‹ La politique du sultanChapitre 29 sur 106 · I. Livre Bleu, iSgD, I, p · texte numérisé non relu

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les Italiens ont procédé chez eux il y a quelques mois à peine ? »

Dans un pays, où tout le monde est armé, ce raisonnement du Sultan ne manque pas de valeur. Qu'Abd-ul-Hamid ait cru nécessaire à sa sécurité personnelle et à la tranquillité de son empire de supprimer la propagande arménienne, soiti Ce n'était pas une politique d'homme éclairé et perspicace, car, même en acceptant les demandes des comités, on peut croire qu'il eût servi les véritables intérêts de son gouvernement et de ses peuples. Mais c'était son droit de souverain absolu. Or, il pouvait atteindre les comités; malgré le secret et la terreur dont ils s'entouraient, l'autorité les atteignit toutes les fois qu'elle en reçut l'ordre et qu'elle voulut s'en donner la peine :

Depuis quelque temps Séjà, écrit le consul anglais de Samsoun le 28 septembre iSgS, Békir- Pacha avait connaissance, par un espion, du lieu où les membres du Comité se réunissaient. Ayant rassemblé trois cents hommes composés de zaptiehs et de soldats, il fît cerner dans la nuit du 20 au 21 tout un quartier, et, afin de prendre les membres du Comité vivants, il attaqua à la pointe du jour la maison qu'ils occupaient. Ceux-ci se défendirent à coups de feu et lancèrent même deux bombes de dynamite au milieu des assaillants. Ce n*est qu'a-

près un siège de quatre heures qu'on s'empara du local. La troupe a fait également usage de ses armes. Elle a eu, dit-on, vingt-cinq hommes morts et blessés. Le chef du Comité que l'on prétend être un Arménien du Caucase, de nationalité russe, a été pris blessé en voulant s'enfuir par les toits. Il a expiré le lendemain ; on a eu le temps, cependant, de lui faire subir un interrogatoire qui a été sans conséquence et n'a compromis aucun de ses complices. Deux membres du Comité ont été tués ; deux autres, voyant que toute résistance était inutile, se sont suicidés afin de ne pas tomber vivants entre les mains des Turcs. Quatre ont été pris sur lesquels un est parvenu à s'échapper *

D'autre part, il pouvait, par rintermédiaire du Patriarche, des évêques, des chefs des communautés et surtout de ses fonctionnaires arméniens, arriver à la nation et réveiller en elle, contre les comités, le désir de calme et de paix qui animait au fond ce peuple de commerçants, moins curieux de politique que de bonnes affaires.

Mais tous ces instruments d'influence et de pacification furent brisés un à un ou employés à l'œuvre de tyrannie et de persécution. On surveilla d'abord les employés arméniens et on élimina ceux qui ne voulurent pas se prêter

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