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Les travaux continuent sans arrêt ; c’est ainsi qu’en janvier 1930, on a affecté 1 million de lires pour des travaux agricoles dans la province de Modène.
Le Gouvernement démontrait ainsi qu'il mettrait tout en œuvre, en vue de valoriser d'importantes ressources économiques, laissées jusqu'alors de côté, et de développer tout ce qui pouvait efficacement contribuer à développer la production nationale : remise en état des pays dévastés par la guerre ou les tremblements de terre ; construction d’aquedues ; travaux
hydrauliques, de drainage ; amélioration du sol ; établissement de canaux ; amélioration de la navigation fluviale et des communications.
Dans les provinces de Reggio et de Messine, il y avait encore, en 1925, 172.000 personnes, victimes du tremblement de terre de 1909, qui logeaient dans des baraquements. Le Gouvernement dépensa 835 millions de Lires, afin de les loger d’une façon plus confortable. Il envoya sur les lieux des techniciens bien préparés, qui mirent rapidement en œuvre toutes les ressources dont ils disposaient, et la reconstruction s’opéra plus vite qu’au rythme ancien. D’autre part, les constructions ne furent pas établies n’importe comment, mais comme il convient de le faire
dans des régions fréquemment bouleversées par des tremble-
ments de terre.
Pour ce qui concerne les aqueducs et l’amélioration du Midi, on avait déjà, antérieurement à 1922, fait certains travaux ; mais, en raison de la nature des terrains, du climat, de l’insuftisance fluviale, tous les travaux effectués, à une échelle beaucoup trop restreinte, n'avaient eu aucun résultat pratique. Aussi le gouvernement fasciste décida de se consacrer à l’œuvre intégrale de la mise en valeur de l’Italie, et principalement des provinces méridionales. Dans le seul exercice financier 1925-1996, 7.000.000.000 de Lires furent prévus en Italie pour des travaux publics (construction de chemins de fer et de routes).
En ce qui concerne les ports, les grandes escales furent dotées de tous les perfectionnements, en vue d’en faire de grands ports mondiaux, au lieu de distribuer à tous les petits ports une somme sensiblement égale, insuffisante pour chacun — ce qui n’est que de la manne électorale. Dans ces derniers, on ne fit que les constructions nécessaires au petit cabotage et au refuge des navires, en cas de sinistre. .
Pour les cours d’eaux, l’utilisation de la force hydro-électrique et l'irrigation étaient un problème complexe, intéressant l’économie italienne et tout son avenir. Aucun gouvernement, dans le passé, n’avait été capable d’affronter de tels problèmes avec la vision large et grandiose, qui caractérise les conceptions du gouvernement fasciste. Les initiatives prises en vue de doter l'Italie d’un système hydro-électrique, tel que doit en comporter un pays possédant une inépuisable réserve de houille blanche, les travaux effectués pour tirer parti de la richesse hydraulique et l'utiliser à plein rendement — au point de vue électrique et agricole, démontrent que le problème de l’eau est entré
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En vue de diriger et de surveiller la renaissance économique et sociale des provinces du Sud et des Iles, un projet de loi fut voté par la Chambre des Députés le 18 juin 1925, sans les dis- Cussions qui, dans certains pays, paralysent pendant de longues années la mise en œuvre des réformes indispensables. Ce projet de loi avait pour but de créer, dans l’Italie méridionale et insulaire, des « propréteurs » des Travaux publics. Le 4 juillet, le ‘Conseil des ministres approuvait le projet de loi, et le 15 août 1925 les offices fonctionnaient partout, sauf à Naples où un Haut Commissaire avait été établi.
Pour remplir ces fonctions de propréteurs, on choisit non pas seulement des techniciens, déjà formés par des travaux et éprouvés dans des missions antérieures — mais surtout des hommes ayant des qualités d'organisation, des dons de commandement, et la connaissance des problèmes les plus importants pour la région à laquelle ils avaient été affectés, ce qui leur permettait, évidemment, de pouvoir fournir un travail utile et profitable au pays.
Ils furent soustraits à la politique locale et aux sollicitations -des hommes politiques et des soumissionnaires aux travaux publics, car le ministre décida que toutes les sollicitations, de n'importe quelle sorte, devraient passer par son seul intermédiaire. Les propréteurs, ainsi délivrés des intrigues locales, <urent pour mission de ne donner suite qu'aux travaux dont le résultat serait certainement efficace ; si, en exerçant leur mission, ils se trouvaient en face de travaux approuvés précédemment, mais ne répondant pas à un but d'utilité pour l'Economie Nationale ou sans rapport avec les exigences des intérêts publics, ils devaient proposer que l’on renonçât à leur exécution. Le Ministre des Travaux publics, Giurati, mettait en relief leurs travaux, six mois après leur constitution, en déclarant à la Chambre : « La loi du 7 juillet 1925 a fixé aux propréteurs un « termé de six mois, pour présenter un plan de Travaux publics « à exécuter dans la zône du Midi, qui leur était affectée. Elle « commença à fonctionner le 15 août, et, à la fin du terme « assigné, tous — avec une ponctualité exemplaire — avaient « présenté des plans intéressants et mûrement étudiés.
« Je puis ajouter qu’un grand amour du pays et une conscience « professionnelle, affranchie de considérations préétablies, pré- « sident à la mise à exécution de ces plans, dont j'attends la
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« renaissance effective du Midi. L’on pourra dire que le Gouver- « nement fasciste aura plus fait, en six mois, que les Gouverne- « ments qui l’ont précédé, en 60 ans . »
Une idée de l’importance du développement que tendent à prendre les Travaux publics dans la région méridionale et msulaire de l'Italie, comprise dans les circonscriptions des propréteurs, est fournie par le tableau ci-après, qui indique les mouvements pour le mois de janvier 1926.
