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progrès vers une compréhension juridique plus complète et plus précise du phénomène de l’émigration : personne ne peut plus conduire à l'étranger, ou y faire venir, un ltalien, pour y travailler, sans l’autorisation du Commissariat, et celle-ci ne peut être donnée sans un contrat de travail régulier.
En effet, l’'émigration des travailleurs italiens n’est plus considérée comme un fait d'ordre privé, n'intéressant que l'émigrant et l'entrepreneur étranger, mais comme une force, une richesse nationale, qui se destine à mettre en valeur un pays étranger, et doit y être garantie par un contrat de travail, et assurée d’un traitement et d’un salaire semblables à ceux des travailleurs nationaux — tant, en raison des intérêts de lémigré, que pour protéger les intérêts économiques et le prestige moral de l'Italie.
Cette politique internationale de l’émigration au sujet du contrat de travail est réalisée d’abord avec la France en 1916. À ce moment, les nécessités de la guerre faisaient sentir à ce pays le besoin d’attirer de forts contingents de travailleurs italiens. La participation à la production houillère française fut reconnue, sous forme d’une certaine quantité de charbon, que les Compagnies françaises cédaient au Gouvernement italien au prix français, pour chaque journée de présence de travailleurs italiens dans les mines françaises ; elle fut aussi reconnue par une participation dans la production des phosphates de l'Afrique du Nord et des munitions fabriquées par les usines françaises.
Cet accord a une importance décisive dans l’histoire de l’émigration humaine en vue du travail : elle met fin aux rapports privés entre l’émigrant et l'employeur, et donne un premier exemple de ia possibilité de la coopération de toutes les forces nationales dans la production moderne.
Les nationalismes aigus de l'après-guerre interrompirent la marche de cette forme de collaboration économique internationale ; mais l’idée devait subsister, comme conforme aux besoins réels de la production mondiale...
La politique italienne de sélection et de valorisation de l’émigration, commencée dans la période où lémigration se faisait librement, fut encore plus nécessaire après la guerre, à cause des restrictions rigoureuses mises à l'introduction de la main-d'œuvre, dans les pays troublés par la crise économique. I était donc nécessaire de réglementer l’émigration, conformément aux règles imposées par les autres pays, afin de ne pas
faire subir aux émigrants des espoirs et des illusions fallacieux, et les conséquences d’un rejet par un pays d'immigration.
Toutefois, dans ces dernières années, l’organisation de réglementation de l’émigration s’est perfectionnée et développée avec l’aide du Gouvernement national et de son chef, qui, à juste titre, a voulu placer cette politique sous ses directives immédiates, dans le cadre de la politique générale.
Aujourd’hui, la valorisation de l’émigration permet de répondre complètement aux besoins des pays étrangers : l’émi gration cahotique a été remplacée par une émigration ordonnée, surveillée par le pays d’origine, de grande utilité pour les pays d'immigration, et apportant à l'Italie, du prestige et des avantages matériels et moraux...
La politique italienne de l’émigration a hardiment affronté de nouvelles responsabilités et a perfectionné les moyens de son action. Aujourd’hui, le plan est complet et coordonné, et son action comprend :
19 Les renseignements aux futurs ane: au moyen de la diffusion en Italie de publications et de notices ; des initiatives tendant à la sélection des émigrants par une préparation intégrale : morale et professionnelle, faite par les chaires ambulantes d’émigration et par les Ecoles professionnelles pour futurs émigrants ;
20 Une enquête permanente sur l’état des marchés du travail, pour trouver à l’émigration des débouchés à l'étranger ;
3° Une assistance morale, sanitaire et économique, dans les ports d'embarquement, à la frontière, durant le voyage et à l'arrivée ;
4° Le placement à l'étranger et la valorisation économique par des contrats de travail, impliquant Pere de traitement ;
50 re études et des initiatives pour la colonisation et des crédits, pour le placement, à l'étranger, de groupes d’émigrants, préparés techniquement et économiquement à leur tâche ;
6° L’action diplomatique pour la préparation, à l’extérieur de conditions favorables à l’emploi des travailleurs italiens, par des accords et des traités bilatéraux sur l’émigration ; préparation d’accords analogues plurilatéraux, avec l'inter-, vention active du Bureau International du Travail et de la Conférence intergouvernementale ;
7° Une action pour suivre la vie de la collectivité italienne à
l'étranger et maintenir une solidarité vive et réciproque entre
eux et la mère patrie.
