‹ La Politique de l'incohérenceChapitre 8 sur 20 · VE RL · texte numérisé non relu

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1h ae pe LE: Il a accepté que les bâtiments de notre flotte ins s’associent aux fêtes de trois cultes différents : ‘ra culte catholique, alors que le Faucon tire 21 coups 2448) de canon à l'élévation de la messe de Candie ; culte "| É

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orthodoxe, quand les équipages croisent dans les eaux grecques ; culte musulman, quand Île Faucon (rapport du 23 avril 1907), tire 19 coups de canon pour le Baïiran.

Le cabinet Clémenceau a violé la loi de séparation en réorganisant les cérémonies du culte à bord des bâtiments-écoles.

Nous avons vu jusqu’à présent comment, sous le ministère Clémenceau, le gouvernement s’est adapté aux nécessités de notre protectorat en Orient. Nous avons vu qu’il a accepté de poursuivre la politique de ses devanciers et ordonné à nos bâtiments de prendre part à toutes les cérémonies religieuses célébrées dans le Levant.

Nous allons voir maintenant qu’il a outrepassé les droits que lui conférait la loi de 1909, que, non content d’user dans la plus large mesure des facultés laissées par cette loi pour le bien de notre influence dans les pays soumis à notre protectorat, il est sorti de la légalité et a réorganisé les cérémonies du culte à bord des bâtiments ancrés dans les ports français, notamment pour le « Borda ».

ll ressort des documents suivants que, dès la suppression officielle (par décret du 6 février 1907) du corps des aumôniers de la marine, le gouvernement s’occupa de maintenir et de réglementer les services religieux à bord.

Rapport du commandant de l’École Navale.

Le 19 février 1907, dans un rapport réclamé par le ministère de la marine, le commundant de l'École

navale déclarait :

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« Le débarquement de Paumônier ne permet plus d’assurer le service religieux aussi complètement que le prévoit le règlement de l’École. Il faut, notamment, supprimer les prières du matin et du soir, auxquelles assistaient les deux tiers des élèves.

« En dehors du service religieux, l’aumônier remplissait également auprès des élèves un rôle de conseiller paternel et de confident amical, qui n’était possible que par suite de sa présence permanente à bord, surtout le soir.

« Le service religieux qu’il est nécessaire d’assurer est le suivant :

Toutes les semaines :

Le dimanche, à 9 h. 15 du matin, messe.

Le lundi, de 6 heures à 6 h. 30 du soir, conférence religieuse.

Le vendredi, de Z heures à 4 h. 15 du soir, accomphssement de devoirs religieux.

Le samedi, de 7 heures à 7 h. 45 du matin, même emploi.

Le premier vendredi de chaque mois :

La veille, de 4 heures à 4 h. 45 du soir, et le premier vendredi, de 7 heures à 7 h. 45 du matin, accomplissement de devoirs religieux.

Lettre du ministre de la Marine au préfet maritime de Brest.

Le 30 avril 1907, le ministre de la marine adressait la dépêche suivante au préfet maritime de Brest :

« Vous m'avez transmis, le 2 avril courant, une lettre par laquelle M. l’abbé Ménard, ancien aumônier de la marine, déclare consentir à assurer le

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service religieux du Borda et de la Bretagne (1), pourvu qu’il lui soit alloué, en sus de l'indemnité qui lui revient d’après le décret du 6 février 1907 (2), un supplément de 70 francs par mois.

« Ce supplément, sur la quotité duquel vous n’avez pas d’ailleurs exprimé d’avis, me paraît un peu élevé. Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien examiner s’il ne serait pas possible de le réduire dans une certaine mesure et de vous entendre définitivement à ce sujet avec M Ménard. Vous aurez à me rendre compte de l'accord intervenu.

«J’approuve, d'autre part, le projet de réglementation du service du culte de l’École Navale et de l’École des mousses, que vous m’avez soumis par lettre du 17 avril.

« Toutefois les heures choisies pour la célébration de la messe les dimanches et jours de fête, sur le Borda et la Bretagne, me paraissent trop rapprochées. Il y aura peut-être lieu d’ailleurs d'avancer cette heure en ce qui concerne le Borda; cette question comme celle du maintien de la conférence religieuse ne seront définitivement réglées qu’après examen du nouveau règlement de l’École navale que je compte vous communiquer prochainement en projet. »

Rapport du préfet maritime au ministre de la Marine.

Le 17 septembre 1909, le vice-amiral de Ma-

(1) Vaisseau école pour les mousses.

(2) Décret supprimant le corps des aumôOniers de la marine, aux termes duquel il leur était accordé une indemnité dont la quotité variait suivant le nombre d'années de services.

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rolles, commandant en chef et préfet Maritime de Brest, écrivait au ministre de la marine :

« Le service religieux à l’École navale (Borda) et à l’École des mousses et apprentis (Brelagne, Magellan) a été jusqu’à ce jour assuré par un unique prêtre qui dessert en même temps les deux Écoles.

« Ce poste est actuellement occupé par l'abbé Ménard, ancien aumônier de la Marine. |

« Chaque dimanche, après avoir officié à bord du | Borda, il se rend à l'École des mousses. Alternativement il dit la messe à bord de l’un des deux bâtiments de cette École, dans une batterie où se groupent tous les jeunes gens qui veulent y assister.

« Chaque messe est suivie d’une instruction religieuse pour les assistants.

« Dans ces derniers temps, vu l'insuffisance de ja | place à bord de la Bretagne, le service religieux se | faisait tous les dimanches dans une batterie plus vaste du Magellan, qui va devenir elle-même in- | suffisante, par suite du nombre considérable de jeunes gens qui vont être affectés à l’École.

« ILest donc nécessaire de prévoir aujourd’hui | une messe dite, à partir du 1°" octobre, à bord de ces deux bâtiments. Or, l'abbé Ménard, seul, ne peut pas assurer Îles trois messes nécessaires, une au Borda, deux à l’École des mousses et apprentis, | — ses pouvoirs ecclésiastiques étant limités à deux | messes quotidiennes.

« Il a donc fallu songer à assurer convenablement ce service religieux, et, en conséquence, je me suis adressé à M. l'abbé Roull, curé de la paroisse de

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