‹ La Politique Ecclésiastique du Second Empire de 1852 à 1869Chapitre 75 sur 150 · BB°0 383 ; BB14 1.545 ; A2 5.991, F · texte numérisé non relu

BB°0 383 ; BB14 1.545 ; A2 5.991, F

3) Le meurtrier de Sibour, Verger, ancien élève du grand séminaire de Meaux «qui était pour ses condisciples un objet d’effroi.., n’en fut pas moins ordonné prêtre ». (F 19 5.823, 21 janvier 1859.)

4) BB*° 383, premier semestre 1855 ; BB15 1.545 ; Kite [II Seine-et-Marne se quatrième trimestre 1858.

5) F1°5.823, 21 janvier 1859.

(7), R17,9.986, Dijon s "17 avril 1858:

Langres (1). — Le clergé se recrute mieux, est plus considéré et a un peu plus d'influence dans la Haute-Marne, et surtout dans l’arrondissement de Langres, qu’en Champagne. Les frères y ont très peu d'élèves, mais les sœurs en ont beaucoup : c’est une des analogies entre la Haute-Marne et les départements lorrains. Le clergé n’est pas assez puissant pour jouer un rôle politique (2) mais il tente de diriger les communes et surtout d’en obtenir des subventions élevées pour les dépenses du culte. Il rencontre une vive résistance de la part des municipalités. Ces conflits sont difficiles à régler car l’évêque Guerrin, d’ailleurs favorable au gouvernement, tente d'étendre le plus possible les prérogatives du clergé et les avantages dont il bénéficie. Le préfet de Villesaison, (1856-62), s’irrite de ces exigences et les combat énergiquement. Elles font la principale difficulté de son administration (3). Il craint que les protestants et les républicains n’exploitent Ia réaction anticléricale qu’elles provoquent.

Dijon (4). — Dans les villes et dans les campagnes de la Côte-d'Or, le peuple est indifférent et devient de plus en plus irréligieux. « Le clergé est respecté ; il accomplit généralement sa mission d’une manière convenable quoiqu'une assez grande partie de ses membres soient encore animés d’un esprit d’empiètement et de domination exclusive contre lequel les populations sont en défiance » (5). Par contre les classes riches reviennent au catholicisme. Elles forment la clientèle des Jésuites de Dijon, des Dominicains de Dijon et de Flavigny, qui en obtiennent de grosses sommes. Ces congrégations sont d’ailleurs impopulaires et l'administration s’en méfie. La société de Saint-Vincent de Paul se développe à Dijon sous la direction d’un conseiller à la cour, Foisset, catholique libéral hostile au gouvernement. Bien que ne faisant pas de politique, elle préoccupe l'autorité. Enfin, il y a à Dijon un journal clérical, le Spectateur. L'évêque Rivet est un gallican conciliant « le plussage prélat de France» dit Fortoul (6). Il entretient de très bons rapports avec ladministration.

(1) Fac II 101 ; F19 2.526 ; 5.815 ; F17 9.986 ; Sarcey : Journal de jeunesse

(2) En 1852, l'arrondissement de Langres élit sans concurrent le candidat officiel Chauchard, mal vu dû clergé pour avoir voté contre la loi de 1850.(Fe IT 101.) In 1857, le clergé n'ose pas non plus engager la lutte, et Chauchard obtient même l'appui de l'évêque (F:° 2.526, 5.815).

(3) Fe III Haute-Marne 5 (7 janvier 1859). |

(4) BB 377, 410 P 1.073 ; F:° 2.520, Rivet ; 2.588, Colet ; 6.253, 6.288 ; F1? 9.986 Chevallier : Vie de Mgr Rivet ; Boissard : Théophile Foissel.

(5) Fie III Côte-d'Or 7 ; 10 juillet 1859.

(6) F1° 2.588. Note de Fortoul sur une lettre de Rivet du 7 juillet 1855.

Sens (1). — « Le département, à l’exception de la partie du Morvan comprise dans l’arrondissement d’Avallon, est essentiellement irréligieux. » (2) Le clergé se recrute très mal. Les curés «suscitent à l'administration des difficultés continuelles par leur persistance à s’immiscer dans les affaires des communes (3) ». L'archevêque, Mellon Joly, conciliant et gouvernemental, est faible et ne se décide à sévir contre un prêtre que lorsque les magistrats menacent de le poursuivre. Au reste les interventions du clergé dans l'administration ou la politique suscitent presque toujours une vive réaction des populations (4).

Orléans (5). — « Les habitants des campagnes... sont peu religieux. Ils en sont maintenant où en étaient les citadins il y a vingt ans, à détester le parti prêtre. Il faut parvenir à changer ce mauvais esprit mais cela doit être fait avec prudence. » (6) Dans cette intention, le préfet fait créer de nouvelles écoles de sœurs, les populations restant hostiles aux frères. Le clergé se recrute difficilement et n’a pas d'influence. Dupanloup doit à ses qualités personnelles un grand prestige et l’action qu’il exerce sur la société orléanaise. Son petit séminaire est une école secondaire très prospère et très brillante. Sa réserve vis-a-vis du gouvernement impérial est toujours courtoise, el ses relations avec les autorités locales sont bonnes (7). Il est peu aimé de son clergé, qui est favorable au gouvernement et ne suscite pas de difficultés administratives.

Chartres (8). — Le clergé a peu d'influence, surtout dans l’arrondissement de Dreux. I] se recrute mal. Quelques curés sont en conflit violent avec leurs paroissiens. Deux sont poursuivis. D’autres sont déconsidérés. Par contre « les congrégations religieuses sont très nombreuses à Chartres, et elles tendent

(1):BB°0,383.; BB18 L'HDAMAQ 7/0 AT SS20A 3/73 ER b:S62

(2) Fe IIT Yonne 7, 30 juin 1854 ; en 1855, deux jeunes gens profanent du pain bénit dans un cabaret le jour de la Toussaint et sont acquittés en première instance. Le jour de Noël, une hostie est profanée dans une église (BB°° 383).

(3) Fte TITI Yonne 7 ; 14 avril 1859.

(4) « C’est donc un allié dangereux pour le gouvernement. Aussi a-t-il suffi de quelques paroles prononcées en chaire pour M. Camille Doucet à Pont-sur-Yonne, pour que la population, bien disposée pour ce candidat du gouvernement, l'ait repoussé. » (F2? 9.986 ; Dijon, 14 juillet 1858.)

(5) BB°0382 ; F1° 2.553 ; 5.836 ; F 176.228. Les papiers de Dupanloup (AB XIX 522- 527) sont plutôt relatifs à son rôle dans l’Église qu’au diocèse d'Orléans. Voir bibliographie : épiscopat Dupanloup.

(6) Ft TIT Loiret 7 ; rapport du préfet du Loiret, 23 juin 1852,

(7) Un conflit avec le préfet Boselli qui voulait remplacer par des laïques les auxiliaires congréganistes des aumôniers des prisons, n'eût pas de suites (F1° 2,553, décembre 1857).

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