‹ La politique du gouvernement Parent à Québec [microforme]Chapitre 8 sur 12 · LE SURPLUS LIBERAL · texte numérisé non relu

LE SURPLUS LIBERAL

Que dire maintenant, du gouverne ment actuel, qui en est rendu à une dépense annuelle de quatre millions et demi en chiffres ronds, c'est-à-dire une augmentation sur la moyenne de notre dépense annuelle ordinaire ? Et cependant, ces messieurs prétendent avoir des surplus! Le premier dont ces messieurs ont fait mention, a été pour l'année fiscale 1898-99. On l'avait annoncé d'abord comme étant de $23,000.00, mais l'état A annexé aux discours de l'honorable M. Duify dont je viens de parler, le porte à la somme de $15,179.18. La vérité est que pour bâtir ce déficit si cher à nos

pris dans l'état B. acle discours dont je viens Cela fait voir claire la mauvaise foi de nos adver -

adversaires, on a employé un truc bien vilain et bien indigne de la part d'un homme public qui se respecte. Je vais vous en donner immédiatement la preuve.

Si vous préférez au Journal de la Chambre, à la date du 31 janvier 1JUU, vous y verrez qu en réponse à une in terpeilation de l'honorable M. Flynn, lé gouvernement a été honteusement obligé de déclarer qu'un montant de $916.- #9 de salaire dû au 30 juin 1998-99 avait été payé après le ler juillet de cette année, parce qu'au 30 juin précédent les crédits votés par la Chambre pour ces salaires étaient épuisés.

Cela rogne d'autant le pauvre surplus de $15.000.

Le mème jour, répondant à une question de l'honorable M. Flynn, l'honorable M. Parent, notre premier ministre actuel, avoua avoir été obligé de remettre après le ler de juillet, le paie ment d'un montant de 150, pour Sa laires dûs avant le 30 juin aux agents de la seigneurie de Lauzon et les biens des jésuites. Un peu plus loin, à la même date, vous verrez aussi qu'en réponse à une autre question de M. Flynn le même M. Parent a été obligé d'a vouer qu'il avait renvoyé après le ler juillet le paiement d'une autre somme $1,858.68, due pour des salaires £gaés” avant la fin de l'année fiscale 1898-99, par les agents, sous-agents des terres, inspecteurs d'agences etc. Le premier février suivant continuant ses investigations, l'hon. M. Flynn demande encore s'il n'était pas resté dû le 30 juin 1899, un certain montant comme salaire aux garde-forestiers et à quelle date ce salaire a été payé. L'honorable M. Parent a été obligé de répondre qu'un montant de $5,030.69 dû le 30 juin 1899 comme salaire des garde-forestiers a été payé après le ler de juillet 1899. Le 5 févrie, l'honorable M.

Nantel demande si au 30 juin 1899 il n'est pas resté un certain montant dû et non pavé dans le département de la Colonisation et des Mines: l’honorable M. Turgeon répond que oui, que ce montant s'élève à la somme de $5,- 543.49. A la même date et dans la même séance l'honorable M. Flynn demande s’il n’était pas resté dû certain montant, resté non payé à la date du 30 juin 1899, comme frais d'arpentage et autres.

L'honorable M. Turgeon répond qu'en effet une somme de $16,436.45 due comme frais d’arpentage avant le 30

juin 1899 n'a été payée qu'après le ler juillet, c'est-à-dire pendant l'année fiscale suivante.

Le 8 février l'honorable M. Atwater demande au gouvernement quelques informations sur un montant de $113,- 723.80 mentionné dans les comptes publics comme ayant été reçu de la Puissance du Canada à titre d'intérêts accumulés sur les fonds restés en fi-

déicommis entre les mains du gouvernement fédéral depuis la Confédération. A cela, l'honorable M Mar-

chand répond que ce montant se décompose comme suit, en arrérages d'intérêts pour les années suivantes 1895-96 $10,386.20; 1896-97 S20,61 472; 1897-98 S11, 94; 1898-99 $71,385.94 Si, d'un côté vous enlevez des revenus de l'année 1898-99, ce montant de $42,337.86 représentant les, arrérages de intérêts que je viens de mentionner pour les années 1895-96, 1896-97, 1897-98, si vous enlevez, dis-je, cette ‘omme du montant des revenus ordinaires pour l’année 1898-99, le surplus de $15 000 dont se vantaient nos adversaires est vite mangé, et voilà du coup un déficit de S27, (: Ajontez à cela, le montant de $21,392.71 auquel rent les sommes restées non payées au 30 juin 1899, et qui ont été payées après le ler juillet de la même année, vous aurez un déficit indéniable de $51,551.39.

Maintenant, Messieurs, je vais vous poser -une question bien simple :— Pour-uoi venir devant le peuple avec une audace digne d'une meilleure cause, prétendre que l'on à eu un Surplus de $15,000 quand en réalité c'était un déficit de $51,551.39. Et, ce déficit serait beaucoup plus considérable si, au lieu de les conserver en réserve pour l'avenir l'on ne vendait pas tous les ans des étendues considérables de nos belles et riches forêts de bois de pulpe, dans le seul but de masquer les déficits considérables que l'administration Parent inflige tous les ans à notre Province.

Page 1