‹ La Politique Ecclésiastique du Second Empire de 1852 à 1869Chapitre 68 sur 150 · BB: 397 P · texte numérisé non relu

BB: 397 P

(») La Rochejaquelein : La France en 1853 (1853, in-12). Le député de Bressuire, de Lénardière, subissait l'influence de La Rochejaquelein,

Dans le reste du diocèse, le clergé a beaucoup moins d’influence. La bourgeoisie est libérale, le peuple des villes est démocrate, les paysans ne sont pas cléricaux ; ils sont même irréligieux dans le sud des Deux-Sèvres (1). Les grands propriétaires légitimistes sont assez nombreux, et, grâce à leur appui, l’enseignement congréganiste progresse, mais les frères restent peu populaires, et l’évêque juge imprudent de les établir dans des communes qui leur sont au fond peu favorables et où leur avenir n’est pas assuré. Chatellerdult refuse de leur confier ses écoles (2). C’est la personnalité de l’évêque Pie, qui fait des rapports avec le clergé la principale préoccupation de l'administration.

Légitinuste et ultramontain, Pie, nommé évêque de Poitiers à trente-quatre ans, en 1849, par Falloux, exerce par son énergie et son talent une influence considérable. Il est en relations avec le comte de Chambord, et a supplanté l’ancien chef du parti légitimiste, de Curzon, dont le journal, l’Abeille, a été supprimé après le coup d’État. Le Courrier de la Vienne, créé pour recueillir la succession de l’Abeille, a pour directeur limprimeur de l’évêché, Oudin, qui, tout en ménageant l’administration, obéit aux ordres de Pie. Le seul autre journal local, le Journal de la Vienne, subit également l'influence de Pie. En 1854, Pie fonde à Poitiers un collège de Jésuites. Avec leur collaboration et celle des légitimistes, il dirige les nombreuses associations religieuses du diocèse : les conférences de Saint- Vincent de Paul, qui groupent l'aristocratie poitevine, et où les élèves de l’école de droit s'inscrivent pour assurer leur avenir ; la société pour la sanctification du dimanche, qui domine les commerçants et artisans en les menaçant de leur retirer leur clientèle ; la société philanthropique, qui assiste les ouvriers en cas de maladie et cherche à les enrôler ; l'œuvre des Blandines, qui place les domestiques, et que l’on soupçonne d’être un service d'espionnage. Il existe en outre un cercle légilimiste ; des banques et des sociétés d'assurance sont dirigées par des légitimistes cléricaux (3). Au milieu d’un pays indifférent, dans une ville dont la majorité reste libérale, Pie a su se créer des moyens d'action et un prestige qui font de lui le principal personnage de la région.

(1) C'est-à-dire dans la plaine et le marais. T1 y avait dans ces régions des minorités protestantes.

(3) F19 6.253 : rapport de l’avocat général Darnis. FT 297, 20 octobre 1861,

rapport de Gallix.

Son influence s'exerce, non seulement sur la société locale, mais sur la plupart des agents du gouvernement. Presque seul, la procureur général Damay lui est résolument hostile. Libéral avant 1848, rallié à la République puis à l’Empire, il reste l'ennemi acharné des légitimistes et des cléricaux. Il estime que le gouvernement impérial, en Vendée, dans les Deux-Sèvres et dans la Vienne, doit s’appuyer sur les bleus pour combattre les blancs qui ont mal accueilli le coup d’État. Il déplore les concessions faites aux blancs dans l’espoir de les rallier et dont le seul résultat est d'accroître leur influence. Mais Damay n’a pour lui que ses subordonnés des parquets, et 1l est suspect aux conservateurs, Le premier président, de Sèze, brouillé avec Damay, est en excellents termes avec Pie qui le flatte et le fait nommer grand croix de l’ordre de Saint-Grégoire le Grand. De Sèze, dans ses présentations pour les nominations de magistrats, tient grand compte des recommandations de Pie. Il espère, par son intermédiaire, rallier les légitimistes, mission dont l’a chargé Persigny. Il est, depuis 1854, président du conseil général de la Vienne. Les officiers de la garnison sont légitimistes. Le recteur, nommé après 1854 inspecteur d'académie, Audinet, est tout dévoué au clergé. Beaucoup d’autres fonctionnaires, notamment ceux des finances, appartiennent également, soit par conviction, soit par crainte ou par vanité, au parti de l’évêché. Il est de mauvais ton et imprudent de se proclamer impérialiste sans réserves. |

Après le coup d’État, le préfet Jeanin résiste à Pie, qui s’abstient dans les deux plébiscites ; mais l'opposition de l’évêché rend bientôt sa situation intenable, et il demande son changement (mars 1853). Son successeur, Rogniat, tente de rallier Pie à l’Empire et nomme des maires sur sa recommandation. Mais Pie refuse la croix en août 1853, et le décret du 31 décembre 1853 sur l’instruction publique accroît son hostilité contre le gouvernement. Comme les légitimistes, et contrairement à la plupart des évêques, il se montre hostile à la guerre de Crimée. Son mandement du 17 avril 1854 où il prescrit de prier, non pour la victoire, mais pour le pape, mécontente vivement le gouvernement impérial. Rogniat juge alors, comme Damay, que l'opposition de Pie est irréductible, qu'il est et restera « l'âme du parti légitimiste » mais que «son influence sur les masses et dans les campagnes est nullé au point de vue politique », et que le

dévouement des paysans à l’Empire « semble s’accroître en

proportion de l'hostilité du parti légitimiste et du clergé ARE La préfecture et l'évêché, tout en gardant des relations courtoises sont en conflit constant. Rogniat fait déplacer ou blâmer des fonctionnaires légitimistes (2). Pie s’abstient de donner des instructions pour la fête de l’empereur (15 août 1854), laisse son clergé faire de la procession de Sainte-Radegonde, par la profusion des ornements fleurdelysés, une manifestation légitimiste (3), attaque dans un mandement le gouvernement piémontais et ses partisans français (novembre 1855). A la fin de 1855, il se rend à Rome, passe par Paris où il voit l’empereur, à qui il se plaint de Damay, met Pie IX en garde contre le projet de Fortoul sur les facultés de théologie, voit au retour le comte de Chambord, puis de nouveau l’empereur à qui il fait l'éloge du gouvernement pontifical. En juin 1856, il refuse de se rendre au baptême du prince impérial, puis se décide à y assister, sur les instances de Fortoul. En septembre 1856, Rouland nomme recteur à Poitiers son ami l’abbé Juste, professeur à la faculté de théologie de Rouen, gallican et impérialiste qui entre bientôt en lutte ouverte avec Pie. Damay attaque publiquement Pie dans un discours prononcé à la séance de rentrée de la cour, sur « la conciliation », où il oppose clairement l’intransigeance de Pie à la modération de ses collègues de Luçon et de La Rochelle (novembre 1856) (4).

. Mais Rogniat est remplacé au début de 1857 par Paulze d’Ivoy qui de nouveau cherche à rallier Pie. Il obtient que les légitimistes ne combattent pas les candidats officiels aux élections de 1857. En retour, il fait élire en 1858 des conseillers généraux légitimistes. Il assiste à la pose de la première pierre du nouveau collège des Jésuites, ce dont le blâme Delangle (15 juin 1858). En août, une adresse au comte de Chambord, pour laquelle de Curzon réunissait des signatures, est saisie (D).

