‹ La politique du sultanChapitre 20 sur 106 · ABD-UL-HAMID II · texte numérisé non relu

ABD-UL-HAMID II

Au témoignage de tous ceux qui l'ont approché, le Sultan Abd-ul-Hamid II est, en apparence, un homme très doux. Réservé, poli, un peu déconcertant et froid au premier abord, il s'applique à rendre sa fréquentation attachante et à gagner tous ses visiteurs. Son humeur est toujours égale et sa parole toujours affable, son intelligence réelle et sa curiosité d'esprit très vive, mais sa culture presque nulle : se complaisant seulement aux farces grossières du théâtre turc et aux romans mystérieux ou sanglants de notre presse populaire, il s'est fait traduire Pierre Zaccone et Xavier de Montépin. De caractère timide,

il est d'une ténacité inusable et d'un entêtement sans bornes. Sa piété, peut-être simulée, est étroite et superstitieuse, et sa vie, sérieuse jusqu'à l'austérité. Les « Jeunes Turcs » les plus sévères sont forcés de reconnaître que ce le trône ottoman n'avait pas été occupé, depuis des siècles, par un souverain aussi irréprochable dans ses mœurs, aussi modéré dans ses plaisirs*. »

Les diplomates qui ont passé par Constantinople ont tous commencé par être sous le charme de cet homme, et beaucoup y sont restés^: charme personnel, fait de l'extrême politesse que cet autocrate témoigne à ses interlocuteurs, de l'attention qu'il accorde à leurs remarques, de l'autorité qu'il feint d'attribuer à leurs conseils, des preuves évidentes de travail, d^étude des affaires, de bonne volonté et de scrupules même, qui paraissent dans ses questions et dans ses réponses. Il sait écouter. On ne sort jamais d'une audience que satisfait et touché. Les Jeunes Turcs les

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