‹ La Politique de l'incohérenceChapitre 13 sur 20 · RÉ EE · texte numérisé non relu

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# viendraient, grâce aux écoles qui leur font ainsi À une âme française... »

Les écoles françaises du Levant.

| Il est bon de rappeler ici quelle importance a | pour le maintien de la grandeur et de la puissance de la France le développement des écoles congréganistes dans le Levant.

s En effet, l'esprit de nationalité étant fort peu \ | développé. dans ces pays, les indigènes ne se dis- LÉ | tinguent entre eux que “res le culte qu’ils pro- EE | fessent, et pour eux l’idée religieuse est le fonde-

ment de la pensée humaine.

La plupart de nos protégés veulent donc faire élever leurs enfants dans des écoles religieuses, et 1 si l’on prétendait remplacer celles-ci par des écoles | laïques, beaucoup de parents levantins enverraient Fi leurs enfants dans les écoles, soit orthodoxes, soit israélites, où l’idée de Dieu tie l'enseignement: | A Les écobe laïques ne pourraient d’ailleurs songer F à remplacer les établissements congréganistes que ET dans les villes cosmopolites plus avancées que le reste de l’Orient, par éxemple Le Caire, Port-Saïd, Alexandrie. Et elles ne subsisteraient qu'avec t l’aide de subventions beaucoup plus considérables F | que celles reçues par les écoles religieuses, alors { E que celles-ci ont plus d’élèves.

à On lit dans le rapport de M. Deschanel pour Fi | l’exercice 1907 : « A Brousse, Pécole laïque de Lis M. Velletaz, qui comptait 213 élèves, a reçu en HN + 1907 une subvention de 6,000 francs, alors que les n'a. écoles congréganistes de la même ville avec 233 élèves ont reçu ensemble 3,000 francs. »

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C’est grâce à elles, en effet, grâce à l’enseignement de la langue et de la pensée françaises, qu'elles repandent depuis des siècles dans tout l'Orient, que notre pays conserve sur ses rivaux une suprématie jusqu’à présent incontestée, malgré les efforts de ces derniers pour nous ravir notre prestige. Aussi est-ce dans la France que tous les catholiques du Levant mettent leur confiance, leur espoir et leur foi (1).

C’est ce qui explique cette lettre particulièrement touchante adressée par les notables d'Alexandrie aux officiers de l’escadre française :

Lettre des notables d'Alexandrie aux offic'ers de l’escadre française.

« Les notables et les membres des colonies tunisienne et algérienne d’Alexandrie ont l'honneur de vous adresser la présente pour vous exprimer les sentiments de joie qu’ils ressentent en vous voyant parmi eux dans les eaux d'Alexandrie.

Ils espèrent vous recevoir et ainsi voir flotter de temps en temps le « cher drapeau de la marine française ».

Veuillez, Messieurs l'amiral, commandants et officiers, accepter la présente comme souvenir de votre heureuse visite.

Et en terminant nous crions de tout cœur, avant de signer :

« Vive la France! Vive la République! Vive la marine française! »

(1) Voir l’articie de M. Marc Varenne, dans la Renaissance politique littéraire et artistique, du 24 janvier 1914.

PT. Le ministère Monis reconnaît comme indispensable \ la participation de nos équipages aux fêtes catho- À, liques.

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Cette lettre révèle toute l'efficacité des croisières accomplies par nos navires dans le Levant et du surcroît de prestige qui en résulte pour la France

| auprès des populations dont elle respecte cour-

| toisement les institutions, les usages et les cultes. hi Ces documents se passent de commentaires. Ils démontrent surabondamment que le ministère

Monis avait sur notre protectorat en Orient des

opinions très nettes, arrêtées en conseil des minis-

tres, comme les questions extérieures de cette

importance. Après deux mois passés à la rue

F. Royale, le ministre envoyait des instructions pré-

cises organisant une mission à Jérusalem et lui

| donnant une importance et une signification parti-

k 1 culières. Le gouvernement reconnaissait indispen-

1 sable d'associer nos équipages et notre pavillon

aux cérémonies les plus essentielles de la religion

catholique dans la région même qui en fut le berceau.

Sur l’ordre exprès du cabinet Monis, la marine française se joignait aux pèlerins qui vénèrent les lieux où s’accomplit le mystère du Vendredi Saint.

On voit que, après la loi de séparation, une jurisprudence s'était définitivement établie sous les ministères Clémenceau, Briand et Monis, en ce qui concerne le protectorat des intérêts catholiques en Orient, et notamment la participation de la marine aux exercices religieux. De plus en plus on avait

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