Régions Valeur Valeur
Travaux commencés Travaux terminés
Abruzzes et Molise. SOLAR 182.258 | 4.185.263 C Dani .884..274 | 26 .876.872 | 7.401.552 Ï .180. 403 2437:558 | ‘1.504.307
14] 9.557.053 .237.617 | 5.872.643 Payements non répartis. 35.958
150163.536.038 | 64 hr .998.248 [44.356.411 (1)
Le Gouvernement ne se désintéressait d’ailleurs pas de la question du logement des ouvriers occupés à l’exécution des travaux publics dans les endroits, inhabités jusqu'alors, et destinés par la suite à servir de résidence aux cultivateurs. Il prit à ce sujet une initiative intéressante et pratique et lon établit à cet effet un type de village approprié. Cette réalisation remédia à deux graves inconvénients qui avaient gêné l’exécution des travaux jusqu’à cette époque : l’on se préoceupa du climat, et l’on tint compte des maladies particulières à chaque endroit. En outre, pour assurer le suecès économique de l’entreprise, on eut égard à la tendance qu'ont les cultivateurs à vivre près de leurs champs. On établit ces villages près des. chemins
(1) Le plan d'ensemble, tel qu’il a été exposé le 14 septembre 1929, prévoit une dépense de 2.300.000.000 de Lires pour bonifier 16.000 kilomètres carrés de territoire et 374.000.000 de Lires pour des travaux d’irrigation.
Au Ministère de l'Economie nationale, transformé le 12 septembre 1929 en Ministère de l'Agriculture et des Forêts, a été nommé un Sous-Secrétaire d’État de la Bonification.
de fer, des nœuds de routes, et de l’eau ; l’on édifia ainsi, en peu de temps et à peu de frais, des constructions pratiques, bien situées et durables.
On ne perdit d’ailleurs pas de vue le côté économique et social de ces dépenses. Aussi, pour ne pas créer de nouveaux centres dans des lieux où la population ne pourrait habiter,on consultait, avant de procéder à l'établissement d’un nouveau village, les directeurs des chaires ambulantes d’agriculture et des médecins de la province. Les premiers s’assuraient de la qualité de la terre au point choisi, et les seconds indiquaient les conditions d'hygiène à remplir. ea le Midi et dans les Iles, la tâche des . propréteurs était facilitée par des experts détachés auprès d’eux.
En même temps que l’on construisait ces villages-types, on entreprenait des travaux d'amélioration agricole, des travaux hydrauliques, des routes et des chemins de fer à travers des régions qui, jusqu'alors, en étaient dépourvues.
Pour donner un exemple de l’ampleur de ces travaux et de la méthode et de l’organisation apportées à leur exécution, nous citerons les travaux entrepris dans la région de Sybarie : leur but était de rendre cultivables 140.000 hectares de terrains, au prix d’une dépense de 400 millions de Lires.
L’ancienne réputation de l’opulente Sybarie ne doit pas tromper sur ce qu'était devenue cette région et l’état dans lequel elle se trouvait il y a quelques années encore.
Sybarie est la tête de ligne du chemin de fer qui conduit à Cosenza, et qui est le seul qui parcoure partiellement la Calabre dans le sens longitudinal ; mais ce n’était qu’un lieu de transit, avec quelques habitations pour les employés de chemin de fer et les voyageurs ne s’y arrêtaient pas.
La plaine de Sybarie s’étend en amphithéâtre vers les collines et montagnes qui l’enserrent au loin. Au point de vue orographique, elle est traversée par le Crati, qui vient de Cosenza, et ses affluents : le Salanesso, le Caldenello, le Sciarapattolo, et le Raganello, ainsi que l’Eguno, le Coscile et l’'Esaro ; à côté du Crati, d’autres ruisseaux, le Malpomento, le Seccalardo, etc. : ainsi les cours d’eau coulent de toutes parts, les rives sont souvent noyées et au débouché de la zône alpestre, il y a d'énormes cônes de déjection de sable et de graviers.
La cause de tout le mal a été l’allotissement des domaines communaux, la constitution de la petite propriété dans la montagne, le pâturage destructeur des moutons et des chèvres ;
l’eau, qui coule à sa guise, sans système régulateur, stagne dans la plaine, détruit les routes, et rejoint la mer par infiltration -
Sur la plaine, traversée par des torrents, couverte de marais, sévit la malaria. Il y vit 3.000 habitants au plus, alors qu’elle pourrait en nourrir plus de dix fois davantage. Les 3 /4 du terrain appartiennent à quelques gros propriétaires ; le reste est morcelé entre de tout petits propriétaires, qui ne tirent de leurs terres qu’un bénéfice infime. De juin à septembre, époque de malaria intense, les travailleurs de l'Italie septentrionale refusent de s’y rendre, par crainte de la maladie. Il n’y pousse que très peu de blé ; sur le reste du sol, de maigres pâturages, des broussailles près des marais — et dès le mois de mai, le tout est brûlé par le soleil.
Le baron Guido Campagna conçut le plan des travaux d’amélioration de cette région : les indigènes ne pouvant le réaliser, il s’en ouvrit à des personnalités de l'Italie du Nord, qui firent étudier la nature de la terre, etc., car l’on voulait réaliser une œuvre d'ensemble et non pas — comme en période électorale — reboiser quelques friches ou canaliser une rivière sur quelques centaines de mètres. ;
La « Société pour la mise en valeur du Midi » entreprit d’améliorer 440.000 hectares de terrain, en commençant par reboiser la montagne, entièrement privée de son antique végétation. Puis, sous la conduite de l'ingénieur Saceti, on travailla vigoureusement dans la plaine ; les ruisseaux sont régularisés ; les “routes sont cimentées ; des canaux conduisent à la mer l’eau des basses terres. Deux routes sont commencées ; 8 villages ont été créés avec leurs églises et les édifices nécessaires à la vie commune, pour abriter d’abord les travailleurs, ultérieurement la population de la plaine ; des aqueducs ont été construits. La durée prévue pour la totalité des travaux est de cinq ou six ans; mais, quand ils seront terminés, le pays tout entier retirera un bénéfice de cette œuvre grandiose d'intérêt public.
Cet effort de l'Italie est une preuve de sa volonté bien enracinée d’arrêter l’'émigration, mal dont elle a souffert pendant de longues années. Le sacrifice financier qu’elle supporte doit donner un résultat certain.
Certaines régions, comme la Basilicate et la Sardaigne, ont une population trop clairsemée, relativement à leur étendue, et : ne sont pas en mesure de se suffire à elles seules. D’où la nécessité d'augmenter la population, nécessité d’autant plus urgente que le rythme d’exécution des travaux est plus rapide. D’un autre
côté, Hé Nord, et certaines provinces du Centre et du Midi, ont
une non en surnombre, qui peut facilement trouver son
emploi dans les endroits où la main-d'œuvre manque pour
exécuter les travaux publics, cultiver les terres soustraites au paludisme ou créer ou développer des industries.
