Mourad-bey, le Palais d'Yildiz^ p
temps que la plus complète indifférence : ce Un an de séjour dans ce pays, écrit encore en 1892 le consul d'Erzeroum, m'a rendu bien sceptique sur les plaintes des Arméniens*». Il fallut la campagne très violente et très tenace du Daily News pour changer ces sentiments.
Il est certain que la réussite de cette campagne surexcita les espérances et les efforts des Comités. L'arrivée aux affaires d'un cabinet libéral, en août 1892, leur donna un nouvel élan : les consuls anglais sont les premiers à en convenir *. Mais, libéral ou conservateur, le gouvernement anglais n'agissait que contraint par l'opinion publique, et l'opinion eût été aussi pressante dans le reste de l'Europe, si le public européen eût été tenu au courant comme le public anglais.
Mais le gouvernement anglais avait sur les bras, ou prévoyait déjà, en Afrique, en Amérique, en Asie, d'autres affaires bien plus importantes, que lui avait attirées sa politique des mains pleines et qui réclamaient sa liberté d'action. Il ne pouvait abandonner les Arméniens et, devant la duplicité du Sultan et la méfiance de l'Europe, il sentait son impuis-