La crise de l'après-guerre a créé à l’émigration une situation
telle qu’elle nécessite la recherche de toutes les possibilités de
débouchés favorables, sans que les travailleurs affluent dans les lieux où la main-d'œuvre est surabondante, pour éviter de
susciter l’hostilité des indigènes, avec ses inconvénients ou ses
périls. Donc — au besoin — ne pas accroître le nombre des émi-
grants, mais veiller — avec l’attention que la question com-
porte — à ne pas abandonner le programme italien de leur
valorisation, et de leur préparation au travail dans les pays
étrangers. ;
Aujourd’hui, dans toutes les provinces, il y a une chaire ambulante d’émigration, pour que — dans chaque commune — l’'émigrant, assisté et protégé par des organes spécialisés, soit convenablement préparé au départ.
Dès 1922, on étudia un plan d'instruction appropriée à l’émigrant. On commença par les écoles analphabètes, et la préparation de maîtres pour ces écoles ; puis on passa à l’instruction technique professionnelle avec des cours appropriés qui, en transformant les travailleurs non qualifiés en travailleurs spécialisés, leur permettent d’obtenir des salaires supérieurs.
Il existe en Italie plus de 200 de ces cours, surtout là où survivent les anciennes traditions du travail. Elles comportent l'instruction des divers métiers (travailleurs du ciment, maçons, tailleurs de pierres, terrassiers, paveurs, mineurs, charpentiers, menuisiers, plâtriers, mosaistes, décorateurs, tisserands, graveurs, ébénistes, infirmiers, assistants pour l’enfance) ; l’instruction agricole (culture mécanique, viticulture, œnologie, culture de l'olivier, des jardins et des fleurs) ; enfin la préparation du personnel de direction et de colonisation (cours pour directeurs d'établissements agricoles et de colonisation) pour fournir les cadres de l’émigration coloniale.
Une propagande opportune a fait comprendre aux émigrants qu'il fallait renoncer aux anciens mirages, et que — tant dans leur intérêt que pour le prestige de l'Italie — ils devaient avoir une connaissance complète de leur métier : les futurs émigrants fréquentent ces cours, toujours plus nombreux et avec plus de profit.
L’on pourrait également citer de nombreux exemples du profit tiré des cours agricoles par des directeurs d'établissements agricoles et par des cultivateurs, qui ont montré la possibilité
d'obtenir des éléments bien préparés à une œuvre systématique de colonisation.
En perfectionnant la qualité de ces cours, on n’a d’ailleurs pas négligé leur quantité — et l’on n’a pas simplement cherché
un remède à une crise passagère, comme le fait l'Angleterre,
dans l’instruction qu’elle donne à ses émigrants pour leur permettre de trouver des débouchés dans ses Dominions. La préparation professionnelle fait partie d’un plan d’ensemble de valorisation des émigrants, fondée — non seulement sur l’instruction générale et professionnelle —— mais sur une sélection, dans des stations de « bonification », dans les ports ou aux frontières terrestres, outillées d’une façon moderne et complète.
En ce qui concerne l’assistance aux émigrants, au départ et pendant le transit, la loi de 1901 y pourvoyait déjà, mais d’une façon embryonnaire. Il fallut 20 ans pour l’organiser. L'énergie de M. Mussolini en a fait une réalité.
Une maison moderne pour émigrants est construite à Naples : une autre est ouverte à Bardonnèche ; des hôtels sont réquisitionnés à cet effet dans les principaux ports d’émigration et les émigrants sont aujourd’hui complètement à l’abri des périls, que leur inexpérience leur faisait courir.
Des soins particuliers ont été donnés à l’état sanitaire de l'émigrant partant, en vue d’accroître la recherche de notre main-d'œuvre à l'étranger, et de rendre les services d’émigration indépendants de toute intrusion étrangère.
L’assistance donnée ainsi aux émigrants, dans des stations de « bonification », visitées et admirées par les hygiénistes des pays d'immigration, répond à toutes les exigences du progrès, de sorte que le taux des rejets des émigrants italiens est fort inférieur à celui des autres nationalités.
Cependant, dans le désordre général des marchés du travail, la préparation et la sélection des émigrants ne suffisent pas : il faut des conditions économiques favorables à l'immigration de travailleurs. Depuis la guerre, des enquêtes sont faites sur les marchés extérieurs du travail et les possibilités d'introduction de la main-d'œuvre.
Un Office Central — véritable observatoire permanent — est tenu journellement au courant des disponiblités de la maind'œuvre en Italie et des possibilités de son emploi à l'étranger.
La situation des divers marchés du travail est portée à la connaissance des futurs émigrants, et ils peuvent profiter des
demandes d’enrôlements individuels ou collectifs, qui parviennent au Commissariat.