Il fallait donc effectuer une péréquation de la population, en transportant celle qui est en surnombre vers les régions où elle manque (1). Ce n’est pas une opération entièrement nouvelle. C’est ainsi qu’en France, pour obvier au dépeuplement des plaines de la Gascogne, on y a transplanté un certain nombre de
. familles bretonnes (2) ; mais cette expérience n’a pas donné,
dans cette région, de résultats satisfaisants, car elle était conduite trop petitement, avec des moyens insuffisants et était mal dirigée : les familles amenées se sont senties isolées, et se sont “trouvées déracinées.
En Italie, au contraire, pour agir avec méthode et obtenir
de suite de bons résultats, on jugea nécessaire de créer un organe spécial, ayant toute la compétence administrative nécessaire, et composée de représentants de toutes les forces actives qui règlent la production. L’on créa, en conformité de la loi du 24 décembre 1925 (décret du 4 mars 1926) (Gaz. Uff. du 20 mars 1926), sous la direction de la Présidence du Conseil et près
du Ministère des Travaux publics, un Comité permanent pour
lEmigration intérieure.
Ce Comité fut composé (art. 1er) ainsi qu’il suit :
Le Commissaire Général pour lEmigration ;
Le Président du Conseil supérieur des Travaux publics ;
Le Directeur général des travaux hydrauliques et des travaux d'amélioration ;
L’Inspecteur général des chemins de fer secondaires, des tramways et automobiles ;
(1) Dans la feuille d’Informations Corporatives du Ministère des Corporations (numéro de juillet-août 1929), on lit : « L'Italie fasciste a une densité de population bien différente selon les régions. De là, la nécessité de faciliter le déplacement de la main-d'œuvre, d’une région à une autre, en cherchant à vaincre la tendance actuelle qui porte l’ouvrier à chercher son travail exclusivement dans la région habitée par lui. En d’autres termes, il faut rendre fluide et coulante la masse de main-d'œuvre. Ainsi, par la bonification, on n’aura plus à payer de subsides aux chômeurs, ce qui encourage l'oisiveté et le vagabondage.
(2) En 1920, des familles bretonnes avaient l’intention de s’expatrier et d’aller chercher fortune au Canada, et cet exode allait priver la France de bras précieux.
Ces familles furent dirigées sur le Sud-Ouest et s’y établirent.
En février 1927, il y avait, dans la Dordogne, 350 familles bretonnes.
Le Directeur général de l'Agriculture ;
Le Directeur général du Travail ;
Le Directeur général du Crédit ;
Le Directeur général dè PAdministration civile ;
Le Directeur général de la Santé publique ;
Le Directeur général de la Caisse des dépôts et prêts ;
Le Directeur général des Chemins de fer de l'État ;
Le Directeur général de la Marme marchande ;
Le Président de la Confédération des Corporations fascistes ;:
Le Président de la Confédération générale fasciste de l’Industrie ; |
Le Président de la Fédération italienne des syndicats agricoles fascistes ; | |
Le Président de la Fédération italienne des Améliorations ;
Le Directeur général de l'Œuvre Nationale des Combattants ;-
Le Directeur général de la Caisse nationale des assurances sociales.
Ce Comité (art. 2) a pour but d'étudier et de proposer les travaux nécessaires pour diriger le flux migratoire des provinces du Royaume, à population surabondante, vers les provinces moins habitées du Midi et des Iles, susceptibles d’une augmentation de production industrielle ou agricole. Pour ses travaux (art. 4), le Comité peut se faire aider par les Offices du Commissariat Général à l'Emigration et par ceux qui luisont adjoints ; par les offices centraux et locaux des ministères des Travaux publics, de l'Economie nationale, de l'Intérieur, des Communications ; par les Administrations provinciales et communales et les Institutions pour la tutelle et l’assistance sociale aux travailleurs.
Des essais de colonisation intérieure ont eu déjà lieu avec plein succès et de nombreuses familles ont bien supporté leur transport dans une région sensiblement différente par le climat, les habitudes de vie, la nature et les méthodes de travail, de celle dont elles étaient originaires.
La canalisation, vers le pays, du courant d’émigration, qui ne trouvait pas de débouchés importants dans les pays d'outre-mer et européens, rend ainsi moins sensible le fait que la population est inégalement répartie, et permet l’utilisation en Italie des énergies qui, dans le passé, allaient enrichir des pays étrangers.
Le Gouvernement italien résout, un à un, tous les problèmes de l’'émigration intérieure (1) :
(1) Le fascisem ne sera, en effet, satisfait (Rassegna Italiana 1925) que
[1 s'agissait, tout d’abord, de nourrir la population que le Gouvernement entendait maintenir sur le sol national. Or, jusqu'à présent, la production agricole était très insuffisante pour l'alimentation. Certains pensaient qu’une augmentation de la production agricole étaitchoseimpossible. C’est ainsi que M.Nitti disait : « Il est entièrement inutile (1) de mettre en valeur la campagne de Rome et la Sardaigne. On dépensera, en effet, un coefficient de cinq ou six pour améliorer des terres, dont le rendement ne pourra dépasser trois. On perd done entièrement Pargent que l’on consacre à ces travaux. » Cette opinion pessimiste m'était d’ailleurs pas partagée par tout le monde ; Luigi Luzzatti, le grand économiste et homme d'Etat italien, écrivait en mai 1921 dans le Journal d'agriculture de Plaisance : « Le tiers de la péninsule et des îles souffre périodiquement de la sécheresse ; mais il est possible d'y remédier par l'irrigation: L'utilisation des eaux tombées l'hiver, avec une préparation opportune des terres pour conserver l'humidité, la sélection des variétés précoces et la création, par hybridation, de types résistant au déficit de l’humidité, constitueraient autant de moyens de se libérer de la sécheresse. La Sicile et la Sardaigne présentent de splendides variétés locales, qui, sélectionnées en lignée pure, peuvent fournir d’excellents types résistant à la sécheresse. Les dépenses les plus fructueuses seraient celles qui seraient consacrées à porter la pratique agricole à la hauteur des connaissances scientifiques et techniques. On obtiendrait sûre-
ment une augmentation de trois quintaux par hectare, avec
une production de 65 millions de quintaux (2). La conséquence en serait l’indépendance économique, qui tient une si grande place dans l'indépendance nationale. »
Le Gouvernement fasciste fut optimiste et il engagea la srande bataille du blé qui a augmenté, dans les conditions que nous avons signalées plus haut, le rendement à l’hectare, et le rendement total de la production de cette céréale.
