ETC
d'Italie. Celui-ci les inscrivait, après s'être assuré que les conditions offertes étaient satisfaisantes. Les contrats étaient ensuite retournés aux employeurs, lesquels n’avaient plus qu’à les adresser aux ouvriers. |
Ce recrutement était d’ailleurs limité en nombre. Une entreprise ne pouvait pas établir plus de 20 contrats individuels par an (1), par groupes de 5 au maximum, échelonnés à 15 jours au moins d'intervalle.
20 Recrutement collectif.
Les employeurs établissaient, sur formule-type, une demande numérique, en groupant les ouvriers demandés par catégories. Après visa par le Ministère du Travail français, la demande était transmise à l'ambassade d'Italie. Celle-ci, si les conditions offertes étaient satisfaisantes, transmettait à son tour la demande à la Direction générale des Italiens à l'étranger, à Rome.
30 Recrutement mixte.
La demande était établie sur formule du même type que la demande collective. Mais, à cette demande, les employeurs pouvaient joindre une liste des ouvriers qu’ils désiraient recruter nominativement, le nombre de ceux-ci ne pouvant dépasser 5 % de la demande totale.
Après visa, comme ci-dessus, des contrats individuels étaient établis par les autorités italiennes pour les ouvriers nominativement désignés, et adressés à ceux-ci.
La demande était ensuite transmise à un service régional de l'Émigration italienne, pour satisfaction à donner à la partie collective de la demande.
Ce mode de recrutement était le plus apprécié des employeurs ayant de gros besoins de main-d'œuvre, mais désirant aussi recevoir des ouvriers qualifiés — ou, tout au moins, connus d'eux : il réunissait, en effet, les avantages du recrutement collectif et ceux du recrutement nominatif, sans être strictement limité, comme celui-ci.
Actuellement : |
19 Le recrutement nominatif n’est plus admis que pour une catégorie d'employés ou d'ouvriers nettement délimitée ingénieurs, chefs de chantier, chefs de rayon, dessinateurs, conducteurs de machines-outils, mécaniciens-ajusteurs.
(1) Une circulaire du 6 maï 1922, pour empêcher que l’on ne demande plus de 20 ouvriers, individuellement, dans l’année, en s'adressant à plusieurs Consulats, prescrit qu’une entreprise ne peut adresser valablement sa demande qu’au Consulat de la Circonscription où se trouve son siège social,
20 Toutes les autres demandes doivent s'appliquer à des ouvriers non désignés d’une façon personnelle.
30 Cependant les employeurs peuvent continuer à désigner nominativement les ouvriers ayant travaillé déjà dans leurs entreprises, et qu’ils désireraient être recrutés par préférence. Ils doivent, dans ce cas, joindre à leur demande collective une feuille portant les noms, prénoms, adresses, des ouvriers réclamés ainsi que l’indication de la période où l’ouvrier a travaillé chez eux. Demande collective et liste nominative sont transmises aux autorités italiennes qui se réservent, dans tous les cas, de recruter — ou non — les ouvriers ainsi demandés.
Le chef du département des fasei à l'étranger, M. Pierre Parini, a déclaré à ce sujet que « les employeurs des paysétrangers qui désirent de la main-d'œuvre italienne l’auront à la condition de s'adresser directement aux consulats italiens et aux représentants des fasci italiens à l'étranger. » Dans le même ordre d’idées, M. Mussolini a déclaré, dans un discours prononcé le 28 septembre 1929 au grand conseil fasciste :« Nousenverrons à l'étranger, non plus les Italiens indignes, mais ceux qui ont compris que l'émigration italienne doit être à l'étranger un document vivant de notre fierté patriotique, de l'expansion de cet esprit fasciste qui a renouvelé lItalie et qui orientera le monde entier dans sa marche à la conquête de l’avenir ».
Tous ces moyens de restriction ont eu une efficacité certaine, puisque la Prensa du 13 novembre 1928 écrit : « Depuis la fin « de 1927, Rome met obstacle, par de très sérieuses mesures « restrictives, à la sortie spontanée des ouvriers et agriculteurs « désireux de se fixer dans des pays de leur choix, pays parmi « lesquels l'Argentine se place au premier rang.
