I. Livre Bleu, 1896, YI, p
mains, et un de ses doigls coupé introduit dans la bouche.
Le 3 mai courant, un mercredi, vers dix heures à la turque (cinq heures du soir), c'est-à-dire en plein jour, le nommé Mighirditch Mirigianian a été assassiné en passant devant l'église grecque de Marsovan par deux hommes portant le costume de Kurdes. Ce Mirigianian, originaire d'Eghin, habitait dernièrement Ordou, et Bekir-Pacha l'avait amené avec lui pour lui servir d'espion auprès des Arméniens. Les membres du Comité décidèrent de le faire assassiner, et c'est pour espionnage que le crime a été commis.
Le 7 mai, un dimanche, le nommé Agop Ghulian, qui marchait dans la rue avec sa femme, a été également assassiné par deux individus, par ordre des Comités et pour avoir dévoilé leurs secrets.
On parle d'un troisième assassinat commis également dans les mêmes conditions, mais ce bruit mérite confirmation: la moindre indiscrétion ou divulgation d'un secret d'un Arménien auprès des autorités suffit pour que sa mort soit aussitôt décidée par un pouvoir occulte dont la puissance paraît grandir ' .
Avertis par de tels exemples, les Arméniens restés fidèles à la Turquie ou seulement indifférents durent servir ou tolérer la propagande. Peu à peu, chaque ville arménienne tomba