Le discours prononcé le 7 décembre 1929 par M. Mussolini, au cours de la distribution des prix aux vainqueurs de la bataille du blé pour l’année 1929, montre cet accroissement :
« Pendant les années 1909 à 1914, la production moyenne annuelle de blé a été de 49.272.000 quintaux, soit 10,3 quintaux
lorsque, par une émigration intérieure bien organisée, l'Italie n’aura plus besoin d’émigrer à l'extérieur et produira du blé pour tous ses habitants. (1) Comme on avait déjà essayé de le faire avant la-guerre. (2) Cette production de 65 millions de Quintaux a été dépassée en 1929,
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par hectare. Pendant la guerre, de 1915 à 1918, à cause du manque de bras, la production descendit à 45.611.250 quintaux, soit 9,9 quintaux par hectare. De 1919 à 1922, le malaise qui régnait dans les campagnes fit que la production, inférieure à celle de la guerre, n’atteignit plus que 45.286.000 quintaux, soit 9,09 par hectare. L’avènement au pouvoir du Gouvernement fasciste fut le signal d’une renaissance. Pendant les années 1923 à 1927, la moyenne de la production fut de 57.277.200 quintaux, soit 11,9 par hectare. L’année 1927-28 présente une production de 62.214.800 quintaux, soit 12,5 à l’hectare, et l'année 1928-29 70.664.300 quintaux, soit 14,7 à l’hectare. Cependant, la surface cultivée en blé n’est pas plus considérable qu'avant la guerre (4.755.500 hectares, moyenne 1909-1914 ; 4.741.200 en 1928-29) ». Il est intéressant de comparer cette production et le rendement par hectare à ceux de différents
pays :
Production annuelle (en millions de Quintaux)
Moyenne de Moyenne de |'Augmentat. (+)
1909-1913 1926-1929 ou diminut. (—) IR TR NT nn Ave 49,9 61,4 + 23,0 % Hongrie........ seurese es 20,0 21,0 + 9,5 % Espagne...............e.. 35,9 37,5 + 5,6 % Pologne...s........1.... 16,8 45,9 RS UESOR Allemagne................ 37,7 32,2 — 14,6 % RPANCE PS RU nee nr eNr ae 88,6 75,5 — 14,8 % ROMANE AR eee 45,7 28,3 — 32,1
Moyenne de Moyenne de Augmentat. (+) 1909-1913 1926-1929 ou diminut. (—)
HaNe ete RE 10,5 12,4 + 18,1 % HPANGE ee re Nes eme 4854 44,4 + 9,9% Hongrie: aie sepeuere 13,2 4559 + 38,8 % Pologne... 42,4 149 — 4,0 % Espagne ................. 952 8,7 — 5,0% Allemagne .....,........ 22,7 49,3 — 15,0 % Roumanie..............es 12,3 9,2 — 25,2% »
Ces augmentations de la production et du rendement, si considérables soient-elles, ne sont pas encore jugées suffisantes
en Italie et M. Gibertini déclare que malgré l'augmentation constante des besoins de blé de l'Italie, la possibilité d'exporter au moins 20.000.000 de quintaux de blé par an, vers 1935, doit être envisagée grâce à l'augmentation dela production en Italie.
En ce qui conerne les autres productions, l’exposé sur la situa-
tion économique italienne, fait à la Chambre des Députés le : 41 juin 1929 par le ministre Martelli, montre les buts de la poli-
tique gouvernementale et indique les résultats obtenus : « L’extension de 120.000 hectares de la culture de la betterave a affranchi le pays de l’importation du sucre étranger. Les progrès effectués dans la culture des fruits ont permis d’exporter, pendant l’année 1927-1928, pour une valeur d'environ 2 milliards de Lires. La viticulture, à laquelle le phylloxéra avait causé des dommages énormes, est aujourd’hui l’objet de toute l'attention du Gouvernement ; il désire que la production annuelle du vin ait une valeur moyenne de 5 milliards, rapporte
«800 millions au Trésor et occupe au moins un million et demi de
travailleurs agricoles. L'État aidera donc, de tous ses moyens, la reconstitution des vignobles.
En ce qui concerne la culture de l’olivier, le ae entend mettre tout en œuvre pour arrêter sa décadence, qui
st cause que la production de l’huile s’est abaïissée, en peu
d’années, de 3,5 millions d’hectolitres, à 1,5 million, ce qui nous a obligés à recourir à l’apport d’huiles étrangères pour couvrir nos besoins.
« Telle est la situation de l’agriculture ; mais des résultats bien meilleurs peuvent être attendus de la remise en culture de terrains, aujourd’hui incultes et marécageux. Notre attention est déjà attirée sur 23 lots, d’une superficie de 1.200.000 hectares.
Je reconnais l’opportunité d’unifier tout ce qui a trait au Crédit agricole, et de nouvelles lois vont fournir au Gouvernement les moyens de procéder, par des travaux, au développement de l'irrigation, qui concourt tant à l’intensification de la culture.
Le Crédit agricole, après avoir surpassé les difficultés du début,
a chaque jour une plus grande diffusion ; mais, pour obtenir de bons résultats, il doit encore être intensifié. Les résultats actuels sont cependant déjà satisfaisants si nous constatons que les opérations de Crédit agricole, effectuées par les seuls établissements spécialisés à cet effet, dont quelques-uns n’opèrent qu'avec leurs propres moyens, présentent, le 31 décembre 1928, un solde de 700 millions de Lires.
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«En ce qui concerne les forêts, j’affirme la nécessité d’une forte politique forestière de défense et de développement des bois, qui se coordonne avec une politique pastorale et agricole, et rende possible la vie de nos montagnards, en évitant que la montagne ne soit inhospitalière dans un pays qui, comme le nôtre, na qu’un cinquième de son territoire en plaine.
«Le Gouvernement fasciste entend rendre à la montagne son manteau silvestre qui, tout en rendant le milieu favorable à l'existence de ces populations, doit jouer un rôle hydrographique important. Dans les Alpes, l’agriculture a peu d’importance ; le pâturage en a beaucoup ; les terrains les moins favorables doivent être rendus aux bois, tandis queceux qui sont aptes à faire des pâturages doivent être améliorés.Il faut coneilier en même temps la production des bois naissants et la production zootechnique, et fournir leurs aliments aux chèvres, moutons et autres troupeaux.
