I. Livre Bleu, 1896, III, p
a. Livre Bleu, 1896, III, p. i83.
Le sentiment religieux n'étant pas suffisant, on essaie de réveiller les haines sociales et politiques. Les agissements révolutionnaires des comités, même leurs meurtres et leurs attentats, n'avaient que médiocrement ému l'opinion musulmane. Dirigés en général contre des Kurdes pillards, des Arméniens mouchards ou des fonctionnaires pubUquement décriés et haïs, ces meurtres avaient délivré les musulmans autant que les chrétiens ; en plus d'un cas, les comités rencontrèrent la complicité et l'appui des communautés musulmanes. Pour rompre cet accord, l'autorité prit l'habitude de mettre tous les crimes et délits, vols ou meurtres, au compte des Arméniens qui, disait-elle, se croyaient devenus maîtres de tout, parce qu^ils avaient l'Europe derrière eux. A Van, un lieutenant, nommé Edhem-Bey, est assassiné par un Kurde, dont il a, de gré ou de force, enlevé la sœur : le vali met treize Arméniens en prison*. A BitUs, un mollah usurier est roué de coups par ses