« Du 1% janvier au 31 octobre, le nombre d’Italiens arrivés « en Argentine n’est que de 22.080 au lieu de 55.641 pendant la « même période de l’année dernière. Le déficit (33.561) est donc « supérieur de plus de 50 % au nombre des arrivées. »
L’émigration étant ainsi de plus en plus interdite, il était à craindre que l’émigration clandestine, qui est inévitable, ne se développät et que son intervention n’annulât en grande partie les effets de la politique du gouvernement italien contre l’émicration. Aussi le décret-loi du 6 novembre 1926 (Gaz. Uf}., 8 novembre 1926) a-t-il considérablement augmenté les peines infligées à ceux qui émigrent clandestinement. Ces peines sont de 2 ans de prison et 20.000 Lires d'amende, au minimum, si lémigration a lieu pour un fait politique, et lorsqu'elle ma lieu
que pour des raisons économiques ou personnelles, l’émigration clandestine est punie de 6 mois de prison et de 2.000 Lires. d'amende. D’autre part, il est permis aux gardes-frontières de faire feu sur tous ceux qui tendent de sortir d'Italie sans être
eu règle.
c) L’émigration intérieure.
L'émigration extérieure étant ainsi réduite dans une proportion extrêmement importante, il fallait s’occuper de trouver, à l’intérieur de l'Italie, des emplois pour la main-d'œuvre qui, jusqu'alors, partait en chercher à l'étranger. Autrement, le chômage aurait augmenté dans des proportions considérables. et forcé toutes les barrières que le gouvernement mettait à l’'émigration.
Pour cela, il fallait : ;
1° Mettre en valeur l'Italie de façon à accroître sa puissance productive ;
2° Développer l’émigration intérieure de façon à diriger vers les territoires à densité faible, la population des provinces à forte densité, qui s’en allait à l'étranger.
Le Gouvernement se mit à l’œuvre pour résoudre ces deux problèmes et des solutions extrêmement intéressantes furent adoptées. Certes, ces mesures avaient déjà été envisagées auparavant, pour la plupart, mais leur exécution n'avait donné aucun résultat.
Tous ces projets prévoyaient une aide à apporter aux provinces du midi. Le plus intéressant fut celui, déposé en 1911 par le sénateur Franchetti, qui avait pour but de coloniser la Basilicate. L'Association pour les Intérêts du Midi, fondée à cette occasion, aurait aidé les émigrants rentrants, en leur fournissant un petit pécule, qui leur aurait permis d’acheter, à des prix très avantageux, des lots de terre de 10 à 15 hectares de superficie.
Mais tous ces projets n’avaient, en fait, donné aucun résultat pratique, lorsque le Gouvernement fasciste décida de s'occuper de la question.
Les travaux de remise en culture avaient été tentés par les. Gouvernements italiens antérieurs au fascisme. On peut lire. dans le Popolo d’ILialia du 23 mai 1929; une étude sur l’action agraire et l'amélioration de la terre à Sanluri : mais cet article
montre que l’œuvre d'amélioration n’a vraiment commencé qu’en 1920, c’est-à-dire à peu près au moment où le gouvernement fasciste a établi son autorité en Italie : « Dans son récent voyage en Sardaigne, le Roi a eu l’occasion de visiter, entre autres, les travaux d'amélioration agraire de Sanluri, et de constater les résultats importants qu’a déjà obtenus l'Œuvre Nationale des Combattants, que le gouvernement fasciste a placée à l'avant-garde des organisations qui travaillent pour la renaissance agricole du pays.
Aussi voulons-nous parler aujourd’hui de cette œuvre où nos glorieux soldats font revivre par leur travail agricole quotidien la tradition romaine du « miles agricola ».
L'exploitation, connue sous le nom d’Établissement Victor Emmanuel II, se trouve dans la zône marécageuse de Sanluri. Quoique, depuis un siècle, elle eût suscité de grandes espérances, et eût été l’objet de divers textes législatifs, elle se trouvait en mauvaises conditions, tant au point de vue hygiénique qu'hydraulique et agricole, lorsqu'elle fut attribuée à Œuvre Nationale des Combattants qu en peu de temps, y a fait du bon travail.
On raconte que le roi Charles-Albert offrit l'étang de Sanluri à des Pères Trappistes, désireux de fonder une colonie agricole en Sardaigne, et que ceux-ci refusèrent l'offre en faisant remarquer que pour valoriser ce lieu «il serait nécessaire de le remplir de pavés, pour le couvrir, ce qui coûterait fort cher ».
Charles-Albert concéda ensuite l’entreprise de cette œuvre agricole, par Lettre- Patente du 14 avril 1838, à une Société française ; et le fait que le vice-Roiï de Sardaigne annonça solennellement l’événement à Cagliari sert à démontrer combien l’entreprise devait alors paraître ardue et grandiose, comme elle l’est réellement d’ailleurs ; et ses résultats devaient être très importants au point de vue économique et social.