Malgré Pie et La Rochejaquelein qui veulent étouffer l'affaire, malgré le premier président et le préfet, enclins aux ménagements, Damay et ses collaborateurs obtiennent, en première instance

(1) F1° 2.561 ; 26 mai 1854.

(2) Fe III Vienne 6 (8 juillet 1854) et 8 (7 mars et décembre 1854), Ger- -cay 165 AI 10 ; 24 mai, 10 juin, 20 novembre 1854).

(3) BB: 385. L'administration obtint de Pie que les fêtes de l'Immaculée Conception ne fussent pas marquées par de semblables démonstrations (BB°° 406 P 1.077).

(4) De Sèze et d’autres magistrats allèrent présenter leurs excuses à Pie (Baunard : Histoire du Cardinal Pie).

(5) BB:° 421, P 1.625. Au cours des perquisitions, on trouva des lettres de Curzon très dures pour Pie qu'il jugeait trop modéré.

et en appel, la condamnation de Curzon et celle de ses complices (11 septembre-12 octobre).

En même temps que dans la Vienne, les adversaires et les partisans de l'alliance avec le clergé s’affrontent dans les Deux- Sèvres. La Rochejaquelein est maître absolu du bocage, où Pie vient en 1857 prononcer l’oraison funèbre de sa mère, Il a pour adversaire le général Allard, président de section au Conseil d'État, conseiller général de Parthenay, qui ambitionne la présidence du conseil général. Damay (1) et les libéraux de la plaine et du marais soutiennent Allard en haine des légitimistes cléricaux. Le préfet Lowasy de Loinville se brouille avec Allard (2), et le conflit éclate à la session d'août 1858 du conseil général. Comme dans la Vienne, le gouvernement ne prend pas nettement parti entre ses agents” divisés.

Angers (3). — Le clergé et la noblesse légitimiste dominent entièrement les pays de bocages situés à l’ouest d'Angers (4), et sont très puissants dans tout le département bien qu'il y ait des républicains dans les villes et que les populations des arrondissements de Baugé et de Saumur soient peu religieuses (5). Les légitimistes ont un journal influent, l’Union de l'Ouest, et un chef habile, Falloux.

Ils votent oui au plébiscite de 1851 par crainte des révolutionnaires. Falloux, qui s’est personnellement abstenu, et l’Union de l'Ouest, incitent leurs amis à collaborer avec le nouveau gouvernement. Le préfet Vallon veut à tout prix garder leur concours. Aux élections de 1852, il propose de soutenir à Baugé Segré la candidature de Falloux. Celui-ci refusant de se présenter, son ami Bucher de Chauvigné obtient l’appui de l'administration. Il est facilement élu avec le concours du clergé et de presque tous les légi-

(1) F2 TITI Deux-Sèvres 10 ; La Rochejaquelein à Delangle : « Le procureur général de Poitiers, que depuis longtemps je signale comme la fatalité du gouvernement dans cette partie de l'Ouest... » *

(2) Ce sont des questions de personnes très compliquées, plutôt qu’un dissentiment politique, qui opposèrent le préfet aux libéraux.

(3) Kiel Bourlon de Rouvre. Fie III Maine-et-Loire 4. Fe II 100. BB°0 368 ; 403 P 625, 406 P 820, 421 P 1.632. F1° 2.489, F1? 9,110. Voir bibliographie ; épiscopal Angebault, et catholiques libéraux, Falloux.

(4) Le recteur de Rennes note que dans le bocage angevin (arrondissement de segré et une partie de celui d'Angers), le clergé est dominé par la noblesse, mais qu’il a «une influence plus pérsonnelle » dans le bocage vendéen (arrondissement de Beaupréau), (F 279,986, 9 juillet 1858). A. Siegfried fait la même remarque dont l’évolution politique de ces régions a depuis montré la justesse. «

(b) Les obsèques d’un habitant de Tiercé qui avait refusé les sacrements sont suivies d'une foule nombreuse, et le préfet s'inquiète du « caractère antireligieux » de cette « manifestation » (Fe III Maine-et-Loire L1, 1travril 1853)

timistes. Les candidats officiels sont élus dans des conditions analogues à Angers et à Saumur. Mais à Beaupréau, l’administration combat Durfort de Civrac, un des rares légitimistes qui se soient montrés hostiles au plébiscite. Il est élu malgré elle avec l’appui du clergé (1). Les légitimistes s’abstiennent au plébiscite de novembre 1852.

L’évêque Angebault, tout en protestant de sa reconnaissance et de sa loyauté envers l’empereur, ajoute « qu’il ne faut pas s'étonner si le clergé dans nos provinces garde une attitude réservée. Ce culte du passé, ou il le partage, ou il doit le respecter pour ne pas froisser des hommes estimables, des susceptibilités respectables (2) ». Angebault lui-même est très réservé sur la question dynastique ; ses mandements sont favorables au pouvoir civil, mais il y parle plus volontiers du chef de l'État que del’empereur. Il est d’ailleurs hésitant et susceptible, sans énergie ni autorité. Sans faire d'opposition, il se plaint vivement de la loi de 1854 sur l'instruction publique, et, après 1855, de la presse irréligieuse.

Le clergé reste donc solidaire de la noblesse légitimiste ; ils ne se rallient pas ouvertement à l'Empire maisils l’acceptent, l’administration les laissant maîtres du département. Cette collaboration, resserrée en 1895 par l'affaire de la Marianne, se maintient au élections de 1857 (3). Elle a pour résultat les progrès de l’enseignement ecclésiastique et des congrégations. Sur cinq collèges communaux existant en 1850, quatre ont été cédés au clergé, dont trois, Baugé, Cholet et Doué, à l’évêque qui dirige en outre les deux grands collèges de Combrée et de Beaupréau. Les écoles primaires congréganistes se multiplient. Dans tous ces établissements, l'esprit de l’enseignement ést légitimiste. L'influence et la richesse des Jésuites d'Angers s’accroissent ; les Capucins commencent à s'établir dans le diocèse

En même temps, le diocèse évolue vers lultramontanisme. Gallican comme beaucoup de ses prêtres, Angebault, en 1852, demande au gouvernement de protéger l'autorité épiscopale contre les ultramontains, mais il n'ose pas défendre contre eux le

(1) Par 9.772 voix contre 4.410 à de Quatrebarbes, légitimiste, el 4.321 à Cesbron- Laveau, officiel.

(2) F1° 2.489 : 4 décembre 1852. , ÿ :

(3) Vallon alla jusqu’à désigner Durfort de Civrac comme candidat officiel. Civrac refusa le patronage de l'administration qui fit alors élire contre lui Las Cases, connu pour son dévouement à l'Église (par 9.536 voix contre 7.964). Les trois autres députés sortants furent réélus avec l'appui du clergé. A Angers, le républicain réunit 10.276 voix

ontre 11.540 à Duboys (BB:* 1.567).

chef des gallicans angevins, Bernier, son ancien vicaire général ; il a pour confesseur le supérieur des Jésuites ; il rétablit la Hturgie romaine en 1858. Cependant les ultramontains appuyés par l’Union de l'Ouest, par les congrégations et par la société de Saint- Vincent de Paul continuent à le combattre en Anjou et à le desservir à Rome.

