M= HENRI-ROBERT
« Une politique économique
dans une France réconciliée ».
Il né faut faire à i'éminent Bâtonnier du barreau parisien nulle peine, même légère, lui qui, depuis si longtemps, consacre son remarquable talent et son obligeante volonté ^ faire fléchir la rigueur, peu pitoyable, du Code dans l'espoir d'amender ceux qui, d'aventure, ont enfreint la loi morale et ne se sont pas trouvés à l'aise dans la société.
M® Henri-Robert, dont on applaudissait la vibrante éloquence aux Matinées Nationales de la Sorbonne, et dont le dévouement aux causes généreuses est bien connu de tous. M® Henri-Robert n'est pas prophète. Il nous le déclare tout de go. Nul n'est prophète en son pays, dit l'autre. Et qui donc serait prophète par le temps qui court?
On n'interroge plus les entrailles des victimes comme le devin Galchas, et les aruspices modernes ne tentent plus d'interpréter le vol des oiseaux : ils préfèrent le marc de café ou la dame de trèfle. Nous ne les consulterons point pour savoir si, après la guerre, il y aura un changement profond dans l'orientation de la politique et si la question écono-
mique devra être mise au premier plan du programme des partis. Chacun a ses préférences et ses faiblesses. Nous blâme qui voudra pour avoir mieux aimé connaître de l'avis d'hommes expérimentés non pas seulement quelles déductions possibles il était permis de tirer de l'enseignement des faits actuels, mais encore quelles conséquences ces événements pourront avoir pour ce qu'il est convenu d'appeler la politique, en prenant ce mot dans son sens le plus large.
Pour si peu prophète que veuille être M^ Henri- Robert, sa réponse n'en est pas moins suggestive et digne d'attention :
Cher monsieur,
Je suis bien embarrassé pour vous répondre. Le métier de devin est difficile et décevant. Je n'ose aspirer à la succession de M.^^ de Thèbes et je n'ai pas la prétention de prévoir l'avenir.
Nul ne sait ce qui se passera après la guerre.
Les soldats qui se battent avec tant d'héroïsme devront être « les maîtres de demain ».
Qu'ils soient bénis si, av^c la victoire, ils nous rapportent l'oubli des vieilles querelles de partis, le respect des croyances et des opinions, l'union féconde de tous les F'rançais.
Après avoir tant détruit, il faudra reconstruire.
Oui, la question économique devra être mise au premier plan des préoccupations — non pas des partis : j'ai le naïf espoir de croire qu'il n'y en aura plus — dans la France unie et réconciliée.
Il est bien vrai : les soldats, qui défendent — au