre résoudre toutes les questions, en permettra l'étude paisible, équitable, dégagée de l'appareil menaçant qui les aigrit et les perpétue. La sagesse cle tous étant mise au service de l'entente commune pourra prévenir les luttes stériles, et l'on devra dès lors compter sur une paix durable. Les ressources des nations seraient employées au progrès matériel et moral des masses et les préserveraient des

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