Le 13 novembre 1857, un nouveau préfet, Bourlon de Rouvre, est nommé. Venant des Vosges, il est effrayé de l'emprise légitimiste et cléricale sur l'administration et l’enseignement, et de la domination exercée sur les populations par un clergé qui, jusqu'ici, a prêté son concours au gouvernement mais qui ne lui est pas dévoué. Il ne cache pas son intention de suivre une politique opposée à cele de Vallon ; aussitôt une vive opposition se manifeste, qui l’oblige à plus de prudence. Mais le procureur général, Métivier, et le recteur de Rennes Mourier, sont d'accord avec lui sur la nécessité de résister au clergé, et, dès 1858, ils s’y emploient de concert.

Le Mans (1).— En 1852, le diocèse du Mans, formé de la Sarthe et de la Mayenne, comprend deux régions très différentes. Le bocage, c’est-à-dire les arrondissements de Laval et de Château- Gonthier et la lisière ouest de la Sarthe, est soumis au clergé et à la noblesse légitimiste qui, ailleurs, ont peu d'influence. Au point. de vue religieux « la Mayenne, c’est un peu la Bretagne, avec la même foi, mais avec un degré de lumière de plus. Dans la Sarthe, on est moins religieux, beaucoup plus indifférent, quoiqu'il n'existe nulle part d’irréligion proprement dite et de haine contre le clergé (2)». Au point de vue politique, la Mayenne est un département de l'Ouest, dominé par les blancs, bien que l’arrondissement de Mayenne soit bleu ; la Sarthe, comme l’ensemble de la France à cette époque, est surtout préoccupée de la menace révolutionnaire contre laquelle s’unissent tous les conservateurs.

C'est dans cet esprit que l’évêque du Mans, Bouvier, fait voter son clergé pour le gouvernement aux deux plébiscites et aux élec- Lions de 1852 où les candidats officiels sont facilement élus, sauf à Château-Gonthier (3). Le préfet juge impossible d'y faire élire

(1) F8 362, 5-6 (mars 1854) ; FPT, Cornuau ; F1e] 34 ; Fe II 99 (Ille-et-Vilaine) ; F'e III Mayenne 4 ; F7 3.481 ; BBi° 1,567; F19 2.597, 2.534, 5.816, 6.288,12.010; F1? 9.986 ; F1 297; Versement de la Chambre C 394 ; Corps législatif, 10 avril 1855. Voir bibliographie : épiscopat, Bouvier, Wicart ; congrégations : bénédietins : Guéranger ; divers : Moreau ; et J. Maurain Le Saint-Siége et la France.

(RO) MERRONE ST Bouvier : note de Langlais, député de la Sarthe (1855).

(3) Quelques légitimistes se présentèrent, mais ne furent soutenus que par les ntransigeants du parti et obtinrent peu de voix. Les tendances religieuses des candi-

le maire Martinet, dévoué, mais libéral, mal vu du clergé et surtout des légitimistes. Il combat donc sa candidature, et choisit pour s’assurer le concours du clergé un collaborateur de l'Univers, Segrétain. Le clergé se divise au premier tour entre le légitimiste de Vanjuas et Segrétain, dont il assure au second tour l'élection contre Martinet (1). Segrétain est en outre nommé maire de Laval. « Le gouvernement fait battre ses amis par ses adversaires », écrit Martinet (2). Cependant, pendant plusieurs années, l'alliance reste étroite entre l’administration et le clergé, dans la Sarthe où le préfet Pron est en mauvais termes avec les légitimistes, comme dans la Mayenne où les préfets qui se succèdent les ménagent. La lutte est vive entre gallicans et ultramontains. L’évêque gallican, Bouvier, est soutenu par la majorité du clergé séculier, mais il est combattu par plusieurs de ses chanoines. Ses principaux adversaires sont deux religieux ; Moreau, supérieur de la congrégation de Sainte-Croix qui dirige un collège au Mans et plusieurs écoles primaires ; et surtout Guéranger, abbé de Solesmes, le restaurateur de l’ordre de Saint-Benoit en France, le champion de la hturgie romaine et de l’intégrisme ultramontain, l’un des principaux patrons de l'Univers. Guéranger est très favorable à l’Empire, dont il plaide la cause auprès de Falloux, de Montalembert et de Pie : il est très lié avec Segrétain. Bouvier est aussi gouvernemental, mais avec moins d’ardeur. Cependant le gouvernement a pour lui plus de considération que pour ses adversaires (3), et le défend à Rome contre leurs intrigues: Mais la mort de Bouvier (décembre 1854) est bientôt suivie du triomphe de ses adversaires. La Mayenne obtient, malgré la Sarthe, l’érection d’un évêché à Laval (4). Après de longs délais et des

dats officiels correspondaient bien à celles de leurs électeurs. Le député de Laval, Leclerc d'Osmonville (élu en 1853 à une élection partielle) et celui de Château-Gonthier, Segrétain, furent au nombre des 39 catholiques qui votèrent en 1854 contre la loi sur l'instruction publique. Elle fut au contraire votée par le député de Mayenne, Mercier, et par ceux de la Sarthe ; elle eut même pour rapporteur Je député de Mamers Lan-

glais. - (L)NSesrétain.... 7.428 11.988 MAT re 5.642 6.847 de Vanjuas.... 5.004

(2) 4 mars 1852 (F1e II 99, Ille-et-Vilaine).

(3) La congrégation de Sainte-Croix est la seule sur laquelle l'administration des Cultes donne en 1856, de mauvais renseignements (F1° 6.253). Elle était divisée, el dans une situation financière difficile. Les Bénédictins de Solesmes connaissaient d’ailleurs des difficultés analogues. Voir l'opinion de Pron sur Guéranger (F1° 2,565, Gousset, 5 mars 1857) et sur Moreau (F 1° 2.534 Bouvier, 6 janvier 1855).

(4) Le gouvernement fit les frais de l'évêché. Le collège de Mayenne fut cédé à l’évêque et transformé en petit séminaire.

démarches pressantes des deux partis, le gouvernement, qui redoute surtout l'influence de la noblesse légitimiste sur le clergé (1), nomme deux ultramontains impérialistes : à Laval l’évêque de Fréjus, Wicart, au Mans le curé de Sedan, Nanquette, recommandé par Gousset. Tous deux rétablissent la liturgie romaine, consacrant ainsi la défaite du gallicanisme.

Nanquette prête un concours dévoué à l'administration, et les questions religieuses ne donnent lieu dans la Sarthe à aucune difficulté.

Dans la Mayenne, les légitimistes font des avances à Wicart, et lui donnent de grosses sommes pour ses séminaires. Cependant il oblige ses prêtres à chanter le Domine salvum, célèbre l'Empire dans ses mand ‘ments et entretient de bons rapports avec la préfecture. Pourtant l’administration rencontre des mécomptes. L’échec de Segrétain, battu aux élections de 1857, bien que candidat officiel, par un libéral, Halligon (2), montre qu’elle a surestimé l'influence du clergé et trop compté sur son concours. Il reste uni aux légitimistes qui, grâce aux ménagements de l’administration, détiennent de nombreuses municipalités et plusieurs sièces au conseil général. En 1858, un nouveau préfet, Bélurgey de Grandville, cherche par de nouvelles avances, à soustraire le clergé à l influence des légitimistes. Il assiste à la Fe à la tête des fonctionnaires en corps et en uniforme, (1858), c qu’on n'avait pas vu à Laval depuis 1830 (3).