« Dans les Apennins, l’œuvre de reboisement doit être comprise dans celle de l'amélioration intégrale.
« La Milice forestière (1) réalise cette politique forestière et travaille avec enthousiasme à cette œuvre, même dans les révions les plus âpres et les plus élevées de PItalie. »
En ce qui concerne la bataille du blé, le Gouvernement mit tout en œuvre pour la faire réussir (2). Non seulement il y eut des discours, et des fêtes en vue d'encourager les agriculteurs et de décerner des prix à ceux qui obtenaient le meilleur rendement, mais encore le Gouvernement décida d'empêcher que des terres, aptes à la culture, soient laissées à l’abandon (3).
Une loi de même nature avait été adoptée le 4 mai 1918 en France, sur la proposition de MiäVictor Boret. Gette loi, bien rédigée, prévoyait les mesures à adopter pour la remise en culture des parcelles et des exploitations abandonnées (4). Mais cette loi n’eut pas des effets très importants. L'examen du « Rapport sur le fonctionnement de la loi du 4 mai 1918, relative
(1) L'administration des Eaux et Forêts italienne.
. (2) Et à l’ouverture de la Foire nationale du blé, en octobre 1927, M. Mussofini disait « La vieille terre italienne peut donner du pain à ses fils d’aujour- « d'hui et de demain, si l’on sait se servir de ces éléments : sol, eau, engrais « et travail. »
(3) C’est ainsi qu'il y a environ un an, un propriétaire, parce qu’il était antifasciste, avait décidé de laisser ses terres à l’abandon et avait vendu tout son matériel aratoire et ses animaux. Sur son refus de reprendre la culture, ses terres furent occupées par le Syndicat agricole fasciste de l’endroit, qui les exploita.
(4} Voir 'cette loi à Pannexe NII.
à la mise en culture des terres abandonnées », présenté au Prési dent de la République française par le ministre de l'Agriculture, le 5 août 1928 (J..0., année 1928, pages 1419 à 1421), montre que les sommes prêtées s’élevèrent à 100 millions réparties en 3.261 prêts. Ils permirent la remise en culture de près de 170.000 hectares ; maïs l’application de la loi ayant été limitée à la récolte qui suivrait la fin des hostilités, il n’en fut plus consenti. bien que presque tous les prêts aient été, par la suite, remboursés : en 1927, 2.901 prêts représentant 90.058.459 fr. 47
avaient été rPnhoursés. La loi, quoique très bonne dans son
principe, ne donna donc que peu de résultats. È . En Italie, il en fut autrement, et cette politique fut Liane avec méthode et énergie.
{1 y a d’ailleurs lieu de remarquer que si M. Mussolini s'efforce de canaliser l’émigration italienne vers les régions peu habitées de la péninsule, il est adversaire déterminé de l’urbanisation, qui amène la population vers les villes et conduit fatalement à la réduction du nombre des naissances.
Dans tous ses discours, et notamment dans son discours du
26 mai 1927, il s'élève avec force contre le fléau de l'urbanisation, qui tue la natalité (1).
(1) « L’urbanisation stérilise la population. Quand je parle de la ruralisation de l'Italie, je ne parle pas par amour de la belle phrase, ce que je. déteste, mais parce que l’urbanisation industrielle porte la population à la stérilité. Vous comprenez pourquoi j’aide l’agriculture ; je me proclame rural, parce que je ne veux pas d’industrie autour de Rome. Je ne veux en Italie qu'une industrie saine, celle de l’agriculture et de la mer. »
De même, dans l’article : Nombre et Force, publié par la revue Gerarchia en septembre 1928, M. Mussolini s’exprime en ces termes : « À un moment donné, la ville croît maladivement, pathologiquement ; non pas sans doute de son fait même, mais par l’apport étranger. Plus la ville augmente et se gonfle de citadins, et plus elle devient inféconde.
« La stérilité progressive des gens des villes est en relation directe avec l'augmentation rapidement anormale de la cité. Berlin, qui en un siècle a passé de 100.000 âmes à plus de 4 millions d’habitants, se trouve être la cité 1a plus stérile du monde. Elle a le record du taux le plus bas de la natalité, taux qui n’est pas compensé par l’abaissement de la mortalité. La métropole grandit en attirant à elle toute la population des campagnes, laquelle, à peine installée en ville, devient inféconde — a fortiori, s’il s’agit d’une population depuis longtemps installée. — La désertion des campagnes se poursuit ; mais à mesure que la campagne se dépeuple, la métropole est elle-même atteinte : ni son commerce, ni son industrie, ni les amas de pierres de ses maisons ni son béton armé, ne peuvent rétablir l’équilibre, irréparablement détruit ; et c’est la catastrophe.
« La cité meurt; la nation,où manque la force vitale de la jeunesse des nouvelles générations, ne peut plus résister à la poussée d’un peuple jeune qui menacerait ses frontières abandonnées —, car elle n’est plus composée que d’une population trop âgée, Ceci est arrivé ; ceci peut encore arriver. Ceci
AT PET RE QUE, à LES PO RSR Se AT FN OO EEE EU NES VA pal 2 CE , 148 LA POLITIQUE D’ÉMIGRATION DE L ITALIE
Pour lutter contre ce fléau, M. Mussolini a indiqué un plan d’action dans le Popolo d'Italia du 22 novembre 1927 : « Le mot d'ordre, qui doit être adressé indistinctement à toutes les hiérarchies du régime, de l'Italie centrale et de la périphérie, hiérarchies politiques, administratives, militaires, syndicales ;
aux préfets, aux secrétaires fédéraux, aux consuls de la Milice,
aux secrétaires des syndicats, aux instituteurs, aux journalistes du régime, aux podestats ; à tous ceux enfin qui ont une responsabilité morale dans le développement et la consolidation de la révolution fasciste, le mot d’ordre est le suivant : faciliter par tous les moyens, et même — s’il est nécessaire — par des moyens coercitifs, l'exode des centres urbains ; rendre difficile, par tous ‘ les moyens, et même — s’il est nécessaire — je le répète, par des moyens coercitifs, Pabandon des campagnes ; empêcher, par tous les moyens, l'immigration, par vagues, vers les villes.»