Le Commissariat de l’Émigration est donc un organe de placement de la main-d'œuvre à l’étranger ; il conclut des accords avec des particuliers, des entrepreneurs, ou des Sociétés, à des conditions que des émigrants isolés ne pourraient obtenir ; et l’enrôlement, sous l’égide du Gouvernement, avec des contrats de travail, a pour résultat de faire profiter la masse des émigrants d'avantages égaux et parfois supérieurs à ceux de la maind'œuvre locale.
Cette intervention de l’État, en vue d'inscrire des conditions satisfaisantes d'emploi dans les contrats de recrutement individuels ou collectifs des travailleurs, constitue une des plus notables applications de la politique italienne d’émigration, dans le domaine du recrutement.
Il arrive même que la main-d'œuvre italienne, au lieu d’abaisser le niveau de vie des travailleurs indigènes, constitue pour ceux-ci un moyen d'obtenir de meilleures conditions de travail.
L’Idée Centrale de la Politique italienne de l’émigration est donc de tenir compte des exigences nationales, en les plaçant dans le cadre de la collaboration internationale.
L’expatriation des travailleurs que l’on ne peut utiliser en Italie, réglée suivant les possibilités d’absorption des pays étrangers ; l’apprentissage professionnel ; les contrats de travail ; la surveillance des marchés étrangers du travail pour ne pas laisser échapper des possibilités d'emploi ; tels sont les moyens d’une politique, conforme aux intérêts italiens, valorisant l’émigration, tout en contribuant à l’organisation de la production mondiale.
Le succès de ces initiatives a eu pour résultat d'amener l’organisation de groupes de travailleurs qualifiés, encadrés par des techniciens italiens, pour développer des terres de colonisation, dans l'intérêt commun de l'Italie et des pays d'immigration. :
Actuellement l’émigration, constituant à l’étranger des sociétés de travailleurs et des établissements de colonisation, est soutenue par le concours direct des capitalistes italiens et par le concours économique de l’État.
Le Commissariat de l’Émigration a entrepris des expériences bien étudiées et bien préparées de colonisation. C'est là un rôle difficile, mais indispensable dans la phase actuelle de la poli-
tique de l'émigration, pour répondre à un besoin éventuel futur
d'expansion à l’étranger.
Pour soutenir cette politique financière de l’émigration, M. Mussolini a fondé « l’Institut de Crédit pour le travail italien à l’étranger. », destiné à diriger les épargnes des émigrants vers des emplois en pays étrangers.
Le but de cet Institut a été défini par M. Mussolini lui-même : «Substituer à l’émigration cahotique une émigration d’hommes fiers de la puissance fécondatrice de leur travail, imbus de nos anciennes traditions colonisatrices, toujours vivaces ; accompagner ces pionniers italiens, humbles et puissants, de techniciens italiens ; les soutenir de capitaux italiens, obtenus en partie par l'épargne des émigrants eux-mêmes ; faire que le fruit du travail italien ne bénéficie pas seulement aux capitaux étrangers, mais devienne une force promotrice, pour l’expansion pacifique, morale et économique, de la Patrie. »
Le prestige de notre émigration et notre prestige national seront largement accrus quand les nôtres partiront, pour augmenter, de toute leur énergie, notre capacité productive et quand notre besoin traditionnel d’émigration sera diminué.
Jusqu’à ce moment, il y a lieu d’intensifier notre action diplomatique pour préparer, à l'extérieur, des milieux favorables à l'emploi digne et utile de notre main-d'œuvre.
L'Italie, par son traité de 1904 avec la France, a donné lPexemple, suivi par beaucoup d’autres pays, de traités bilatéraux, destinés à protéger les travailleurs immigrés. En 20 ans, Italie est parvenue à obtenir un système organisé de
garanties internationales qui assurent à ses travailleurs un
traitement conforme à leur importance, à leur préparation et à la contribution qu’ils donnent aux progrès économiques.
Aux traités de travail, ont succédé des traités complets d’'Émigration et de Travail, qui réglementent toutes les formes du travail et intéressent les conditions de vie, économiques, civiles et morales, de nos travailleurs hors d’Italie.
Nous avons aussi donné l’exemple par le traité de 1919 avec la France — le premier de ce genre —, qui contient des clauses que les autres pays d’émigration n’ont pu obtenir.
De nombreux accords généraux et des clauses spéciales à l'émigration et au travail lient l'Italie et les autres États, qui nous reconnaissent comme le pays ayant l’organisation la plus développée et la plus judicieuse pour donner les plus sûres