Or, depuis 1852, le gouvernement est mis en garde contre les dangers de cette politique par Boudet, président de section au

Col d'État, député de Laval sous Eouis- Philippe, protestant et libéral. IF ne-cesie de dénoncer les concessions faites aux blancs par l’administration. Son crédit, faible en 1852 parce qu'il a protesté contre le coup d'État, s’ac croit, surtout lorsque son ami Billault devient ministre de l'Intérieur. Toutefois, il ne réussit pas jusqu’en 1859 à faire prévaloir ses vues.

Nantes (4). Tout le diocèse, sauf Nantes, est soumis au clergé el à la noblesse, L'influence que celle-ci exerce sur les prêtres est encore renforcée par celle du Journal légitimiste de Nantes, l Espé-

(1) I écarta les candidatures de Dreux-Brézé et de La Bouillerie qui appartenaient à l’aristocralie du Maine, celle de Guéranger, que Segrétain avait suggérée, et celle de l'évêque de Nevers, Dufêtre, qui avait des attaches dans la Sarthe. Cf. p. 30, note I.

(2) Halligon 11.366, Segrétain 7.988.

(4) Fe nn 100 ; KFie IIT Loire-Inférieure 4 ; F7 3.48, 12. re 12.654 ; BB°° 386 ; BB:° 1.509, À 2 2. 172 ; F1 2.557 (Richard), 2. 246 (Fournier), 5.832, 6. 288 (1853) ; F2710.914; o. «986 ; F1# 297. Voir bibliographie : épiscopat Rae

rance du Peuple, que dirige Emerand de la Rochette (1). L’évèque Jaquemet subit l'influence du milieu, celle de ses collaborateurs, et notamment de son vicaire général Richard. Sans servir les légitimistes, il ne veut pas les mécontenter.

En 1852, ayant recu de Montalembert des assurances sur la politique religieuse de Louis-Napoléon, il ne se montre pas hostile, mais garde une extrême réserve. Le clergé s’abstient et 53 %, des électeurs l’imitent. Aux élections de 1852 e préfet tente en vain de s'entendre avec Jaquemet sur le choix des candidats officiels ; en vain illes choisit, sauf à Nantes, aussi rassurants que possible pour les blancs (2) ; Jaquemet refuse de les soutenir et laisse son clergé mener contre eux en faveur des légitimistes intransigeants une campagne acharnée. « Le carême et le jubilé aidant, écrit le préfet, il exerce sur les populations les plus religieuses de mon département une véritable violence morale pour arracher aux paysans un vote qui leur répugne (3). » Mais l’influence de l'administration, qu’elle même sousestimait, et le prestige du nom de Napoléon décident la majorité des électeurs, hostiles au fond à l’ancien régime, à s’affranchir de la domination légitimiste et cléricale. Tous les candidats officiels sont élus, à de faibles majorités (4).

Découragés par cet échec, les légitimistes et le clergé n'engagent pas la lutte aux élections cantonales de 1852 où l'administration triomphe aisément. Au plébiscite de 1852 ils persistent dans leur abstention mais ne sont plus suivis que par 43 % des électeurs. Dans les campagnes, beaucoup de prêtres manifestent leur hostilité en ne chantant pas le Domine salovum.

(1) L’Hermine, suspendue après le coup d'État avait reparu sous ce nom. Le National de l'Ouest, républicain, reparut sous le nom de Phare de la Loire. L'Union Bretonne devint l'organe de l’administration.

(2) A Savenay il fait accepter par Persigny la candidature de Desmars, légilimiste, l’un des représentants à l'Assemblée Législative qui se sont réunis le ? décenibre à la mairie du 10° arrondissement pour protester contre le coup d’État.

(3) F1c II 100 ; 28 février 1852.

(4) Ancenis Nantes Officiels : Garnier ..... 13.934 ADIEU 00 5:570: 7.626 Légitimistes : Gicqueau.... 6,396 de Sesmaisons ... 3.987 399 DEAR enerecce 3.870 184 Waldeck-Rousseau 2.300 Savenay Paimbœuf MOT LCL IS A DESTAANS, 2,2 ae 11.723 LE 07 Te AÉRIENNE APE 9.947

Légitimistes : E. de La Rochette, 9.894 de Goulaïne ...... Dear DO

A Nantes, les Jésuites, qui dirigent des œuvres d'enseignement et de charité, passent pour favorables au gouvernement mais ils sont très réservés. Il n’y a dans le diocèse qu’un prêtre ouvertement bonapartiste, Fournier, curé de Saint-Nicolas à Nantes, ancien représentant à la Constituante, ultramontain, très populaire, mais très mal vu des légitimistes et à l’évêché. Chaleureusement recommandé pour un évêché en 1855 par l’évêque de Rennes et par les autorités civiles, il en est écarté par l’opposition de Jaquemet qui incrimine sa vie privée. Par contre la préfecture s’oppose à la nomination de Richard, légitimiste et intransigeant.

En 1853 et 1854 plusieurs sermons légitimistes sont signalés par la gendarmerie. Un vicaire est condamné à huit Jours de prison pour avoir accueilli l’évêque, au cours de sa tournée pastorale, par une manifestation légitimiste avec drapeaux blancs et fleurs de lys (1). Jaquemet proteste contre ces enquêtes qu’il trouve injurieuses et refuse de déplacer le vicaire condamné. Mais 1l est gallican ; il a besoin en 1852? de l'appui du gouvernement auprès de la cour de Rome ; plus tard, il marche d’accord avec lui dans les délicates négociations relatives aux facultés de théologie, et aux prières pour l’empereur (1857). Il entre ainsi en relations avec le ministre des Cultes et avec l’empereur qui comblent son diocèse de faveurs. En juin 1853, un préfet intelligent, Henri Chevreau, est nommé à Nantes. Ses prédécesseurs ont lutté contre le clergé pour établir la prépondérance de l’administration. Chevreau veut la renforcer et la faire accepter par le clergé. Il le surveille de près, s'oppose à ses empiètements, aide les maires à s’en rendre indépendants ; mais il évite les enquêtes publiques et les poursuites ; il ménage la susceptibilité de Jaquemet dont il gagne l’estime, et s'adresse à lui pour réprimer les écarts de ses prêtres. Il obtient ainsi peu à peu que les manifestations légitimistes cessent et que les prières pour l’empereur

soient régulièrement chantées (2). Aux élections de 1857 les légitimistes ne présentent pas de candidats ; le clergé s’abstient ou vote pour les candidats officiels. A la veille de la guerre d'Italie, 1 n’est pas rallié mais il a renoncé à faire de l'opposition, et l'influence de l'administration s’est accrue à ses dépens (3).

(1) F19 5,832 : Malary, Plissonneau, Besné.

(2) F205:832; (3) Jaquemet fut choqué par la conduite de Brossais Saint-Marc en 1848. Il obtint,

pour ne pas devenir son suffragant, le maintien du diocèse de Nantes dans la province de Tours.