Il s'agissait en effet de dessécher en 3 ans 2.500 hectares de terrain, sur lesquels, avant 1847, devaient être créées 4 fermesmodèles, avec maisons, écuries, écoles, etc. La Société devait, en outre, rendre cultivables 800 hectares de terrains, sur lesquels la Société agricole de Turin et de Cagliari devait faire des expériences de culture de tabac, de canne à sucre, d’indigo et d’autres
plantes exotiques.
Les travaux furent commencés rapidement et poussés éner-
giquement. Le 30 septembre 1839, était envoyé au Ministère un rapport qui indiquait que « l’étang était entièrement desséché
de façon à pouvoir être traversé à pied ou à cheval dans toute sa superficie, et de pouvoir être utilisé pour la culture à la saison suivante ». Mais les grandes difficultés techniques et financières qui suivirent usèrent la bonne volonté de la Société. Elle fut déclarée en faillite en avril 1857, et les biens mis à l’encan.
De 1857 à 1903, les lieux restèrent à l’abandon et les canaux de dérivation, par l’incurie des propriétaires et la pâture du gros bétail, se bouchèrent ; en peu de temps, le terrain redevint marécageux. En janvier 1903, le gouvernement, cédant aux vœux de la population, se faisait remettre les terrains par les propriétaires et établit un projet d'amélioration par des travaux hydrauliques appropriés. Après diverses tentatives de valorisation agricole, on créa un « Institut autonome d’amélioration agricole et de colonisation pour la Sardaigne ». Malgré de louables efforts, les résultats obtenus furent si insuffisants que le Gouvernement dut procéder à la dissolution de l’Institut.
Le décret du 24 septembre 1919 attribua le fonds à l'Œuvre Nationale des Combattants, avec l'obligation de procéder à tous les travaux d'amélioration agricole, de ‘colonisation et de concession en faveur d'anciens soldats sardes, principalement dela province de Cagliari.
Quand PŒuvre Nationale des Combattants reçut les lieux, les travaux hydrauliques étaient presque terminés, mais seulement assez pour que les terrains pussent être transformés en pâturages. Avant de commencer l’œuvre d'amélioration agritcole, PO. N. C. entreprit la lutte contre le paludisme. Destra vaux d’aplanissement du terrain furent exécutés, ainsi que des travaux hydrauliques. En même temps, on construisit des baraquements pour abriter les travailleurs et leurs machines S puis on édifia des maisons pour la Direction et le personnel, des écuries et des granges. Pour ces travaux, on eut besoin de dizaines de milliers de mètres cubes de sable et de cailloux qui furent tirés du torrent Leni, qui coule à 5 kilomètres du périmètre Sud-Est de la concession, et pour cela, on dut établir un chemin de fer Decauville. ;
La transformation agraire commença en 1920. Le fonds reçut tout le matériel nécessaire aux grandes entreprises : charrues à vapeur et à chenilles, moto-tracteurs, ete. On arracha des multitudes de cistes et autres broussailles, tandis que tous les petits fossés étaient comblés. En 1920, il y avait sur leg
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lieux 39 têtes de bétail : sil y en a maintenant 204 «et ce nombre doit être augmenté PRE Re sous peu de temps. On a planté des oliviers, des robiniers, des müûriers ; on a installé une pépinière ; on a construit des bassins pour l'eau, etc.
Actuellement, les travaux exécutés comprennent :
Pour l'amélioration hydraulique : 2 km. 6 de canaux ; 26 km. 4 de routes empierrées. Le coût de ces travaux est de 6.122.000 Lires.
Pour l’amélioration agricole : défrichement, 1.640 hectares ; routes, 21 kilomètres ; canaux, 19 kilomètres.
Pour Fasiélioration: detE batir : un hôpital, des infirmeries, etc. »
Cet article montre: bien que l’œuvre d'amélioration agricole, déjà entrevue ou tentée avant le fascisme, n’avait pas réussi, car on n’y avait apporté ni l'énergie, ni les moyens nécessaires.
Lorsque le gouvernement fasciste fut au pouvoir, les travaux. de mise en valeur furent entrepris dans toutes les provinces, avec une grande envergure, pour développer leurs richesses naturelles et leur production. À cette fin, l’on dépensa des sommes considérables. C’est ainsi qu’en 1925, l’on dépensa 293:815.105 Lires pour des travaux :
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