Les journaux signalent, avec satisfaction, le ralentissement du rythme d'augmentation de la population des villes, dû à cette politique. Les mouvements de la population des principales villes du Royaume ont varié ainsi qu’il suit de janvier à octobre 1928 et janvier à octobre 1929 :
Ed
Population Population K Augmen- Augmen- Villes ee | tation TT | tation
au 1/1/28 |au 1/10/28 au 1/1/29 |au 1/107/29
Turin ....[547.833 [570.748 |4,18 %1 575.076 585.187 1,75 % Catane. ..[274.670 278.559 1,41 %11279.259 280.628 (0,49 % Naples ... [937.627 [956.867 2,05 9%] 962.197 972.133 11,03 % Florence... [272.331 [275.625 11,21 9] 313.618 (a)1315.318 [0,72 % Venise ...1252.934 [255.556 11,03 %11256.319 257.780 [0,57 % Milan ....1927.988 [942,092 1,52 %|| 947.061 959.357 [1,29 % 0,9
Gênes. ...|605.225 |612.344 1,17 %| 614.228 620.331 [0,99 %
(a) Au 1er Janvier 1929, des faubourgs de Florence ont été annexés avec une population de 36.881 habitants.
Il en est ainsi quoique la proportion des naissances par habitant, dans les grandes villes ait crà depuis quelques
arrivera, non seulement pour les villes, à nations, mais, dans des proportions infiniment supérieures, pour la race blanche tout entière : la race de l’occident peut devenir l’esclave des autres races de couleur, qui se multiplient à une allure que nous ne connaissons plus ».
années, notamment dans les villes comme Turin ou Milan, où la fécondité était la plus basse. Le tableau suivant le montre.
Nombre à è d'habitants Population Naissances mensuelles pour une Villes naissance
CR. Cd | OU
Turin ....1538.5091561.918,581.032|| 595 | 647 | 698 |903/8681832 | Florence .1270.739/274.116|314.579|| 300 | 324 | 369 |1902/8461868 Milan ....|910.606/937.309/954.642/11.098/1.198|1 227/920]782]778 Tarente ..|115.717/118.626/119.823|| 246 | 276 | 277 [470143014338
Au surplus, quoique le Gouvernement s’efforce de restreindre l'augmentation de la population des villes, il ne néglige cependant pas les ouvriers qui les habitent : un grand nombre de mesures sociales ont été adoptées en leur faveur.
Le 5 décembre 1928, le Conseil des Ministres a approuvé un projet de loi qui permet aux préfets d'émettre des ordonnances, à l'effet de limiter l’augmentation de la population dans les villes. Déjà, certains préfets avaient pris l'initiative d’interdire aux paysans d'abandonner les champs pour les villes. Le préfet de Rovigo, notamment, avait rendu un arrêt, selon lequel toute personne ou famille, qui entend émigrer volontairement du village vers la ville, devait en demander l’autorisation quinze jours d’avance à la police. Le même arrêté prévoit que « des personnes ou familles résidant en ville, et se trouvant dans des conditions de gêne et de privation, peuvent être ramenées de force dans leur commune d’origine, où un logement leur sera assuré ». À Bergame, le Secrétaire général fasciste a donné l’ordre aux bureaux de placement « de tenir compte de l’origine des candidats, et d’exclure a priori, sans pitié et faux concepts humanitaires, tous ceux appartenant à des familles de pay-
sans » (1).
Le projet de loi, approuvé par le Conseil des Ministres, éten à toute l’Italie les mesures prises par certains préfets ou secrétaires du parti. Les préfets sont habilités à rendre leurs ordonnances après avoir pris l'avis du Conseil Economique Provincial.
(1) D’une manière plus étendue, le Ministère de l’Intérieur étudie même la création d’un « passeport pour l’intérieur, »
Au surplus, les idées de M. Mussolini, au sujet de la population -— et de son utilisation pour l’émigration intérieure, ont d’ailleurs été exprimées par lui au Sénat (Lég. XX VIT. 17e Sess. Dis. 11 /12 /24) : « … Jamais je ne dirai de limiter la population et je lutterai toujours contre les doctrines de Malthus. Il ne reste donc qu’une solution : l’utilisation — jusqu’au dernier centimètre carré — du territoire national et de toutes les énergies du territoire national... Le gouvernement n’a pas l'intention de créer un mouvement artificiel, si l’on peut utiliser sur place la population... »
D'autre part, dans une lettre du 2 mai 1927, qu’il adresse au Président du Comité pour l'Emigration intérieure, après avoir lu le rapport de ce Comité, il s'exprime ainsi : «.. J’examine le problème sous tous ses aspects : économique, financier, démographique, militaire. Le problème est grave ; de 1921 à aujourd'hui, l'Italie a perdu 1 million d'habitants (excédent des départs sur les rentrées). L’urbanisation prend des aspects toujours plus inquiétants, ainsi que la cerise des naissances. Le coefficient des naissances est descendu de 32 à 27 pour mille, et, dans certaines provinces, il est même inférieur à celui de la France.
«Il faut ruraliser l'Italie, même s’il fallait y consacrer des milliards et un demi-siècle. »
d) La Politique coloniale.
La politique du Gouvernement tend donc à conserver en Italie la population pour développer l’agriculture. Cependant, pour recevoir l'excédent de la population, il y a — en dehors de l'Italie même — d’autres débouchés sous le ‘drapeau italien : ce sont les colonies ; et le gouvernement fasciste n’a pas manqué de se consacrer à leur mise en valeur intégrale, de façon à pouvoir diriger, vers ces pays neufs, une partie de l’excès de sa population.
En 1926, la situation était la suivante : En Tripolitaine, d’après un volume publié par l'Office d’Étude et de Propagande du gouvernement de cette colonie, il a été établi des offices de colonisation, avec une direction de l’agriculture (services agricoles, météréologiques et fonciers et bureaux de propagande ; chaires ambulantes, laboratoïres expérimentaux agricoles, forestiers, zootechniques ; instruction professionnelle ; statistique générale).