Rennes (A). — Le clergé domine toute l’Ille-et-Vilaine où la noblesse même subit son influence. L’évêque Brossais Saint-Marc, qui dirige depuis 1848 la politique du département, est très fier et très jaloux de son pouvoir ; il dit volontiers qu’il a 80.000 voix dans sa poche. Comme les légitimistes qu’il a fait élire, il est d’abord mécontent du coup d'État ; ilse rallie cependant au gouvernement avant le plébiscite, mais la plupart des on et D4 % des électeurs s’abstiennent. Brossais Saint-Marc déclare ne pas vouloir se mêler des élections de 1852, la révolution n'étant plus menaçante. Deux de ses amis sont désignés comme candidats officiels à Rennes et à Saint-Malo, où ils sont facilement élus. A Redon-Montfort, l'administration réussit à diviser le clergé en opposant au légitimiste Fresneau un légitimiste rallié, Duclos, qui est élu (2). À Vitré-Fougères, tout le clergé soutient le légitimiste Audren de Kerdrel qui bat difficilement le candidat officiel, orléaniste rallié (3).

Malgré cet échec, les élections sont un grand succès pour l'administration. Le préfet Morisot, qui ménageait les légitimistes, est remplacé par Combes Siéyès, qui, aidé par un agent de Persigny, Gallix, s'applique à les combattre. Sur leurs instances, Brossais Saint-Marc, dont le prestige a été très atteint par les élections, publie, à la veille du plébiscite de 1852, une lettre pastorale où il invite les catholiques à voter pour le rétablissement de l'Empire. La plupart des prêtres d’Ille-et-Vilaine n’obéissent pas à cet ordre, mais ils n’osent pas faire campagne pour l’abstention, et le nombre des oui passe de 71.729 en 1851 à 109.138 (4).

Brossais Saint-Marc entend que le gouvernement récompense ce témoignage éclatant de dévouement en lui abandonnant la direction politique et administrative du département. Aussi cet évêque bruyamment dévoué à l’Empire est-il tour à tour pour l'administration un allié incommode et un adversaire acharné. Dirigeant à Rennes et à Saint-Malo deux écoles secondaires, il fait remplacer un recteur indépendant, Thé ry, par un autre plus docile, Jourdain, et se fait -céder le collège communal de Vitré (1853). Il seconde Combes Siéyès dans sa lutte contre les

(1) FI Pastoureau; F’ II 99; F7 3.480, 12.369, 12.651 ; BB °° 386, 5995421 (P 1.618) ; F1° 2.567, 2.577 (Maupoint), 2.010, 5.851, 6.253 ; F?7 9.986, 6.136, 6.225 ; AB XIX 523,

(2) Duclos : 13.258 ; Fresneau : 5.847. 2 CE

(3) De Kerdrel 12.745 ; Bertin 11.772. Kerdrel démissionna lorsque l'Empire fut rétabli ; les légitimistes ne présentère nt pas de candidat à sa succession, ni à deux élections par tielles qui eurent lieu à Rennes.

(4) La proportion des abstentions tombe de 54 % à 29 %

légitimistes (1) puis le trouve trop bleu et rompt avec lui. En avril 1855, Combes Siéyès est remplacé par Pastoureau qui ménage les légitimistes et cherche à se concilier l’évêque. Mais celui-ci est mécontent parce que l’administration des Cultes tarde à reconstruire son séminaire. Il retire ses délégués du conseil départemental de l’Instruction Publique où Combes Siéyès a nommé des libéraux, et s’abstient de siéger au conseil académique bien que le nouveau recteur, Mourier, soit plein d’égards pour lui. En 1856, il obtient la reconstruction de son séminaire, se réconc1lie avec l'académie, aide le préfet à créer contre le Journal de Rennes, légitimiste, un journal catholique gouvernemental, le Messager de l'Ouest (2), appuie aux élections de 1857 les candidats officiels auxquels les légitimistes renoncent à opposer des candidats. Puis il se brouille avec Pastoureau, et lorsque celui-ci, pour d’autres raisons, est mis en disponibilité (4 juin 1858), on se dit dans le département. «S'il avait eu ses fils, comme le général de division, au collège de Monseigneur, il serait encore préfet (3). »

En août 1858, Brossais Saint-Marc, entouré de tout son clergé accueille l’empereur à Rennes par des louanges dithyrambiques dont la création de l’archevêché de Rennes est la récompense (4). Les légitimistes sont exaspérés contre l’administration et contre le prélat. Mais cette alliance ne dure pas. Le nouveau préfet, Féart, voulant profiter de l’élan populaire provoqué par le voyage de l’empereur pour affranchir et affermir son autorité, rencontre aussitôt l'opposition violente de Brossais Saint-Marc qui est et

(1) Ft TITI Ié-et-Vilaine 8 ; 2 février 1854 ; rapport de Combes Siéyès. « L'empereur Napoléon Ier l’a dit, et rien n’est plus vrai : les blanes seront toujours blanes et les bleus toujours bleus. » 11 était à cette date satisfait du concours que lui prêtait Brossais Saint-Marc. .

(2) « Succursaliste de l'Univers », écrivait le recteur (F1? 9.986, 9 juillet 1858). Brossais Saint-Marc prenait peu de part aux divisions du clergé, mais il était ultramontain.

(3) F17 9.986, 9 juillet 1858.

(4) « Très cher et très digne Ministre, écrit Brossais Saint-Mare à Rouland le 21 zoût, je vous écris dans le ravissement, non pas de l'immense bienfait que nous a accordé l’ineffable bonté de Sa Majesté, quoique nous en sentions tout le prix, mais plus heureux el plus fier de mon clergé et de mon peuple que je ne saurais vous le dire. 1.500 prêtres se sont réunis à mon appel pour venir offrir à Leurs Majestés l'hommage de leur toute pieuse et toute bretonne sympathie. J'en ai vu ( des vieux prêtres), dire aux personnes de la suite de Leurs Majestés : mais laissez-moi donc toucher l’empereur, quand ce ne serait que le pan de son habit ! Quant à la population, elle a été admirable, et notre ville n’était que fleurs, feuillages et feux. Dieu soit béni ! ce voyage aura bien réjoui le cœur de Leurs Majestés, et est un événemént. Quant à celui de l’archevêché, c’est le dernier coup porté aux pauvres légitimistes qui ont été encore plus inintelligents que de coutume. » (F1° 2,567).

veut rester le véritable maître du département (1). «L'influence épiscopale dominait tout, écrit Féart. Cette influence, incontestablement utile au point de vue politique, avait à peu près complètement désorganisé l'administration départementale et l’administration communale. Il était présenté même pour les affaires administratives et politiques, au moins autant de pétitions à l'évêché qu'à la préfecture (2). » Les curés, maîtres des communes et des écoles (3), sont prêts à renouer avec les légitimistes l'alliance rompue par leur évêque. Les fonctionnaires, instruits par les déplacements de Théry, de Combes Siéyès et de Pastoureau, sont hésitants. Féart, cependant, engage la lutte, et le gouvernement, en remplaçant le procureur général clérical, du Bodan, et en nommant le recteur commandeur dela Légion d'honneur, marque sa volonté de soutenir l’autorité civile.

