‹ La politique du sultanChapitre 96 sur 106 · I. lÀvre BleUt 1896, VIII, p · texte numérisé non relu

I. lÀvre BleUt 1896, VIII, p

LES MUSULMANS ET L^EUROPE 33l

travail en commun, soit pour le règlement de la situation en Asie Mineure, soit même pour la solution complète de la question orientale. A chaque nouveau massacre, à chaque conversion forcée, qui transformait parfois tout un district chrétien en pays musulman, elle avait essayé d'amener le prince LobanofI à une intervention efiTective. Le prince s'en tenait toujours à sa politique : ne pas diminuer le pouvoir du Sultan et ne pas encourager les efforts arméniens. Son expérience des choses orientales, disait-il, lui permettait d'affirmer que tous ces troubles finissent par mourir de leur belle mort, toutes les fois qu'ils ne sont pas entretenus par l'action continue de quelque influence étrangère *. L'ambassadeur anglais décidait ses collègues à mettre en commun les rapports de leurs consuls, et les représentants des six ambassades, au moyen de ces documents, dressaient le tableau général des massacres qui fut publié en français dans le Livre Bleu^. Mais le prince Lobanoff répétait toujours qu'il fallait laisser au Sultan le loisir de rétablir l'ordre en Asie Mineure et, pour le moment, intervenir aussi peu que possible

\, Livre Blea^ 1896, II, p. 168.

2, Livre Bleu, 1896, II, p. ao6.

dans les affaires turques ; la tranquillité , disaît-il, n'avait pas été aussi violemment troublée qu'on le pensait, et, partout, d'ailleurs, elle était rétablie*. Dans les réunions d'ambassadeurs, où ceux d'Allemagne, d'Autriche el d'Italie appuyaient leur collègue d'Angleterre, M. de Nélidoff refusait toute discussion sur un autre sujet que la protection des nationaux^ ; l'ambassadeur français essayait vainement de ramener son allié à une vue plus juste des réalités.

Depuis le changement de ministère en France, soit par suite d'une direction nouvelle, soit simplement qu'il fût converti par le spectacle des derniers mois, l'ambassadeur français semble avoir été plus enclin à aider les efforts de l'Angleterre. Il avait une assez grande influence sur ses collègues, par le fait de l'estime où chacun le tenait, par le fait aussi tout matériel que, malade et ne pouvant quitter la chambre, il les réunissait d'ordinaire chez lui. Il semble que les télégrammes el les rap-

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