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CHAPITRE Ill

La protection douanière

Dans le chapitre précédent nous avons émis l’opinion que, lorsque des mesures de protection devaient être prises, le contingentement était un procédé très imparfait et qui remplissait mal son but. La seule mesure de protection possible, selon nous, est l’élévation des droits de douane.

Maintenant, nous allons pousser plus loin notre examen et nous allons étudier la question suivante : La France a-t-elle intérêt dans l’état présent de la conjoncture, à s’entourer de barrières douanières, quel que soit le procédé employé et à s’isoler du reste du monde ? La protection ne devrait-elle pas être réservée pour les cas de marchandises vendues à des prix de dumping, insuffisants à rémunérer le producteur.

L’état lamentable de notre balance commerciale

Ce qui caractérise particulièrement la situation présente c’est l’état fortement déficitaire de notre balance commerciale.

Le contingentement ainsi que nous venons de le voir, n’a nullement amélioré la situation, au contraire. Il en eut été de même de tout autre mesure protectionniste.

OO

Les partisans de la politique actuelle font remarquer

que le déficit de notre balance commerciale est dû au.

déclin de nos exportations et que ce déclin existait bien

avant le contingentement, qui ne peut par conséquent.

en être la cause. Ce déclin des exportations existe d’ailleurs un peu partout. M. Duchénois cite quelques chiffres à l’appui de cette remarque ; il écrit que les exportations de l’Allemagne, entre le mois de janvier 1930 et le mois de janvier 1932, ont baissé de 49 % ; la proportion est de 51 % pour la France, de 63 % pour les Etats- Unis, etc. (1).

Nous répondrons cependant que, s’il est logique qu’en

période de la crise le volume total du commerce diminue dans de grandes proportions, pour que cette diminution n’ait pas de répercussions dangereuses sur l’économie nationale, il importe qu’elle affecte aussi bien les importations, que les exportations.

Or, prenons l’exemple de l’Allemagne : s’il est exact que le chiffre de ses exportations ait baissé en deux ans de 49 , la régression des importations a été supérieure à celle des exportations puisqu'elle atteint 66 %. Pour la France, la proportion n’est que de 31 % seulement.

À cela l’on nous répondra certainement, que c’est justement le moment d’entraver les importations et de prendre des mesures de protection pour les ramener à un taux de diminution égal à cela des exportations.

Cela n’est pas notre avis, car l’accroissement de la protection élèvera les prix et par répercussion le coût de production des produits français qui s’exporteront

(1) J. Duchenoïs : La politique des contingents et notre commerce extérieur. « L'Information » du 5 août 1932.

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