Vannes (4). — L'influence du clergé est prépondérante dans le diocèse de Vannes. L’évêque, La Motte de Broons, est un noble breton légitimiste, mais, vieux et usé, il prend peu de part à la vie politique. Le département est dirigé depuis 1848 par un groupe de prêtres séculiers dont le plus actif est le chanoine Le Joubioux, secrétaire de l’évêché (5). Hostiles au nouveau régime moins par légitimisme que parce qu'il menace leur domination, ils font campagne pour l’abstention en 1851 tandis que de nombreux prêtres votent oui. Ils soutiennent aux élections de 1852 les opposants légitimistes qui obtiennent de fortes minorités contre les candidats officiels, cependant connus par leur dévouement à l’Église, et soutenus par une partie du

(1) « L'autorité diocésaine s’est efforcée publiquement d’amoindrir par d'incroyables procédés la situation préfectorale, et j'ai pu immédiatement juger de toutes les ressources de l’organisation de dénigrement et de calomnies sous lesquelles mes prédécesseurs sont tombés. » Rapport de Féart, 11 janvier 1859, Ke TIT Ille-et-Vilaine 8.

(2) Fe III Ille-et-Vilaine 8 ; 8 octobre 1858.

(3) « La loi sur la liberté de l’enseignement coûtera, je le crois, bien cher au gouvernement et particulièrement en Bretagne... Il n’y a vraiment qu'un espoir pour l’administration : les congréganistes qui logent chez les curés les gènent ; les congrégations n'ont pas autant de sujets qu’on leur en demande. » (Fe IL Ille-et-Vilaine 8, rapport de Féart (10 avril 1859) ; voir F17 6.136).

(4) F2 362, 5-6 (novembre 1852); Fe III Morbihan 5 ; F7 12.389, 12.654; BB:° 386, 421 P 1.618 ; BB'° 1.502 A2 1.434; 1.564 A2 8.208. F29,2,593, 51972, 6.288 : F17 6.136, 6.223, 9.986, 13.123 ; F1° 297, Voir bibliographie : épiscopat, Bécel ; congrégations : Jésuites, Pillon; congrégalions vouées à l’enseignement primaire, J.-M. de La Mennais.

(5) Ils formaient, avec quelques laïques, un comité, dit de Saint-Palern, parce que le curé de Saint-Patern (Vannes) en était président. Ce comité fit toutes les élections de la Seconde République. Ii cessa de se réunir après le ? Décembre.

clergé (1). Au plébiscite de 1852, ils répandent le manifeste du comte de Chambord qui recommande l’abstention, mais cette fois, l’évêque les désavoue, la majorité du clergé vote, et les abstentions tombent de 50 % à 42 %..

Les Jésuites, qui dirigent à Vannes un grand collège où l'aristocratie bretonne fait élever ses enfants, gardent une grande réserve, mais ils votent, en 1852 comme en 1851. Ils ménagent ainsi le gouvernement sans s’aliéner leur clientèle légitimiste (2). Les autorités locales leur sont très favorables (3), et Rouland doit intervenir personnellement en 1857 pour empêcher la suppression du collège communal de Vannes. Le supérieur des frères de l’Instruction chrétienne de Ploërmel, J. M. de La Mennais ne s'occupe pas de politique. Il méconnaît systématiquement les lois et les règlements universitaires ; le recteur, puis inspecteur d'académie, de Kercaradec, très clérical, s’en plaint mais ne veut pas sévir (4).

Le préfet, Boulage combat Le Joubioux et ses amis (5); il cherche à soustraire à leur influence l’évêque, le clergé des campagnes, les congrégations religieuses et les légitimistes ralliés ; 1l y parvient, malgré quelques incidents, en multipliant les concessions. Il réussit à faire élire sans concurrents légitimistes les candidats officiels en 1857. Mais il est remplacé en juin 1858 par un préfet plus autoritaire, Poriquet.

Les autorités s'inquiétèrent de l’accueil qui sera fait à Napo-

(1) Vannes Lorient Officiels : Jollivet Castelot.. 14.461 Le Méhorel de la Haichois.. 12.360 Légilimistes : de Francheville .. 10.698 JoRÉTIdéC NE TR re t 7.084 Ploërmel | Officiel : N. de Champagny. 18.118 - Légitimiste : de Saint-Georges... 5.747

(2) Le préfet Boulage écrit à Fortoul le 30 novembre 1853 au sujet de leur supérieur, Pillon : «Ses opinions politiques, nul ne les connaît. Sa conduite est telle qu'il pourra prouver, quand il en aura besoin, au gouvernement actuel, qu'il l'a soutenu en toutes choses ; el si les circonstances l’exigeaient, il pourrait fournir la même preuve de dévouement aux légitimistes. » (F1° 5.872 ; voir aussi F1° 6.288).

(3) Le biographe de Pillon, Orhand, écrit : « Il avait un évêque d’une rare bonté ; son préfet, M. Boulage, était un ami et pleurait en partant ; son inspecteur d'académie, M. de Kercaradec, est peut-être la plus profonde affection de son cœur. »

(4) F19 5.872 (30 novembre 1853) ; F17 6.223, 13128.

(b) En mars 1855, il décide Fortoul à user d’un droit rarement exercé par le gouvernement : à refuser de nommer curé inamovible de la cathédrale de Vannes le candidat de l’évêque, Dréano, un des auxiliaires les plus actifs de Le Joubioux (F1° 5.872, Dréano, Le Joubioux).

léon IIT dans le Morbihan (1). Mais l’évêque sortant de sa réserve habituelle mvite le clergé à manifester sa reconnaissance à l’empereur. Malgré l’abstention dela noblesse légitimiste, les prêtres prennent part aux enthousiastes manifestations populaires. La journée du 15 août, passée à Sainte-Anne d’Auray, consacre l'alliance de l'Empire et de la Bretagne catholique. L’évêque est nommé officier de la Légion d'honneur.

Poriquet, exploitant ce succès, obtient non sans peine de l’évêque qu'il contraigne quelques prêtres légitimistes à chanter le Domine salvum. La Mennais refusant de déplacer un de ses frères, instituteur public à Ruffiac, Poriquet, avec l’assentiment du conseil municipal, le remplace par un laïque, s'oppose, avec l’appui du conseil départemental de l’Instruction Publique, à l'ouverture d’une école libre congréganiste dans cette commune et fait déplacer un vicaire qui dirigeait l’agitation contre l’école laïque (octobre 1858-avril 1859). Il entend, par cet acte d’autorité, montrer à La Mennais que l’autorité civile fera désormais respecter ses droits (2).

Le clergé semble accepter cette nouvelle politique. Le Joubioux lui-même déclare à Poriquet « que le clergé n’avait marché si longtemps avec les châteaux que parce qu’il ne trouvait que là l’appui dont il avait besoin, mais que le clergé souffrait depuis longtemps de la position secondaire qu’on lui faisait au château, qu'aujourd'hui qu'il était certain de la bienveillance du gouvernement, il avait saisi avec un grand empressement l’occasion de secouer une tutelle qui lui imposait des sacrifices de dignité ; que le clergé se rendait compte aujourd’hui que ce n’était pas du château que lui venait son autorité sur les populations, que c'était au contraire sa présence au château qui conservait à la noblesse du pays le peu d'influence qu’elle avait ; enfin que désormais, le clergé ne subissant plus d'influence étrangère, marcherait en tête des populations dans les voies d’un gouverment sincèrement religieux » (3).

