D' Hans Doe vel, Wirischafisdienst, 29 septembre
PROCÉDÉS EMPLOYÉS PAR L'U. R. 8. 8, 5b
En raison du monopole persan du commerce extérieur, les marchandises importées en Perse furent contingentées, mais VU. R. S. $S. obtint un quantum extrêmement favorable. Pour certaines catégories de marchandises, telles que le sucre, les allumettes, le naphte, et ses sous-produits, l’U. R. $S. S. réalisa un véritable monopole de fait (100% des importations persanes), pour d’autres, comme le caoutchouc, 92%, etc.
Le principe de la compensation pour les importations et les exportations des deux pays contractants est établi.
Toutefois, la presse économique allemande estime que ce traité est extrêmement avantageux pour l’'U. R. $. S.L:
Après l’abrogation du monopole du commerce extérieur en Perse — les exportations soviétiques en ce pays, malgré le traité, commencent à dépasser sensiblement le chiffre des importations. Cette situation mécontente vivement les milieux commerciaux persans qui organisent le boycottage des marchandises soviétiques. Le boycottage, déclaré en février 1933, est maintenu pendant six mois. L'U.R.S.S., à titre de représailles, ne délivre plus de licences pour le transit de marchandises persanes à destination de l’Europe centrale qui s’effectuait normalement via Batoum-Bakou- Pählevi et Batoum-Djulfa-Tabriz. Cette situation devient extrêmement dommageable pour la Perse. Le gouvernement persan exerce une pression sur les milieux commerciaux. Après de laborieuses négociations entre le ministre des Affaires étrangères de la Perse, M. Forughi avec les délégués des chambres de commerce persanes, le boycottage est levé. La Perse se voit contrainte à céder, sans avoir obtenu la moindre concession de l’U. R. $. $.
Les économistes soviétiques s'appliquent à démontrer que le boycottage par la Perse des marchandises soviétiques était une simple mesure vexatoire dont il est difficile de trouver la justification. Selon la version soviétique, si le chiffre des exportations de l’U. R. S. $. en Perse dépasse notablement le chiffre- des importations de marchandises persanes en U. R. $. $., il faut en attribuer la cause uniquement à l’état déplorable des routes persanes, au manque de moyens de transport qui rendent dif-
1, Ostwirischaft, décembre 1931,
ficiles notamment les échanges entre les provinces persanes septentrionales et les provinces situées sur les bords du golfe Persiquel.
Cette analyse de la politique économique soviétique à l'égard des pays asiatiques démontre à l'évidence que le vœu exprimé dans le passage final du discours de Krassine, prononcé à l’occasion du deuxième congrès des représentants commerciaux soviétiques en 1923, que nous reproduisons ci-dessous, ne fut pas réalisé :
« Nous ne devons pas oublier un instant le commandement fondamental de notre politique orientale, notamment une attitude bienveillante, fraternelle à l'égard des peuples d'Orient, commandement dont l’observation nous est plus chère que les réussites matérielles immédiates?. »
Quant aux auteurs non-soviétiques, allemands surtout, ils vont jusqu’à prétendre que la Russie des Soviets ne fait que poursuivre en Asie la politique d'expansion de l’Empire des Tzarsÿ.
En effet, on rencontre dans les « Articles spéciaux » annexés au Traité de commerce et de navigation, qui avait été conclu le 28 juillet 1907, entre la Russie et le Japon « la clause asiatique » suivante :
€ Il est entendu que les réserves suivantes ne sont pas censées déroger au présent Traité, en tant qu’exceptionnelles et indépendantes des règles généralement appliquées au commerce et relations extérieures; les dites réserves ne peuvent, en aucun cas, être invoquées au préjudice des principes du traitement national et de celui de la nation la plus favorisée, établi par le présent traité, sauf pour les exceptions ci-dessous indiquées :
« De la part de la Russie :
€ Art IV. — Les dispositions qui se rapportent au com-