ÉPILOGUE
sophismes et des périls suspendus sur elles. L'avenir dira si c'est là un rêve : nous ne parlons aujourd'hui que d'une amélioration des rapports internationaux, mais, ce que nous savons avec certitude, c'est que cette amélioration est urgente, nécessaire et que la prudence de l'Europe est mise en demeure. Si, par de tels accords, les trésors absorbés par les dépenses militaires sont restitués aux œuvres de la paix, le fonctionnement des lois économiques sera simplifié et la question sociale sera bien près d'être résolue. Il appartient à une sage et libérale diplomatie de préparer les éléments d'une telle conclusion. »
Comme on le voit, il est beaucoup parlé de la France dans cet article. Il en est parlé avec un sentiment de sa mission, avec une chaleur qui pourrait presque faire accuser l'auteur, vraisemblablement Français, de chauvinisme. La vérité cependant, combien consolante! est que l'importance de la France, la nécessité de son intervention dans les mesures de salut général n'est plus méconnue, la même où l'on a pu rêver, il n'y a pas bien longtemps, son extermination, sa radiation de la carte du monde !
Quand donc des publicistes proprement allemands exécutent leurs variations, dans lesquelles nous les avons tout à l'heure interrompus un instant, sur la formation d'un noyau d'action ou de défense par la conciliation contractuelle des intérêts écono-
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miques, il est doux pour l'amour-propre de notre pays de voir Tun d'eux, éclairé par les événements contemporains, risquer cette réflexion : « La France, non exclue, viendrait probablement peu à peu à ce même système, ce qui serait pour elle, comme pour le bien et la paix de l'Europe, d'une valeur inestimable. »
Aussi bien l'Allemagne était convenablement placée, nous allions dire, était payée, pour faire de la France productrice et consommatrice le cas qu'il convenait. En cas de doute sur les résultats réciproquement favorables d'un rapprochement avec nous et plus importants même pour elle que pour nous, elle n'avait qu'à mettre en regard de l'année 1861, précédant immédiatement celle où notre traité avec le ZoUverein fut conclu, l'année 1868 où ce traité devait avoir manifesté déjà ses effets. Car, si, pour 1861 , l'importation en France se chiffrait au commerce général par 282.262.298 Tr. (valeurs actuelles), au commerce spécial par 171.894.926 fr.,et l'exportation de France au commerce général par 189.678.268 fr., au commerce spécial par 160.820.330 fr., pour 1868, à l'importation en France, le commerce général s'élevait à 391.845.051 fr., le commerce spécial à 266.428.546 fr., alors que l'exportation de France montait relativement au commerce général à 241.394. 911 fr. «t relativement au commerce spécial à 214.788.757 francs.