Revue économique de l’U. R. S. S., mars 1934, p
il n’ajoute rien au plaidoyer en faveur du monopole du commerce extérieur, puisqu'’une impulsion analogue eût pu émaner de n'importe quel trust économique, passant des commandes dans ce pays.
Une question se pose. Quelles mesures, les maisons étrangères peuvent-elles adopter pour égaliser les chances des parties contractantes ? |
De nombreux essais d’ententes économiques eurent lieu, ayant pour but la réalisation d’un « front commun » qui devait permettre, dans l'esprit de leurs organisateurs, de contrebalancer l’atout puissant que constituait pour les . représentations commerciales le monopole du commerce extérieur.
De nombreuses tentatives eurent lieu pour organiser dans chacun des grands pays producteurs, des syndicats de vente, groupant pour chaque branche de production toutes les industries nationales.
On essaya même d’ébaucher une sorte d’entente internationale, quelque chose comme une confédération de cartels ou de groupements industriels de différents pays.
Le gouvernement soviétique a toujours suivi cette question avec une extrême vigilance et n’a jamais caché son hostilité à toute entente de ce genre.
Bien que certains dirigeants soviétiques reprenant l’idée de Lénine, estimaient que des capitalistes rivaux ne pourraient jamais s'entendre pour aboutir à un front économique commun!, le gouvernement de l’U.R.S. S. jugea plus prudent de veiller au grain, et de riposter immédiatement par le boycottage de firmes, cherchant à former des ententes économiques. D'autre part, il s’efforça d'insérer dans
1. «Les intérêts des pays capitalistes, les intérêts des particuliers sont trop contradictoires pour qu'il soit possible de les concilier; étant donné l'unité et la centralisation de notre système commercial, il n’y a pas de difficulté insurmontable à manœuvrer de façon à intéresser à nos opérations les groupes capitalistes et les firmes avec lesquels, moyennant certaines conditions, une entente provisoire peut se faire. Par contre, une pression, pouvant aller jusqu’au boycottage, devra être exercée sur les groupements et sur les firmes, avec lesquels une entente s’avérera comme impossible. De cette façon, tôt ou tard, il sera toujours possible de rompre le front capitaliste unique, et ce moyen extrêmement sûr demeurera à notre disposition, aussi longtemps que nous aurons conservé le monopole du commerce extérieur » (L. E. Krassine , Problèmes de commerce extérieur, Moscou -Léningrad, 1928, p. 256).
les traités de commerce une clause spéciale, interdisant des ententes de ce genre.
Un article de Ekonomitcheskaia Zchizn mérite d’être cité à cette occasion.
Cet organe officiel écrit :
« Les organismes soviétiques doivent surveiller attentivement la concentration des forces capitalistes, tendant à contre-balancer le monopole du commerce extérieur. Pour autant que l'économie capitaliste comporte des monopoles privés, le gouvernement soviétique est bien obligé de s’en accomoder. Mais il mènera une lutte implacable contre toute entente visant exclusivement le commerce de l'Union soviétique. Dans cette éventualité, les représentations commerciales à l'étranger devront sans délai déclarer le boycottage des organisations en question. Le gouvernement soviétique n'exige point de l'étranger qu'il modifie ses méthodes commerciales, mais il prend ses précautions pour ne pas laisser des méthodes spéciales s’instaurer dans les échanges avec l'Union soviétiquet. »
La thèse soviétique s’appuyait sur l'argument suivant : le monopole du commerce extérieur est une loi organique de l’Union, il joue, par conséquent, dans les relations commerciales de l’U.R.S$.S. avec le monde entier; quant aux groupements étrangers en question, ils constituent une mesure dirigée contre l’'U. R. S. S.‘exclusivement.
Cette argumentation ne tient pas compte du fait que l’'U.R.S.S. est l’unique pays, qui ait instauré le monopole du commerce extérieur et que les groupements projetés avaient précisément pour objet la protection contre la pression exercée par une institution aussi puissante.
Quelques tentatives furent faites en Allemagne, le premier parmi les grands pays européens qui ait entamé des relations commerciales avec la Russie Deus pour organiser des cartels d’exportations.
Parmi ces cartels, on peut citer {gerussko, l'union des industries de matières colorantes, le cartel des industries des machines-outils, le Russlandsausschuss der Deutschen Wirischaft, ces groupements sauf le dernier n’eurent qu’une existence éphémère et de peu d'importance.