DANS LES ANNÉES QUI ONT SUIVI LA SÉPARATION
Au moment où elle fut votée, la séparation des Eglises et de l’État apparut à beaucoup comme l'aboutissement et le terme de la lutte anticléricale
en France. Sans doute cette opinion était-elle pré-.
maturée. Au moins l’on peut dire que la loi de 1905 aboutit à une véritable laïcisation de l’action gouvernementale. Le gouvernement fut immédiatement tenu de révoquer une tradition millénaire et de rompre toute relation avec le Saint-Siège et avec toutes les organisations catholiques.
À l’intérieur, le problème n’alla pas sans quelques difficultés. A l’extérieur il ne fut pas moins complexe.
Ministère Clémenceau.
Cette tâche fut tout entière accomplie par le ministère Clémenceau qui montra naturellement beaucoup d’habileté et de souplesse. De toutes les questions extérieures, celles du protectorat d'Orient était la plus délicate. I1 fallait, à son égard, créer une jurisprudence nouvelle dont le gouvernement d'alors prit Pinitiative et garde encore le mérite.
Son attitude dans la question du protectorat d'Orient.
La première attitude prise à cette occasion fut une excessive prudence. On se garda bien d'envoyer des instructions quelconques. C’eût été trop risquer!
Si bien que, comme par le passé, nos représentants prirent part officiellement à des cérémonies religieuses et en rendirent un compte fidèle au gouvernement.
Rapport du capitaine de frégate Frot à M. Thomson.
4 Quatorze mois après la constitution du cabinet, | délai suffisant pour prendre, si on l'avait voulu, des ! dispositions nouvelles, le capitaine de frégate Frot, fi commandant le contre-torpilleur Faucon, pouvait
envoyer du Pirée à M. Thomson un rapport daté du 20 janvier 1907 et dont suivent deux passages :
Css Le lundi 14 (1% janvier de la religion orthodoxe), je me rendais avec trois officiers, à 9 h. 1/2 du matin, à la légation de France pour accompagner M. le Ministre et le personnel de la légation au 7e Deum royal à la cathédrale orthodoxe, puis au palais, où Leurs Majestés reçurent ensuile les ministres avec leur suite et les officiers des marines étrangères.
« Le samedi 6, fête de l’Épiphanie, grande fête grecque, nous avons mis le grand pavois et salué de vingt et un coups de canon, à l'invitation de l'amiral grec, pendant la cérémonie de la bénédiction des eaux.
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