Kaufmann, op. cil., p
?. Ainsi, p°r exemple, M. Tchelzoff estime qu'il y a « unité d'intérêts politiques entre l'U. R. $S. S. et les pays asiatiques par rapport au monde capitaliste. L'Etat soviétique... comme c’est naturel, témoigne sa sympathie à l'égard des pays asiatiques qui aspirent à se libérer de la pression impérialiste des Etats capitalistes: par conséquent, l’U. R.S. $. contribue dans toute la mesure du possible au développement économique et à l'accroissement des forces de production des pays asiatiques ».
Mais, d'autre part, il y a des considérations économiques qui corroborent cette attitude de l’U. R. S. S. à l'égard de ses voisins orientaux :
«.. La production des pays asiatiques, tant dans le domaine de l’industrie que dans celui de l’économie rurale, ne peut concurrencer l’'U. R. S. S. ni par la qualité de sa production, ni sous le rapport de ses possibilités d’écoulement. D'autre part. l’U. R. S. S. a toutes les raisons d’espérer une pénétration intensive de ses produits industriels dans les pays d'Orient, dont les marchés ont de tous temps été largement ouverts à nombre de produits soviétiques. Par ailleurs, l'U. R. $S. $. a intérêt à importer certaines matières premières des pays asiatiques (fibre, coton, laine, soie, etc...); la culture de ces produits n’étant pas suffisamment développée dans les pays d'Union soviétique, celle-ci doit les comprendre dans la liste des marchandises à importer ». Voir Tchelzov, Voprossy Torgouli, Moscou, avril 1929,
nationale et empêcher qu’on ne nous « colonise » pour: « bazarder » ensuite nos stocks de matières premières; il. n’en est plus de même, par contre, pour nos voisins orientaux, à l’égard desquels nous ferons preuve de la plus grande bienveillance, afin d’organiser au plus vite les échanges entre ces pays et nos Républiques soviétiques. »
Plus tard, notamment en janvier 1924, le commissaire, du peuple pour le Commerce extérieur, Krassine, au cours du Ile Congrès des représentants plénipotentiaires du Commissariat du Peuple pour le Commerce extérieur, déclara que les intérêts de l’U. R. $S. $. en Asie ne peuvent, . en aucune façon, se trouver en conflit avec les intérêts économiques des peuples d’Asie.
«Nous sommes, a-t-il même ajouté, intéressés au plus haut point au développement de la civilisation orientale, au développement politique et économique de l'Orient, car notre propre industrie et notre commerce ne peuvent que bénéficier de tout accroissement des forces productrices de l’Orient. » |
L'ordre du jour adopté par le Congrès, après le discours de Krassine exigeait, à son tour, que « des conditions spéciales fussent accordées au commerce avec l'Orient, conditions nettement distinctes de celles faites à l’Occidentt ».
En application de ces principes, une série de mesures fut prise. Dès l’automne 1922, les négociants des pays limitrophes en Asie obtinrent des privilèges provisoires aux foires de Bakou et de Nijni-Novgorod. Ces privilèges les soustrayaient à l’obligation de demander des licences d'importation ou d'exportation pour de nombreuses catégories de marchandises. Ils avaient le droit de commercer librement sur toute l'étendue du territoire de l’Union soviétique.
Ainsi, par exemple, en vertu du décret en date du 29 mars 1923 du Commissariat du Peuple pour le Commerce extérieur (n° 58, complété par les circulaires n° 61 du 51 mars 1923, n° 150 du 30 juillet 1924, et n° 225 du 24 novembre 1924) de nombreuses catégories de marchandises d’origine persane (produits agricoles et de fabrication arti-