I. — La clause asiatique
D’après la thèse soviétique, le traitement de faveur à l’égard des pays limitrophes d’Asie s'explique à la fois par des considérations d'ordre politique et d'ordre économique.
L’argument politique consiste en ce fait que siles pays capitalistes d'Europe s'efforcent de freiner le développement économique de l’U. R. S. $., ne reculant pas devant l’éventualité d’un blocus économique ou même d’une intervention armée, pareil danger n’est nullement à redouter de la part des pays limitrophes d’Asie.
Quant à l’argument économique, il consiste à dire que les pays européens, avec leur industrie extrêmement puis-
sante constituent un grand danger pour la jeune industrie soviétique; or, il n’en est certainement pas de même pour les pays asiatiques qui ne peuvent songer à concurrencer l’industrie russe. Bien mieux, l’évident intérêt des pays asiatiques, comme c’est d’ailleurs celui de l’U. R. $. $., est d'aboutir à une étroite collaboration économique.
Nous trouvons cette double explication — politique et économique — de la politique commerciale des Soviets en Asie, chez tous les économistes de l’U. R. $S. S2.
Cette tendance générale à accorder un régime de faveur aux pays asiatiques se fait jour non seulement dans la presse économique de l’U. R. $. S. mais est confirmée par des discours des membres du gouvernement, et par des ordres du jour votés par des organisations officielles.
Il est intéressant de citer à cet effet le discours de M. Froumkine, commissaire-adjoint pour le Commerce extérieur, prononcé à l’occasion de l’inauguration de la Chambre de Commerce russe pour les pays d’Asie, le 10 décembre 1922.
« Nos intérêts économiques, dit-il notamment, concordent avec ceux des peuples asiatiques. Nous considérons différemment les pays d'Orient et ceux de l’Occident. Par rapport à l'Occident, nous nous voyons contraints à prendre une série de sévères mesures pour défendre, — au moyen du monopole du commercé extérieur — , notre économie