(1) Le procureur général, du Bodan, écrit le 23 juillet au garde des Sceaux : « J'ai exposé à M. le préfet Poriquet la conviction qu’un déploiement de forces suffisamment imposant deyra accompagner Leurs Majestés dans le trajet de Vannes à Carnhoël » (BB50 421 P 1.618).

(2) Fie III Morbihan 7; F1? 6.136.

(3) F2° 5.872 (Le Joubioux) ; Poriquet à Rouland, 4 décembre 1858. Voir aussi Fic III Morbihan 7, 4 janvier 1859. Le supérieur du petit séminaire de Sainte-Anne d’Auray, Jaffré, l’un des prêtres les plus influents du Morbihan, ami de Le Joubioux écrivait le 25 août 1858, dans une lettre privée : « Le bien que Napoléon a fait, celui que l’on attend encore de lui, lui ont suscité à travers le pays un long triomphe... la noblesse s’est abstenue cependant, mais... n’a été suivie ni par le clergé, ni par le

zouland approuva complètement Poriquelt.

MAURAIN. — POLITIQUE

Saint-Brieuc (1). — Le clergé est très influent dans les Côtesdu-Nord, sans y être tout puissant. Le parti légitimiste y est beaucoup moins fort que dans les autres départements de l'Ouest ; dès avant le coup d’État, ilne domine ni le clergé, ni les populations. Six des représentants des Côtes du Nord à la Législative sont des catholiques ralliés au parti de l'Élysée. Ils s'appuient sur les vicaires généraux, Bigrel et Auffret, et sur les chefs locaux du parti ultramontain, le curé de la cathédrale, Épivent, l'official Le Breton. Ils ont un journal, la Bretagne, fondé en 1843 par un collaborateur de l'Univers, de La Tour, qui connait personnellement Louis-Napoléon. La Foi Bretonne, légitimiste, garde cependant des partisans dans le clergé. L’évêque, Lemée, est gallican et de tendances légitimistes, mais modéré.

En décembre 1851, Lemée, comme les ultramontains, fait voter oui, et il n’y a que 31 % d’abstentions. En 1852, quatre représentants impérialistes sortants, et de la Tour sont élus avec l’appui du clergé à de très fortes majorités. En novembre, Lemée s’abstient, mais le clergé fait voter oui et le pourcentage des abstentions s’abaisse à 28 %. Le parti sur lequel s'appuie l'administration est « catholique avant tout » plutôt qu'impérialiste. Dans deux élections partielles, en 1853, le préfet doit choisir dans ses rangs les candidats officiels (2) ; 1l écarte un candidat étranger au département et protestant que le gouvernement voulait présenter (3). À ce prix, l’alhance se resserre ; la Foi Bretonne est à la fois combattue par l'Univers et la Bretagne, et par l'administration qui la frappe plusieurs fois (4). En 1854, Veuillot vient lui-même dans les Côtes-du-Nord faire auprès des curés de la propagande pour l'Empire (5). Le clergé, à peu d’exceptions près (6), appuie l'administration, et la noblesse

peuple... le jour où l'empereur s'est mis sous la protection de Sainte-Anne est un grand jour que l'avenir n'oubliera pas pourvu que de son côté l'empereur s’en souvienne toujours » (cité par Buléon et Le Garrec). ‘

(1) F6 11:98, F7 12.389,,12654 ; BB:0386, 421 /P 1.618 : BB 1.534 A2 4/91: F2° 2.575 (Lemée et. Martial), 2.563 (Le Breton), 2.480 (Epivent), 5.855, F17 6.222. Voir Veuillott Correspondance, &.: IT, 13 Jaoût 11858; "4. IV, /29 juillet; 2 ocobire, 16 novembre 1854 ; &. VI, 16 janvier 1853.

(2) De Cuverville, pour remplacer Thieullen, nommé sénateur ; J.-P, de Champagny, frère du député du Morbihan, fils du ministre de Napoléon Ier, pour remplacer. Bigrel, frère du vicaire général, entré dans l'administration des finances.

(3) Nogent-Saint-Laurens, que le gouvernement fit élire dans un département plus docile, le Loiret. (K'e III Côtes-du-Nord 6, Loiret 4.)

(LME 664 BB 1554;

(5) R. Hall : Papiers sauvés des Tuileries ; note de Veuillot, 29 septembre. Voir p-15%/note.L.

(6) F1°5,855 Lemeur ; BB:0418 P 1,530:

légitimiste, isolée, est sans influence. En 1857, les candidats officiels triomphent à nouveau. L'évêque est brouillé avec les ultramontains et très réservé vis-à-vis de l’Empire (1) mais il ne fait pas d'opposition et garde des vicaires généraux dévoués au gouvernement. À sa mort, en 1858, le chapitre élit des vicaires capitulaires légitimistes mais le clergé, dans son ensemble, accueille l’empereur avec enthousiasme. De La Tour cherche à faire nommer Épivent évêque de Saint-Brieuc (2) ; Rouland lui préfère un modéré, Martial, acceptable pour les ultramontains, mais qui ne leur livre pas l’évêché et garde les vicaires généraux de Lemée, Bigrel et Auffret. L’entente entre l’administration, l'évêché et le clergé est ainsi réalisée.

Dans ce département « profondément religieux, mais aussi très libéral (3) », et surtout dans'sa partie bretonnante, le clergé, même avec l’appui de la noblesse, ne domine pas toujours. Les maires résistent souvent aux curés et défendent contre eux les instituteurs laïques (4). Les prêtres l’emportent généralement dans ces conflits, mais les résistances qu’ils rencontrent dénotent chez les populations une indépendance rare dans l'Ouest et qui s'affirme de plus en plus (5).

Quimper (6). — Dans le Finistère, le coup d’État soulèveles protestations des légitimistes et de l’évêque Graveran, avec l’appui duquel ils dominaient le département, mais le peuple se montre favorable au nouveau régime. Graveran se rapproche

(1) Comme La Motte de Broons, il déclara que son état de santé l’empêchail d'assister au baptème du prince impérial. Les deux évêques étant en effet impotents, ces excuses furent agréées.

(2) Depuis 1855, il le recommandait pour un évêché, d'accord avec plusieurs évêques ultramontains. Lemée, consulté, déclara Epivent dominé par une «ambition qui l’a porté à changer, selon les temps de rôle, et de personnage ». 26 juin 1556, F1 2.480. ‘

(3) Fie II 98; 15 janvier 1852, rapport du préfet ; en 1858 le maire de Saint- Brieuc dit au recteur de Rennes, que priver les Côtes-du-Nord de la visite de lempereur, « ce serait blesser profondément la population libérale de Saint-Brieuc el lui préférer les chouans du Morbihan ». (F17 9.986, 9 juillet 1558.)

(4) Le recteur Lamache, très catholique, dut lutter contre les empièltements des frères de l’Instruction chrétienne de Ploërmel. F176,136, 6.222; R. Allard : Paul Lamache.

