I. Livre Bleu, 1896, III, p
Le procès d'Angora et l'agitation de l'Alliance Evangélique viennent alors confirmer les plaintes de l'Association anglo-arménienne. Le Sultan et la Porle se plaignent de l'encouragement donné aux révolutionnaires par les discours que l'on tient au Parlement et par les articles que l'on tolère dans la presse ; ils voudraient sans doute que les journaux de Londres fussent traités comme ceux de l'empire. Rustem-Pacha apporte même au Foreign OflBce un télégramme du Palais presque insolent : l'attitude du gouvernement anglais n'est pas conforme, est-il dit, à l'ancienne amitié de l'Angleterre, et le Sultan se demande si cette regrettable situation va se prolonger ou arriver à un dénoûment * (21 août 1898). Mais Rustem est obligé de prévenir son maître que l'attitude du gouvernement est bien conforme aux sentiments
actuels de la nation : à la Chambre des communes, on signe une pétition pour la grâce des prisonniers d^ Angora ; les communications des deux professeurs Thoumayan et Kayayan, maintenant exilés, ont indigné toute la presse.