‹ La politique du sultanChapitre 53 sur 106 · I. Livre Bleu, 1896, VI, p. 2i · texte numérisé non relu

I. Livre Bleu, 1896, VI, p. 2i

débiteurs musulmans : on arrête vingt Arméniens. Les comités essayèrent vainement de se disculper, eux et leur peuple, en des placards répandus dans les quartiers musulmans :

Osmanlis, le mouvement révolutionnaire arménien fonctionne sous vos yeux depuis des années. Nous avons tué des centaines de canailles à Constantinople. Van, Erzeroum, Césarée, etc., mais qu*élaient-ils? Arméniens, encore Arméniens et toujours Arméniens. Si nos efforls allaient contre les musulmans et l'Islam, comme le Gouvernement voudrait vous le faire croire, n'aurions-nous tué que des Arméniens ? Considérez les réalités, ô Mahométans, et reprenez votre raison. 11 faut tous nous unir contre l'ennemi commun en prenant pour devise : « Justice, Loi et Droit », et en laissant la mosquée aux musulmans et l'église aux chrétiens ^

Ces paroles, qui nous semblent très sages, ne pouvaient qu'exciter Tanimosité ou la défiance. Les Arméniens réclamaient Tégalilé de droits et de lois. Le musulman se considère toujours, en droit, comme le maître; en pratique, il tient même aux formes qui traduisent ce droit aux yeux de tous. Il pense que l'égalité tournerait bien vile contre lui;

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