(5) « Je remarque toujours avec un vif regret que l’autorité du clergé diminue sensiblement ; ce fait est d'autant plus regrettable qu’il s'accomplit sans effort, comme une loi qui tombe en désuétude. J'en attribue la cause à la disposition trop prononcée . du clergé à réclamer des paroissiens tous les sacrifices possibles, soil pour améliorer leur position, soit surtout pour l'agrandissement et l’embellissement des édifices consacrés au culte » (Fie III Côtes-du-Nord 11, rapport du sous-préfet de Lannion, quatrième trimestre de 1856).

n (6)oFie 11199; F712.369,12.654 ; BB°0 386, 395 ; F10,9/564,5.849, 6.288: F2: 6.222; voir bibliographie : épiscopal Graveran, Sergent.

bientôt du gouvernement, et, tout en s’abstenant au plébiscite, il laisse son clergé suivre l’impulsion de l'administration et des populations. Aux élections, il garde une neutralité favorable aux candidats officiels. Un seul candidat légitimiste se présente, à Morlaix, où il n'obtient que 4.328 voix contre 12.800 au candidat officiel. Les légitimistes, isolés et découragés, sont désormais réduits à l'impuissance, bien qu'ils continuent à diriger le prineipal journal du département, l'Océan, de Brest. Le préfet Richard voit que leur influence est brisée ; que celle du clergé n’est pas prépondérante, et que l'administration peut aisément s’en affranchir en s'appuyant sur le peuple. Il ménage Graveran et ses prêtres, mais sans leur faire de concessions; pour conserver toute son indépendance, il s’abstient même, au plébiscite de 1852, de solliciter leur concours, sur lequel il sait pouvoir compter. Le résultat du vote est un triomphe pour l’administration. Les abstentions tombent de 45 % à 21 %.

Graveran donne au gouvernement, pendant la guerre de Crimée, des témoignages publics de dévouement. Après sa mort, (janvier 1855) son successeur Sergent est tout dévoué à l'Empire. Le clergé, dans sa très grande majorité est rallié (1). En outre, il ne cherche pas aussi constamment que dans les diocèses voisins à dominer les communes et à faire confier les écoles aux congrégations. Les Jésuites, à qui les prédications sont souvent confiées, le clergé local étant peu instruit, ont une résidence à Quimper, et en fondent une autre à Brest en 1856, mais ils ont peu d'influence. Certaines congrégations de femmes sont légitimistes, mais elles n’ont pas d'influence politique (2). Les candidats officiels triomphent en: 1857 et l’empereur est accueilli avec enthousiasme en 1858. Les légitimistes, et quelques prêtres, irrités de l’empressement de l’évêque, le chansonnent, mais ils restent isolés.

Conclusion sur l'Ouest. — L'Ouest, dominé par la coalition légitimiste et cléricale à d’abord mal accueilli le coup d’État. Aux deux plébiscites et aux élections de 1852, le nouveau régime y a rencontré plus de résistance que dans le reste de la

(1) « Le clergé des campagnes, sorti presque exclusivement de la classe des cultivaleurs partage Teurs impressions el leurs idées. Il ne supportait la pression des légilimistes que comme un joug qu'il était impatient de secouer. » Rapport de Richard Fe [IT Finistère 3, 19 juillet 1854.

(2) Le préfet, par l'intermédiaire de l'évêque, fit interdire aux Dames du Sacré- Cœur de célébrer la saint-Henri, el fit déplacer la supérieure des sœurs du Saint- Esprit de Crozon qui avait fait enlever le buste de l’empereur de la salle d'école où elle dirigeait une loterie. Fte ITT Finistère 3, premier et quatrième trimestre de 1852

France. Mais en 1859, le gouvernement a triomphé, avec le concours du clergé, de l'opposition légitimiste : elle n’a pu faire élire aucun de ses représentants aux élections de 1857, les prières pour l’empereur sont régulièrement chantées, et Napoléon IIT à été triomphalement accueilli en Bretagne.

Le clergé de l'Ouest se rapproche donc du gouvernement à une époque où sa politique générale devient moins favorable à l’Église et inquiète de plus en plus les catholiques les mieux informés. C’est que, dans l'Ouest, sa politique locale reste toujours aussi favorable au clergé. C’est en le comblant de faveurs, et en tolérant ses empiètements en matière administrative et scolaire que le gouvernement s’efforce de le détacher de l’opposition légitimiste. Dans la même intention, il choisit comme candidats officiels des partisans dévoués de l’Église : légitimistes ralliés comme dans les Deux-Sèvres et le Maineet-Loire, ou catholiques à la Veuillot comme dans la Mayenne et les Côtes-du-Nord. Presque toujours, il leur sacrifie les libéraux. Si le clergé a perdu la suprématie politique que lui avait assurée la Seconde République, il garde, presque partout dans l’Ouest, les réalités du pouvoir.

Il accepte l'Empire et prête son concours à l’administration ; mais comme une grande partie de la noblesse légitimiste suit cette même tactique, le clergé, tout en se ralliant peut généralement éviter de rompre avec son alliée traditionnelle (1). Il se réserve ainsi la possibilité de former avec elle une redoutable opposition s’il cesse d’être satisfait de la politique impériale.

Quelle est son influence, et l'administration ne paye-t-elle pas trop cher son concours ? Les agents du gouvernement dans l'Ouest se posent souvent cette question et leurs réponses diffèrent, non seulement selon les régions envisagées, mais surtout suivant leurs tendances personnelles. Dans les plébiscites, dans les élections, dans les manifestations par lesquelles Napoléon IT a été accueilli, les partisans de l’alliance avec le clergé affirment qu’il a entraîné les populations à se prononcer pour l'Empire. D’autres pensent au contraire qu'il a seulement suivi lPélan napoléonien des masses (2) et que l’administration peut se passer

(1) En Bretagne cependant, il semble disposé à s’en détacher.

(2) Voici par exemple les rapports du procureur général, du Bodan et du préfet Poriquet sur l’accueil fait à l’empereur dans le Morbihan. « Les populations ont suivi l'exemple du clergé qui a montré un grand élan » écrit du Bodan (BB*° 421, 17: août). Poriquet écrit par contre : « Le clergé a vite compris le mouvement qui

s’opérait dans les masses. il ne tarda pas à s'engager dans la même voie, » (F?e TI Morbihan 7, 2 octobre 1858).

de son concours en s'appuyant directement sur le peuple ; ils ajoutent que le gouvernement méconnaît ses véritables intérêts en renforçant l'influence du clergé, qui ne lui sera jamais vraiment dévoué, en lui abandonnant l’enseignement de la jeunesse, c'est-à-dire l'avenir, en lui sacrifiant les bleus, partisans naturels d’un régime fondé sur les principes de 1789 ; ils concluent que le gouvernement doit honorer la religion, respecter le clergé, mais résister à ses empiètements et limiter son influence.

Dans tout l'Ouest, le gouvernement hésite, et ses agents se divisent sur la politique à suivre vis-à-vis du clergé. Le changement de Du Bodan, les nominations de Poriquet, de Féart, de Bourlon de Rouvre, semblent indiquer que l'intention du gouvernement est d’arrêter les progrès de l’influence cléricale, mais il ne s’est pas encore engagé nettement dans cette voie quand éclate la guerre d’Italie.

Page 1