‹ La politique du sultanChapitre 26 sur 106 · Retour libre des émigrés arméniens · texte numérisé non relu

Retour libre des émigrés arméniens

1 1 . Amnistie générale pour les condamnés politiques arméniens ;

12. Nomination d'une Commission temporaire, formée par les Représentants des grandes puissances, laquelle s'établira dans une des villes principales de l'Arménie et surveillera l'exécution des articles susdits.

Le Trochak, au reste, en tant que société, n'eut pas un grand rôle : Tattaque de la Banque Ottomane en 1896 fut son seul exploit. Mais, au sein même de THindchak, jusqu'en 1898, les Arméniens russes eurent une influence prépondérante, surtout dans les comités d'Asie Mineure. Là, à partir de 1891, les Hindchakistes se conduisirent en véritables terroristes, aussi bien envers leurs congénères qu'envers les populations et les autorités. Leur but hautement avoué était de rendre nécessaire, à n'importe quel prix, une intervention européenne. L'exemple des Slaves et le mot bien connu d'Aali-Pacha sur le Zeïtoun hantaient leurs esprits : ils voulaient un Monténégro arménien. Ils croyaient qu'étant données la propagande et l'oppression russes, et, d'autre part, l'entente du Sullan avec le Tsar, ils n'avaient plus de temps à perdre. A cette heure décisive, mesurant l'importance et les difificultés de l'entreprise, ils étaient décidés à tous les sacrifices et à tous les moyens :

« Il faudra beaucoup de choses pour arriver à la délivrance, disait la Ligue patriotique arménienne dans un de ses Appels; il nous faudra beaucoup de temps et d'argent, et il nous faudra beaucoup de sang. . . Pour accom-

LE SULTAN ET L ARMENIE lyi

plir notre œuvre, beaucoup devront engager leurs vies et succomber, les armes ou la plume à la main*. »

Il fallait d'abord grouper toute la nation et montrer à TEurope une Arménie, et une Arménie mécontente. Or, le peuple arménien, malgré tout, n'était pas mécontent, dans l'ensemble tout au moins. Les paysans souffraient et criaient, mais les citadins, habitués au calme et aux bénéfices du bazar, et surtout les fonctionnaires arméniens, très nombreux encore dans toutes les administrations, ne se plaignaient pas. Les comités rencontrèrent de l'indifférence chez les riches et de l'hostilité chez des employés du gouvernement, qui les dénoncèrent même aux autorités. Les Comités terrorisèrent les riches par des menaces et les mouchards par des assassinats.

Le nommé Garabet Kernulian, écrit en 1898 l'agent consulaire anglais de Samsoun, a été assassiné par ordre des Comités arméniens pour avoir dénoncé au sous-préfet leur intention d'afficher des placards. Le nommé S. Paghladounian a été assassiné à Amassia, également par ordre des Comités, pour avoir dénoncé leurs secrets... Un autre espion, Djamakian, a eu la tête tranchée et placée entre ses

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