PREFACE
monde sait qu'un acte de poKtique étrangère ne se discute pas si librement qu'une loi sur les sucres, et qu'il faut pour parler des affaires extérieures metlre une sourdine à la trompette. Toutes ces raisons, mauvaises ou bonnes, — incuriosité, ignorance, timidité, d'une part, et d'autre part, prudence, discrétion, réserve, — expliquent en partie le silence et la torpeur. D'où il résulte que les affaires étrangères sont encore traitées à peu près comme au temps monarchique. Or il faut évidemment que nous apprenions à les traiter comme en temps de République.
Remarquez cette anomalie étrange. 11 n'est pas un acte, si petit, si insignifiant d'un ministre qui ne puisse être discuté, donner lieu à une question et à une interpellation, à une crise ministérielle. Qu'un préfet soit déplacé avant ou après des élections, le ministre peut être mis sur la sellette, et, à la fin, précipité de cette sellette. Mais un traité d'alliance peut être conclu, qui engagera toute notre poli-