‹ La politique du sultanChapitre 82 sur 106 · I. Livre Bleu, 1896, I, p · texte numérisé non relu

I. Livre Bleu, 1896, I, p

a. Livre Bleu, 1896, I, p. 93.

iJ

LES MUSULMANS ET L'EUROPE SoQ

que M. Hanotaux, en présence de la situation très grave des affaires macédoniennes, est décidé à résoudre sans délai la question d'Arménie et qu'il espère, par une vigoureuse action combinée des trois puissances, amener le Sultan à céder. Le ministre russe hausse alors le ton et défend d'aller plus loin; le cabinet français recule (24 juillet) ^

Les deux cabinets ont retiré la négociation de la main des ambassadeurs et ils échangent directement leurs vues. Le Sultan est à l'aise. Il envoie un haut commissaire en Asie Mineure et promet d'aviser à une meilleure administration du pays. Il renouvelle, au sujet des réformes, des réponses tellement dérisoires que les ambassadeurs déclarent ne pouvoir les prendre au sérieux (5 août 1896). De* cabinets en cabinets, de projets en contreprojets, et de mémorandums en notes verbales, on a laissé passer deux mois (10 juin- 5 août). Le public anglais s'impatiente : le rapport des délégués à l'enquête du Sassoun est maintenant connu; le grand meeting de Ghester, après un violent discours de M. Gladstone, flétrit la conduite des Turcs et réclame

I, Livre Bleu, 1896, I, p. 96-97.

3lO LÀ POLITIQUE ©U StJLTÀN

du gouvernement anglais une attitude énergique, au nom de la nation tout entière, sans distinction de partis. A Constantinople, les ambassadeurs de France et de Russie, euxmêmes, perdent patience. Mais la voix du prince Lobanoff s'élève encore pour déclarer que les ambassadeurs sont allés trop loin, que leurs projets de réformes étaient inadmissibles, que leur insistance est déplacée, et que toute pression par la force répugnerait à Tempereur*.

L'Angleterre propose alors (i6 août i8g5) de limiter les demandes à l'organisation d'une surveillance européenne sur l'administration, — c'est le retour à la politique qu'elle a pratiquée de 1880 à 1890, — et ce projet semble au prince Lobanoff de tous points conforme à l'article 61 du traité de Berline L^ Allemagne, encore invoquée par l'Angleterre, conseille à la Turquie, en termes énergiques, d'écouter les nouvelles demandes anglaises. Les trois ambassadeurs, qui ont cessé de réclamer les réformes, insistent pour la création d'un comité de surveillance international. M. de Nélidoff déclare même que, si

Page 1