En 1926, on a vigoureusement repris l’allotissement des. terres pour la colonisation. D’août 1925 au 31 décembre 1926, 30.449 hectares furent allotis. Au 31 décembre 1926, l’on: avait déjà distribué 282 concessions, d’une superficie de 65.349 hectares, dont 5,8 %, pour des concessions inférieures à 50 hectares; 2,9 % inférieures à 100 hectares ; 24 % inférieures à 500 hectares ; 37,9 % inférieures à 1.500 hectares. Les petites concessions, inférieures à 50 hectares, furent données en 1913 ; maintenant on n’en distribue que de plus: grandes, qui nécessitent un investissement de capitaux de 200.000 à 3.000.000 de lires. Les colons siciliens sont généralement des agriculteurs isolés, tandis que dans le nord de Italie, ce sont de grandes entreprises qui sont constituées pour exploiter les concessions accordées. Le crédit foncier a eu une: marche croissante : en 1924 — 946.000 lires ; en 1926 — 2.954.000 lires. Le nombre des fermes était de 75 en 1923 ; 243 en 1926. Les puits : 98 en 1923 ; 298 en 1926. Les bassins: d’eau : 35 en 1923 ; 128 en 1926. Les plantations de céréales. représentent 5.350.000 lires ; autant pour la vigne, les oliviers et les arbres fruitiers. Les concessionnaires avaient, au 31 décembre 1926, 614 têtes de gros bétail, 3.042 moutons et 137 pores
De 1914 à 1922, il a été accordé par concessions 3.612 hectares ; mais la Tripolitaine, jusqu’en 1922, n’était pour ainsi dire pas peuplée. De 1922 à 1929, on distribua 113:147 hectares. En 1929, on avait investi pour leur mise en valeur 73 millions de lires. On avait planté, de 1914 à 1926, 70.000 oliviers ; de 1927 à 1929, ou en planta 640.000. Pour la vigne, pendant les mêmes périodes, on a planté respectivement 900.000 pieds et 9 millions. Le nombre des puits creusés est actuellement de 863. Fin 1929, il y avait 4.233 têtes de gros bétail. Enfin, depuis 1928-1929, l'État accorde des subventions pour venir en aide aux cultivateurs : il a été réparti, entre 219 agriculteurs, un crédit de 5,5 millions de lires pour des travaux d’une valeur de 20 millions de lires, s'appliquant à
52.000 hectares (exploitations rurales — 4.765.678 lires ; régularisation des cours d’eau — 2.085.778 lires ; travaux hydrauliques — 1.784.722 lires ; plantation d'arbres sur
11.241 hectares — 8.725.120 lires ; mise en valeur des cultures irriguées — 769.125 lires ; achat demachines — 900.000 lires).
- En Erythrée, qui est encore tributaire, pour le moment, de l’agriculture des pays étrangers, les résultats de 1924 sont les suivants : 75.500 quintaux de blé ; 156.000 quintaux d’orge ;
Ne dre Tes ë
95.000 de graines à huile ; 20. 000 de coton, contre 1.000 en À 1921. — On a exécuté he la plaine de een des travaux pour irriguer 15.000 hectares près des confins du Soudan, pour -y cultiver du coton en utilisant les eaux du Gasc, dont la pos | session a été reconnue à l'Italie par l'Angleterre. HIS
En ce qui concerne la Somalie, son ancien gouverneur, le comte Cesare Maria de Vecchi di Val. Cismona, écrit : « La À Somalie est, de toutes les colonies italiennes, celle qui est le | plus susceptible de développement économique. Elle vaut autant que l’Ouganda, le Kenya ou le Tanganyka. Des centaines | de milliers d'hectares peuvent être irrigués. Déjà aujourd’hui, les indigènes ne cultivent pas moins de 200.000 hectares en mais. Le Djubaland n’a pas un moins bel avenir. Dans la zône | de Merca, où — à mon arrivée — il y avait 110 hectares cul- : | tivés, il y en a maintenant 30.000 répartis en 87 concessions où À 240 blancs travaillent à transformer des terres qui pourront produire en 1928. Tous ces territoires sont maintenant irrigués, : et le premier coup de pioche pour le premier canal n’a été cependant donné qu’en novembre 1924. »
A Rhodes, qui est riche en oliviers, la bataille italienne du blé est remplacée par la bataille pour l'olivier. Cette richesse était, en effet, laissée à l'abandon ; et là où l’on aurait pu récolter 100, on ne recueillait que 10. Le gouvernement s’en est occupé (1) et les résultats d’une bonne culture, faits à Coschino par des habitants de la Toscane, sont magnifiques. — En même temps, des techniciens agricoles et forestiers ont commencé à faire de la propagande auprès de la population rurale. Ils ont montré la différence entre une culture rationnelle et la culture empirique pratiquée jusqu’alors ; et la population a suivi le mouvement.
Ces résultats peuvent évidemment paraître faibles à ceux qui les comparent à ce que donnent à la France l'Algérie, la Tunisie et le Maroc. Mais il ne faut pas oublier qu’en Tripolitaine et en Cyrénaïque — les deux colonies de peuplement qui doivent donner les meilleurs résultats — la Conquête n’est pas encore terminée ; et, d'autre part, l'exploitation intensive des colonies n’a réellement commencé que depuis 1922.
En octobre 1927, le Foglio d'Ordini Nazionale Fascista publiait les renseignements suivants : « En Tripolitaine, il y a actuellement, à la fin de la cinquième année du régime, 126.000:
(1) On à attribué 50 millions de lires pour des travaux puüblics à faire dans lPîle, en 1926.
hectares d’allotis et des concessions pour 90.000 hectares. En Cyrénaïque, 40.000 hectares sont allotis et 1/3 distribués. On
termine la mise en exploitation des salines de Giulana, qui donneront 130.000 tonnes de produits, et l’on commence les études pour la mise en exploitation de celle de Carcara, qui
donnera 400.000 tonnes.
En Tripolitaine, on commence à extraire des sels de potasse
| du bassin de Pisida. Il donne actuellement 10.000 tonnes de
sels de potasse, 10.000 de sulfate de magnésie et 600.000 de chlorure de sodium. 2
La Tripolitame a actuellement 3.000 kilomètres de routes ; on a commencé un chemin de fer d’Azizia à Gébel. $
A propos du projet de budget 1930-1931, le Ministre des Colonies, le général Di Bono, a signalé que le programme adopté consacrerait 46.000.000 de lires pour le développement du réseau routier en Tripolitaine (300 kilomètres de routes bitumées ; 500 kilomètres de chaussées ; 160 kilomètres de pistes praticables aux automobiles). Le port de Bengazi est maintenant accessible par tous temps ; des travaux importants ont été effectués à Mogadiscio et à Guara, qui est le port naturel le plus rapproché de la Tunisie.
En Cyrénaïque, on a inauguré le tronçon El-Abiar à Barec (108 km.) ; le tronçon Bengasi à Soluk (60 km.) fonctionne et l'on commence les travaux pour le tronçon Barec à Derna (210 km...
En Erythrée, on va reconstruire Massoua. On a terminé la dérivation du Gasc qui permet d'augmenter cette année de 3.000 hectares la culture du coton. En juin, on a ouvert au trafic le chemin de fer de Chéreu à Agordat, de la ligne Massoua à Chéreu, et on commence le prolongement d’Agordat à Tessénéi.
En Somalie, on a continué la mise en exploitation d’une surface de 40.000 hectares le long de l’Uebi Scebeli ; les opérations de dérivation et de canalisation étant terminées, 18.000 hectares sont déjà concédés. Des routes, d’une longueur de 6.380 kilomètres rayonnent vers la Somalie septentrionale et le Kénya; et à la suite du chemin de fer de Mogadiscio à Bivio Adelei, on ouvrira cette année au trafic le tronçon Bivio Adeleï à Villagio Dueca degli Abruzzi, d’une longueur de 48 kilomètres ».
Le gouvernement italien ne songe pas seulement à mettre: en valeur les colonies que l'Italie possède actuellement, mais il essaye de lui procurer de nouveaux débouchés.
Des négociations italo-françaises, pour la conclusion d’un traité d'amitié et de bon voisinage ayant été entamées à la fin de l’année 1928 par M. de Beaumarchais, ambassdeur de la République Française à Rome, et M. Mussolini, le gouvernement italien demanda des modifications territoriales en Afrique. Le gouvernement français offrait une modification importante de la frontière au profit de la Lybie. Mais les journaux italiens, qui exprimaient l'opinion gouvernementale, déclarèrent en juillet 1929 que l'Italie ne réclamait pas une bande de terrain pour faciliter l'exploitation de son domaine, mais qu’elle voulait un vaste territoire dans le Soudan français, ainsi que tout le Borkou au delà du Sahara (où le lieutenant-colonel Moll périt olorieusement en 1911), pour étendre ses possessions d'Afrique jusqu'aux approches du lac Tchad. En même temps, le Corriere d'Italia indiquait que le problème des frontières Iybiennes ne devait pas être confondu avec celui des compensations coloniales que revendique l'Italie. Examinant les mandats coloniaux, le Corriere déclarait que celui qui s’adaptait le mieux aux exigences démographiques et économiques de l'Italie était le Cameroun, situé de l’autre côté du Sahara, et qui touche aussi au Lac Tchad ; de sorte que les possessions italiennes, coupant les colonies françaises, feraient une masse unique de la Méditerranée à l'Atlantique, et il ajoutait, formulant ainsi tout un programme : « Les résistances françaises n’arrèteront pas les visées italiennes ».
En même temps qu’il énonçait ses tendances en Afrique, le couvernement italien jetait les yeux sur les autres parties du monde où restaient encore quelques terrains vacants.
En Orient, en face des possessions italiennes d’Erythrée et de Somalie, seuls fragments d’Abyssinie que les troupes italiennes purent conquérir lors de leur longue lutte contre le Négus Negoussi Menelik Il, se trouve l’Arabie, qui est actuellement partagée en un grand nombre d'États (Yemen, Nedjeb, Hedjaz, Oman, etc.). L'Italie a réussi à conclure, le et juin 1927, un traité avec l’un d’eux, le Yemen, pays de production de café. Par cet accord, l’'émir Ul Muminin Iman Yachya Hamiduddin a accordé à l'Italie de nombreuses concessions commerciales, et cette dernière,s’engage par contre à soutenir le Yemen en cas de guerre : l’armée de l’Emirat est actuellement commandée par un colonel italien.
De même, à Tanger, le gouvernement italien s’est efforcé de
faire entrer des représentants de ses nationaux dans le gouvernement de la ville.
L’Assemblée législative de Tanger a un vice-Président alien : également un Italien fait partie du Tribunal mixte ; le directeur des services judiciaires est Italien. Enfin la flotte italienne: collabore avec les flottes française, espagnole et. anglaise à la répression de la contrebande (Discussion au Sénat Italien, 5 juin 1928).
Pour l’Abyssinie, un traité italo-anglais a accordé à l'Italie un certain nombre de possibilités, en lui permettant de construire des chemins de fer dans la partie du pays voisine de ses colonies, ce qui crée à l’intérieur de l’Abyssinie une zône d'influence italienne, fait contre lequel le Négus, régent (1) au nom de Flimpératrice Zaoditou, membre de la Société des nations, à vivement protesté auprès de celle-ci.
Enfin, en ce qui concerne l’Albanie, où les gouvernements d’après la guerre avaient abandonné Vallona, M. Mussolini a signé en 1927 avec le roi Zogou un traité par 1equel l'Italie:
recoit dans ce pays de nombreux avantages. Sans faire de PAl-
banie un protectorat de droit italien, ce pays est cependant actuellement en grande partie entre les mains des Italiens, qui y détiennent aussi la majeure partie du commerce. En février 1930, le Parlement de Tirana a voté l’union monéaire entre VAlbanie et l'Italie ; la monnaie italienne doit remplacer la monnaie albanaïse. L’Albanie, en effet, manquait. complètement de fonds, et cette situation était d'autant plus délicate: qu’elle avait à rembourser des emprunts importants contractés en Italie. L'Italie continue ainsi à poursuivre son programme de protectorat déguisé ou d’annexion de l’Albanie.
Ainsi, M. Mussolini a, de tous côtés (2), étendu l’influence de son pays pour permettre aux colons italiens d’aller travailler dans des pays étrangers, qu’ils prépareraient à devenir de nouvelles colonies italiennes.
Ainsi, la politique coloniale du Gouvernement fasciste tend à rendre l'Italie indépendante des autres nations, en même temps qu’elle trouvera sur ses colonies un débouché pour sa population. L'œuvre coloniale fasciste est donc importante, et
(4) Le Négus (Ras Taffari) est actuellement empereur.
(2) Un différend. a éclaté récemment entre l’Italie et la Turquie au sujet de quatorze petites îles, échelonnées le long du littoral turc et distantes de 3 milles marins. L'Italie revendique la souveraineté sur ces îles ; la question sera portée devant le Tribunal de La Haye.
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